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Actualités - Opinion

ÇA TIRE ! PPPP : Petit piège pour président…

Du temps de la Rome antique, des empereurs ont été faits ou défaits, pour avoir ou non payé des primes aux cohortes de légionnaires. Il s’agissait alors non pas de pièces d’or, comme le montrent les péplums de Cinecitta, mais, plus prosaïquement, de rations supplémentaires de sel, denrée précieuse à l’époque. C’est d’ailleurs de là que vient le mot salaire. De la peur (1). Ici, l’empereur va son petit bonhomme de chemin, sans trop de souci désormais. C’est la marche tranquille de l’empereur (2), du manchot, pour rester dans le cinéma oscarisé. Ostracisé, le héros des hauteurs, le héraut de Damas, n’éprouve cependant aucune frayeur. En effet, il apparaît qu’il a paré tous les dangers. La traque adverse tournant au trac, c’est-à-dire au timide. Tout ce qu’on peut lui faire, dorénavant, c’est de l’agacer, de lui livrer une petite guéguerre pour le déranger. Et de ce petit plaisir malicieux, on ne se prive guère, côté Sérail. On lui a ainsi adressé récemment un décret octroyant aux militaires des étrennes d’un mois de salaire. En sachant pertinemment qu’il allait être obligé de dire non. Parce qu’il ne veut rien contresigner de ce qui peut émaner, de bon ou de mauvais, d’un gouvernement qu’il qualifie d’illégal. Comme si c’était à lui de juger : il y a un Parlement et un Conseil constitutionnel pour cela. Au passage, on se demande s’il ne va pas sacrifier Paris III, comme il l’avait fait pour Paris II, en refusant, en bloquant, les réformes exigées. Mais ce ne serait, sans doute, qu’une bataille de retardement qu’il pourrait livrer. Car son mandat prorogé expire (le joli mot que voilà : on aspire, on expire et l’on respire) à la fin de l’été. Et, heureusement, comme dit la maxime, on ne peut être et avoir été. Il reste deux petites choses. D’abord, un vague regret tardif. Du fait que le 14 mars 2005, l’indépendance ait manqué un rendez-vous important avec l’Histoire. En s’interdisant d’organiser, vers les hauteurs qui surplombent le Bain militaire, une contre-marche libératrice de l’empereur. Pour en finir avec cette équivoque qui, aujourd’hui, déploie à fond sa capacité de nuisance damasquinée. Une retenue expliquée alors par la crainte de mettre en péril la paix civile. Et sur exhortation (apostolique) de Bkerké. Encore qu’à bien y réfléchir et à bien y regarder, on se demande si quelqu’un (Nasrallah, qui d’autre ?) aurait réagi, aurait bougé, aurait tiré pour le régime. En effet, le Hezb, tout en se déclarant allié de Baabda, ne s’est jamais posé en défenseur farouche du mandat prorogé en tant que tel. Il a toujours, au contraire, fait savoir qu’on pouvait à tout moment s’entendre sur une succession anticipée. Pour peu que le remplaçant lui convienne. Mais bon, il est inutile de pleurer sur les ruines comme les anciens poètes arabes. Sourions plutôt à cette drôle inversion des rôles. Voici que Siniora devient le papa Noël des soldats, alors que leur père fondateur les frustre d’un cadeau très attendu. Jadis, quand Siniora était grand argentier et le président général, ils se disputaient dans le sens contraire, et violemment s’il nous en souvient, au sujet des crédits, des sous. Sans compter les prises de bec du commandant en chef avec le président Hariri, à propos de la promotion d’un Jamil Sayyed (et d’autres) au grade de général. Déjà très respectueux des lois, et de l’autorité constitutionnelle, l’intéressé étoilé avait de sa propre main, de son propre chef, décerné les galons supérieurs à ses chouchous. Dont on connaît le sort ultérieur. Quoi qu’il en soit, on imagine combien ses soldats déçus doivent aujourd’hui le porter haut. Dans leur cœur. Jean ISSA (1)– De Henri-Georges Clouzot, 1953. Avec Yves Montand, Charles Vanel, Peter Van Eyck, Véra Clouzot. (2) – De Luc Jacquet, 2005.
Du temps de la Rome antique, des empereurs ont été faits ou défaits, pour avoir ou non payé des primes aux cohortes de légionnaires. Il s’agissait alors non pas de pièces d’or, comme le montrent les péplums de Cinecitta, mais, plus prosaïquement, de rations supplémentaires de sel, denrée précieuse à l’époque. C’est d’ailleurs de là que vient le mot salaire. De la peur (1).
Ici, l’empereur va son petit bonhomme de chemin, sans trop de souci désormais. C’est la marche tranquille de l’empereur (2), du manchot, pour rester dans le cinéma oscarisé. Ostracisé, le héros des hauteurs, le héraut de Damas, n’éprouve cependant aucune frayeur. En effet, il apparaît qu’il a paré tous les dangers. La traque adverse tournant au trac, c’est-à-dire au timide. Tout ce qu’on peut lui faire, dorénavant,...