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Actualités - Analyse

ANALYSE L’Europe pourrait rentrer du G7 bredouille sur le yen

Les Européens vont une nouvelle fois soulever le problème de la dépréciation du yen à la réunion du G7 les 9 et 10 février à Essen mais ils risquent d’obtenir encore moins que lors de la précédente rencontre de Singapour en septembre. D’après les économistes et analystes, la balle est désormais dans le camp du Japon. Si Tokyo a certes intérêt à prendre des mesures, sa marge de manœuvre est large. Les États-Unis et le Canada se sont montrés davantage préoccupés par le yuan chinois tandis que le Royaume-Uni a opté pour un silence éloquent. Ceci, en soi, constitue une mauvaise nouvelle pour les trois représentants de la zone euro au G7 – l’Allemagne, la France et l’Italie. Pour Stephen Jen, stratège des changes chez Morgan Stanley, l’Europe a des arguments valables mais n’a pas su réunir des preuves tangibles nécessitant une pression collective du G7. Désormais, il faudra que le repli du yen affecte l’économie américaine pour que le problème soit pris en compte. « Le G7 ne s’engage que dans des batailles qu’il peut gagner », renchérit Chris Turner, chez ING. Sur 2006, le recul du yen a été quatre fois plus important contre l’euro que face au dollar. La compétitivité des produits européens est donc bien davantage érodée que celle des biens made in USA, du moins pour l’instant. Chris Turner rappelle que la part de marché du Japon dans l’automobile est passée de 11,4 % en 2000 à 14 % en 2006 et qu’elle pourrait atteindre 20 % d’ici à la fin de la décennie. Lors de la dernière réunion des ministres des Finances et banquiers centraux du G7 à Singapour, les positions européenne, américaine et asiatique ne semblaient pas autant polarisées. Les Européens avaient alors déjà tenté d’enrayer la baisse du yen, sans succès : le communiqué final ne mentionnait même pas la devise japonaise, réaffirmant seulement que les taux de change devaient refléter les fondamentaux économiques et qu’une volatilité excessive était indésirable. Le texte citait en revanche la Chine pour dire que les monnaies des pays émergents disposant de surplus commerciaux importants devaient être plus flexibles. Pour satisfaire les Européens, le ministre des Finances japonais, Sadakazu Tanigaki, avait seulement concédé que les mouvements du yen face à l’euro étaient un peu « extravagants ». Ces commentaires ne se sont traduits par aucune amélioration concrète sur le marché. Il faut aujourd’hui 10 yens de plus qu’en septembre pour acheter un euro et la devise japonaise a touché en janvier un plus bas de 21 ans face à la monnaie unique sur une base pondérée. Les autorités japonaises devraient justifier cette situation par le bas niveau des taux d’intérêt dans le pays qui se justifie, selon elles, par la faiblesse de la croissance. « Il y a un consensus : ce sont les taux d’intérêt bas au Japon qui provoquent la faiblesse du yen. Le G7 n’y changera rien même s’il en parle beaucoup », affirme Etsuko Yamashita, chef économiste à Sumitomo Mitsui Banking. Le taux directeur de la Banque du Japon est à 0,25 %, à comparer à 5,25 % pour le taux des Fed funds aux États-Unis et à 3,5 % pour le taux de refinancement de la Banque centrale européenne. Un mois de février décisif Pour Adam Posen, membre du Peterson Institute of International Economics, le Japon peut toutefois prendre quelques mesures. Selon lui, la Banque du Japon n’est pas aussi défavorable à une remontée du yen que certains ne le pensent, même si la décision, in fine, revient au ministère des Finances. Le pays pourrait même chercher à paraître comme un membre du G7 responsable avant d’en prendre la présidence, après l’Allemagne, en 2008. Pour Stephen Jen, il y a une autre raison pour laquelle le Japon peut agir. Toyota n’a pas besoin d’un yen aussi faible pour écouler ses voitures sur le marché et le gouvernement n’a pas intérêt à maintenir ses marchés financiers sous la perfusion du taux de change, ce d’autant qu’un yen faible favorise les positions jouées sur le court terme, le « carry trade », où l’on emprunte à bas coûts en yens pour ensuite acheter des devises avec des rendements plus élevés. Le ministère des Finances pourrait donc tenter de stabiliser la monnaie nationale autour de 110-115 yens pour un dollar, quitte à intervenir sur le marché sur une échelle de 10 à 15 milliards de dollars, juge l’analyste de Morgan Stanley. Février sera un mois décisif pour le yen avec, outre la réunion du G7, la publication du produit intérieur brut japonais le 15, suivie par la décision monétaire de la Banque du Japon le 21.
Les Européens vont une nouvelle fois soulever le problème de la dépréciation du yen à la réunion du G7 les 9 et 10 février à Essen mais ils risquent d’obtenir encore moins que lors de la précédente rencontre de Singapour en septembre.
D’après les économistes et analystes, la balle est désormais dans le camp du Japon. Si Tokyo a certes intérêt à prendre des mesures, sa marge de manœuvre est large.
Les États-Unis et le Canada se sont montrés davantage préoccupés par le yuan chinois tandis que le Royaume-Uni a opté pour un silence éloquent.
Ceci, en soi, constitue une mauvaise nouvelle pour les trois représentants de la zone euro au G7 – l’Allemagne, la France et l’Italie.
Pour Stephen Jen, stratège des changes chez Morgan Stanley, l’Europe a des arguments valables mais n’a pas su réunir des...