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Actualités - Analyse

Analyse La bourde de Chirac brise un tabou sur le nucléaire iranien

Il est certes revenu sur ses propos, mais Jacques Chirac a été le premier chef d’État occidental à briser un tabou sur l’Iran en envisageant ouvertement que Téhéran puisse devenir une puissance nucléaire. En esquissant cette semaine le scénario d’un Iran doté de la bombe face à Israël, le président français a fourni au monde un aperçu d’un nouvel équilibre au Moyen-Orient tel que les Occidentaux pourraient l’envisager. Si ces réflexions sont fréquentes dans des cercles d’analyses ou lors de conférences d’experts, elles prennent une toute autre résonance quand elles émanent du président d’un pays qui s’est joint aux États-Unis et d’autres nations d’Europe pour affirmer que l’Iran se serait pas autorisé à se doter de l’arme atomique. Pour le spécialiste français Pascal Boniface, M. Chirac « a parlé en tant qu’expert et non en tant que chef d’État », au moment où les Nations unies tentent de faire pression de manière accrue sur l’Iran pour que ce pays abandonne ses activités nucléaires sensibles. « Dans le discours diplomatique officiel, il y a des choses qu’il ne faut simplement pas dire », ajoute M. Boniface, de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS). « Jacques Chirac a dit des choses que beaucoup d’experts disent dans le monde, même aux États-Unis, c’est-à-dire qu’un pays qui possède la bombe ne s’en sert pas et entre automatiquement dans le schéma de la dissuasion », a commenté l’ancien ministre socialiste des Affaires étrangères, Hubert Védrine. La bévue de M. Chirac a en tout cas provoqué des vagues dans les capitales étrangères. Le quotidien indépendant russe Nezavissimaya Gazeta a estimé que « Jacques Chirac a provoqué un scandale international ». « C’est la première déclaration d’un dirigeant occidental qui témoigne du fait que la communauté mondiale ne peut pas arrêter le programme nucléaire iranien », a commenté ce journal. Selon Mark Fitzpatrick, expert des questions de prolifération nucléaire à l’Institut international pour les études stratégiques (IISS) de Londres, ces commentaires ne doivent pas être pris comme un signe que l’Occident en vient à l’idée que l’Iran va acquérir la bombe. « Les gouvernements mettront certainement sur pied des plans de rechange si tous les efforts échouent », explique-t-il. « Mais ils font vraiment tout leur possible pour dissuader l’Iran d’en arriver à ce stade, et ils estiment qu’il reste encore du temps pour y parvenir ». L’expert français sur l’Iran, Georges Le Guelte, considère pour sa part que les commentaires de Chirac sont « complètement incohérents ». « Il donne l’impression de quelqu’un qui ne sait pas que faire », accuse-t-il. « Si Chirac est en train de dire “Laissons l’Iran avoir la bombe”, c’est catastrophique et désastreux », ajoute-t-il. Carole LANDRY (AFP)

Il est certes revenu sur ses propos, mais Jacques Chirac a été le premier chef d’État occidental à briser un tabou sur l’Iran en envisageant ouvertement que Téhéran puisse devenir une puissance nucléaire. En esquissant cette semaine le scénario d’un Iran doté de la bombe face à Israël, le président français a fourni au monde un aperçu d’un nouvel équilibre au Moyen-Orient tel que les Occidentaux pourraient l’envisager. Si ces réflexions sont fréquentes dans des cercles d’analyses ou lors de conférences d’experts, elles prennent une toute autre résonance quand elles émanent du président d’un pays qui s’est joint aux États-Unis et d’autres nations d’Europe pour affirmer que l’Iran se serait pas autorisé à se doter de l’arme atomique.
Pour le spécialiste français Pascal Boniface, M....