Rechercher
Rechercher

Actualités

CITOYEN GROGNON Vivre, tout simplement !

Vivre normalement. Avoir la possibilité de travailler et de gagner décemment sa vie. Envoyer ses enfants à l’école sans craindre pour leur vie. Profiter aussi des petits plaisirs de l’existence. Ceux-là mêmes qui servent de bouffée d’oxygène et qui donnent subitement des ailes le matin, au lever du lit. C’est tout ce que souhaite aujourd’hui le citoyen libanais, pourvu qu’on lui en laisse le loisir. Fatigué des incessantes querelles de chiffonniers de ses dirigeants, il aurait plutôt préféré qu’on lui propose des projets de développement. Las des sempiternelles accusations et contre-accusations que se lancent les leaders politiques, il aurait plutôt apprécié qu’on lui fournisse courant électrique et eau potable, ne serait-ce que quelques heures de plus par jour. Écœuré d’assister à de ridicules crêpages de chignons entre les belligérants, il aurait plutôt opté pour l’asphaltage des routes, par pitié pour les jantes et les roues de sa voiture. Aujourd’hui, le citoyen n’en peut tout simplement plus. Il n’en peut plus de faire du surplace. Mais que dis-je ? De régresser plutôt. Une régression quotidienne, qui le tire vers le bas, à pas de géant. Une régression qui fait mal, car elle touche aussi bien sa poche que son moral, car elle hypothèque aussi bien son avenir que celui de ses enfants. Il est surtout dégoûté, le citoyen libanais, car l’avenir lui apparaît noir. Aussi noir que ses idées d’ailleurs. Terrorisé par la menace du chômage, il ne vit plus, ne sort plus, ne dort même plus. Il se serre la ceinture, par peur du lendemain, et transmet à ses proches cette crainte qui le taraude. « De quoi demain sera-t-il fait ? » lui demandent ses enfants. « De la même chose », répond-il, d’une voix monocorde. C’est avec tristesse et résignation qu’il se traîne alors pour vaquer à ses occupations quotidiennes, sans entrain, ni enthousiasme. Qui aurait d’ailleurs l’idée saugrenue de lui remonter le moral, alors que les faillites se multiplient, que les commerces ferment leurs portes, que les licenciements se multiplient et que la jeunesse s’exile ? Pendant que d’autres poursuivent des sit-in, empiétant sur les biens et les droits des citoyens... Oubliée la vie agréable à la libanaise, où se mêlent depuis toujours amitiés, mondanités, culture et intérêts professionnels. Oubliés aussi l’aéroport grouillant de visiteurs, les hôtels qui affichent complet et les restaurants où l’on fait la queue. Il n’est pas vraiment exigeant, le citoyen libanais. Mais il voudrait au moins qu’on le laisse vivre, tout simplement. Peut-être qu’alors il reprendra espoir ! Anne-Marie EL-HAGE

Vivre normalement. Avoir la possibilité de travailler et de gagner décemment sa vie. Envoyer ses enfants à l’école sans craindre pour leur vie. Profiter aussi des petits plaisirs de l’existence. Ceux-là mêmes qui servent de bouffée d’oxygène et qui donnent subitement des ailes le matin, au lever du lit. C’est tout ce que souhaite aujourd’hui le citoyen libanais, pourvu qu’on lui en laisse le loisir.
Fatigué des incessantes querelles de chiffonniers de ses dirigeants, il aurait plutôt préféré qu’on lui propose des projets de développement. Las des sempiternelles accusations et contre-accusations que se lancent les leaders politiques, il aurait plutôt apprécié qu’on lui fournisse courant électrique et eau potable, ne serait-ce que quelques heures de plus par jour. Écœuré d’assister à de ridicules...