Frustré en Ligue des champions par un réveil trop tardif et des victoires lors des deux derniers matchs de groupe, Bordeaux peut donner un lustre européen à une saison encore en balance, en recevant Osasuna ce soir (à 19h), en 16e de finale aller de Coupe de l’UEFA.
La victoire sur Marseille dimanche en Ligue 1 (1-0) a immensément soulagé les Girondins, relancés (7e à 3 points du podium) mais guère favoris dans la course à un visa pour la C1, et qui risquaient de se retrouver avec pour seul objectif national la finale de Coupe de la Ligue le 31 mars contre Lyon.
Car ce rendez-vous n’occulte en rien le manque de brillance de la saison bordelaise, hantée par l’inconstance, ternie de pâles faux pas (élimination en Coupe de France par Montceau), de regrets de n’avoir pas osé, comme lors des défaites initiales à domicile en C1 contre Liverpool et Eindhoven.
D’où l’importance de la C3 : outre raviver de doux souvenirs – la finale 1996 avec les Zidane, Dugarry, Lizarazu –, redonner du lustre, de l’éclat, à la saison, poursuivre un apprentissage aussi, pour un club dont l’objectif affiché est de disputer la Ligue des champions chaque saison.
Aussi pas d’erreur : le vœu le plus ardent en Gironde est bien de trouver enfin la « régularité pour bien figurer en championnat jusqu’au bout, c’est le plus important à mes yeux », rappelle David Jemmali, suggérant que le match capital de la semaine pour Bordeaux, c’est bien samedi, à Troyes.
Force basque
« L’UEFA n’est pas un objectif prioritaire du club, mais l’objectif du groupe, du staff, aujourd’hui est d’aller en finale de cette Coupe », insiste pourtant Ricardo, convaincu que ses troupes ont gagné en expérience à l’automne en C1. « On est plus forts aujourd’hui, c’est sûr. »
A priori, Osasuna peut sembler à la portée de ces Girondins-là. Le club navarrais n’a pas réussi à rééditer sa bonne saison dernière (4e de Liga) sous la houlette du Mexicain Javier Aguirre, passé depuis à l’Atletico Madrid. Même s’il s’est redressé (9e) après avoir flirté avec la zone rouge – 17e en novembre – et dit viser avant tout le maintien.
Les clubs français, en outre, ne semblent pas réussir au onze de Pampelune, éliminé par Rennes l’an dernier au premier tour de la C3 (3-1, 0-0) et dominé par Lens cette année au 2e tour (3-1).
Mais Osasuna (« force », « vigueur » en basque) est une équipe accrocheuse, guerrière, voire carrément âpre – elle a en janvier fini à sept (4 cartons rouges) un match de Liga à l’Atletico Madrid – et au CV en UEFA entaché des incidents de Rennes-Osasuna la saison dernière (échauffourée dans le tunnel).
Et les 5 000 Navarrais attendus à Chaban-Delmas ce soir attestent d’une ferveur que Bordeaux serait bien inspiré d’aller défier dans huit jours au Stade Reyno de Navarra – « très agréable, mais très chaud », estime Ricardo –, avec un, voire deux buts d’avance.
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