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Actualités - Opinion

Les zizanies se poursuivent comme si de rien n’était

Même du temps de la guerre domestique, un a priori était respecté : une fois des pourparlers engagés entre protagonistes, on suspendait toute polémique, toute réclamation, pour laisser sa chance à la conciliation. Aujourd’hui, il n’en est rien. Alors que Nabih Berry et Saad Hariri sont en pourparlers, des tiraillements viennent ternir l’optimisme qu’engendre ce dialogue. L’accent est mis par les opposants sur ce qu’ils appellent le nœud chrétien. Les cadres du Hezbollah soutenant n’être pas concernés (mais comment peut-on ne pas l’être ?) par l’arrangement en gestation. La seule chose qui leur importe, à les en croire, restant de soutenir leurs alliés, nommément Michel Aoun et Sleimane Frangié. Et de se ranger à leurs avis, que cela soit pour le règlement envisagé ou pour la répartition des portefeuilles ministériels dans le prochain cabinet. Les contestataires insistent également sur la nécessité de faire passer avant le tribunal non seulement le gouvernement d’union, avec tiers de blocage à la clé, mais aussi la promulgation d’une nouvelle loi électorale. Dont l’élaboration, puis la discussion, prendraient évidemment de longs mois. Le combat de retardement, pour ne pas dire de sabotage, que livre l’opposition s’alimente aux positions de Damas. Dont les visiteurs libanais confirment qu’elle exige que toute négociation passe par elle. Tandis que ses propres responsables précisent qu’il paraît difficile de parvenir à un arrangement au Liban avant une clarification des rapports tendus que la Syrie entretient avec l’Arabie saoudite. On sait que Farouk el-Chareh s’est rendu à ce propos auprès de Moubarak le médiateur. Le vice-président syrien a amorcé le rapprochement en ébauchant une sorte de mot d’excuses pour les propos insultants tenus lors de la guerre de juillet par le président Assad, qui avait qualifié de « sous-hommes » certains dirigeants arabes. Pour la majorité, il est donc clair qu’en évoquant le nœud chrétien, en s’opposant à ce que les pôles majoritaires de cette communauté ne l’emportent face à ses alliés, l’opposition prosyrienne jette de la poudre aux yeux. Pour atténuer, sinon pour dissimuler, l’obstructionnisme syrien. Donc, pour qu’on ne sache plus trop bien qui est responsable du blocage. Les cadres du 14 Mars ajoutent que ce jeu est futile et inutile, car nul n’ignore que la Syrie ne veut pas d’un arrangement sans elle, et surtout sans le tribunal international. Et que c’est donc elle qui met des bâtons dans les roues des médiateurs. Sans vouloir s’y opposer de front, pour ne fâcher ni les Saoudiens, dont elle cherche à se rapprocher, ni les Iraniens qui penchent pour la conciliation. C’est d’ailleurs ce qui explique pourquoi l’on s’est rabattu sur le volet chrétien, afin de lui faire assumer la responsabilité de l’échec du dialogue avec Hariri. Car on sait que si Ryad et Téhéran se sont entendus sur une chose, c’est sur la nécessité qu’il n’y ait pas de frictions entre sunnites et chiites, au niveau de la rue musulmane libanaise. L’opposition prosyrienne laisse dès lors de côté le nucleus même de la crise, le tribunal, car il met principalement en vis-à-vis sunnites et chiites. Pour mettre l’accent, en les présentant comme causes fondamentales du problème, les divergences, secondaires en réalité, entre Geagea et Aoun sur le nombre de portefeuilles, sur la présidentielle et sur la loi électorale. Philippe ABI-AKL

Même du temps de la guerre domestique, un a priori était respecté : une fois des pourparlers engagés entre protagonistes, on suspendait toute polémique, toute réclamation, pour laisser sa chance à la conciliation. Aujourd’hui, il n’en est rien. Alors que Nabih Berry et Saad Hariri sont en pourparlers, des tiraillements viennent ternir l’optimisme qu’engendre ce dialogue. L’accent est mis par les opposants sur ce qu’ils appellent le nœud chrétien. Les cadres du Hezbollah soutenant n’être pas concernés (mais comment peut-on ne pas l’être ?) par l’arrangement en gestation. La seule chose qui leur importe, à les en croire, restant de soutenir leurs alliés, nommément Michel Aoun et Sleimane Frangié. Et de se ranger à leurs avis, que cela soit pour le règlement envisagé ou pour la répartition des...