Marché de l’immobilier
Le centre-ville, une situation pathétique
le 22 février 2007 à 00h00
Depuis plusieurs mois, le marché immobilier au centre-ville traverse une période difficile et délicate. Avec les sit-in place Riad el-Solh et place Debbas, les réunions du dialogue national actives et suspendues, les manifestations et les commémorations à répétition, le centre de Beyrouth est le théâtre d’événements qui contrarient sa vocation commerciale, touristique, économique et résidentielle. Terrasses de cafés désertes, fermetures d’enseignes, demande en régression et loyers à la baisse : la situation actuelle est attristante et pathétique. Le sort s’acharne sur le centre-ville.
Sur le plan commercial, le constat est simple, c’est la débandade. Depuis juillet 2006, treize nouvelles enseignes se sont implantées pendant que quarante mettaient la clé sous la porte, sans compter les dizaines de fermetures temporaires. Les établissements liés à la restauration sont les plus touchés par la crise. Les fermetures des enseignes La Maison du Café, Casper & Gambini’s, La Piazza auxquelles nous pouvons ajouter Escada, Izzat Daouk, Petit Bateau, Catimini témoignent d’une réelle exaspération de la part des restaurateurs et des commerçants qui préfèrent se concentrer sur leurs autres branches réparties dans l’agglomération. Naturellement, le client perd au fur et à mesure l’habitude de se rendre au centre-ville et choisit plus facilement de se déplacer vers les centres commerciaux et les rues marchandes traditionnelles. Dans un tel contexte, il est naturel que la demande soit quasi inexistante pour les locaux commerciaux dont la valeur locative doit être revue à la baisse. Dans ce marasme ambiant, quelques enseignes de luxe (Dolce & Gabbana, Roberto Cavalli, 109) ont été inaugurées dans le quartier Foch-Allenby par les groupes TSG et Middle East Luxury Group.
Le marché des locations de bureaux est également profondément touché. Les demandes existent. Certains clients espèrent profiter de la situation pour bénéficier de prix plus abordables. Ils n’ont pas tort d’essayer puisque les loyers sont toujours à la baisse (de 15 à 20 % depuis deux ans). Désormais, les propriétaires proposent des bureaux de 130 à 150 dollars le m2 dans les immeubles anciens de part et d’autre de la rue Weygand. Même les produits haut de gamme dans de nouveaux immeubles ultramodernes n’arrivent pas à se louer. Les sociétés internationales hésitent encore à s’y implanter. Les loyers varient de 250 à 300 dollars le m2.
Le marché résidentiel au centre-ville est perturbé. La demande est timide de la part des ressortissants du Golfe et des expatriés. Beaucoup de projets (par exemple Marina Towers, Beirut Tower, The Capital Gardens, Foch Residence, Foch 94) qui sont en cours de construction actuellement sont presque vendus et veulent livrer au plus vite leurs appartements. Même si leur taux de prévente est faible, quelques projets ont maintenu leur chantier dans l’espoir de jours meilleurs. Leurs promoteurs restent confiants puisqu’il s’agit souvent d’immeubles qui ne seront pas inaugurés avant 2010-2011. À l’opposé, plusieurs projets sont en attente et ne sont pas pressés de commencer les travaux dans un contexte où le marché des ventes sur plan est au ralenti.
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Depuis plusieurs mois, le marché immobilier au centre-ville traverse une période difficile et délicate. Avec les sit-in place Riad el-Solh et place Debbas, les réunions du dialogue national actives et suspendues, les manifestations et les commémorations à répétition, le centre de Beyrouth est le théâtre d’événements qui contrarient sa vocation commerciale, touristique, économique et résidentielle. Terrasses de cafés désertes, fermetures d’enseignes, demande en régression et loyers à la baisse : la situation actuelle est attristante et pathétique. Le sort s’acharne sur le centre-ville.
Sur le plan commercial, le constat est simple, c’est la débandade. Depuis juillet 2006, treize nouvelles enseignes se sont implantées pendant que quarante mettaient la clé sous la porte, sans compter les dizaines de fermetures...
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