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Moqtada Sadr adopte un profil bas, en attendant des jours meilleurs

Le chef radical chiite irakien Moqtada Sadr a confirmé son changement de cap en approuvant sans condition, jeudi au Parlement, le nouveau plan de sécurité à Bagdad, et apporté ainsi la preuve de son ralliement au gouvernement critiqué de Nouri al-Maliki. Ce revirement spectaculaire n’a toutefois pas convaincu totalement les responsables américains, qui craignent que ce soit un changement de tactique provisoire. Face aux pressions américaines exercées sur la coalition au pouvoir, dominée par les chiites et qui doit prouver sa capacité à pacifier le pays, Moqtada Sadr a accepté de se plier au jeu politique et de renforcer l’action gouvernementale, selon des milieux chiites. Dans le même temps, il a cherché à réduire la pression sur son mouvement et sa puissante milice, l’Armée du mahdi, après l’arrestation de plus de 600 de ses membres ces dernières semaines, dans des raids visant à démanteler les milices et juguler les violences qui ont fait 16 800 morts dans la capitale, selon les Nations unies. L’Armée du mahdi, forte de plus de 60 000 membres selon les Américains, se pose en défenseuse de la communauté chiite en Irak, face à la guerre totale menée contre elle par les extrémistes sunnites. Plusieurs démarches ont été entreprises auprès de l’imam Sadr, retranché dans la ville sainte de Najaf, pour neutraliser l’Armée du mahdi, accusée par les Américains d’être responsable de la majeure partie des exactions contre la communauté sunnite. Une rencontre décisive s’est déroulée il y a une dizaine de jours entre la plus haute autorité religieuse chiite, le grand ayatollah Ali Sistani, et Moqtada Sadr, à l’issue de laquelle ce dernier a décidé de faire son retour sur la scène politique. Le courant Sadr, qui compte 32 députés sur 275 et six ministères sur 37 dans le gouvernement, a ainsi annoncé coup sur coup la fin de deux mois de boycottage du Parlement, sa réintégration dans le gouvernement et son appui au nouveau plan de sécurité appelé à être mis en œuvre à Bagdad. Dans le même temps, il a choisi de passer sous silence les centaines d’arrestations de ses partisans, dont son porte-parole Abdel Hadi al-Darraji, interpellé il y a une semaine à Bagdad. Un responsable proche de Sadr a indiqué cette semaine à l’AFP, sous couvert d’anonymat, que « le mouvement était prêt à déposer les armes », ajoutant que « l’ordre a été donné de ne pas chercher la confrontation avec les Américains ». « Nous soutenons le gouvernement de Nouri al-Maliki, et nous ne porterons pas les armes si le gouvernement assure la sécurité », a-t-il souligné. Dans le même temps, le chef chiite a, semble-t-il, recommandé à ses chefs de milice de disparaître dans la nature pour les mettre à l’abri de la campagne d’arrestations. « Certains chefs sont rentrés dans la clandestinité, d’autres sont passés à l’étranger », a indiqué Hosham Dawod, un chercheur à l’École des hautes études sociales de Paris, citant des informations concordantes. Côté américain, la prudence reste de mise face à la nouvelle stratégie adoptée par Moqtada Sadr. Le retour du courant du chef radical chiite Moqtada Sadr au sein du processus politique est un « signe positif », a estimé mercredi l’ambassadeur des États-Unis en Irak, Zalmay Khalilzad. « Si c’est un changement profond, stratégique, marquant la volonté de se plier à la loi, c’est une bonne chose. Mais si c’est un simple changement de tactique, alors nous devons rester prudents parce que les tactiques peuvent se retourner rapidement », a-t-il toutefois rapidement nuancé au cours d’une conférence de presse. « Nous restons préoccupés par les activités des escadrons de la mort et le sort des milices », a-t-il ensuite martelé, ajoutant qu’il craignait « qu’ils décident de faire profil bas, évitant un conflit aujourd’hui pour mieux se battre un autre jour ». Nadra SAOULI/AFP

Le chef radical chiite irakien Moqtada Sadr a confirmé son changement de cap en approuvant sans condition, jeudi au Parlement, le nouveau plan de sécurité à Bagdad, et apporté ainsi la preuve de son ralliement au gouvernement critiqué de Nouri al-Maliki. Ce revirement spectaculaire n’a toutefois pas convaincu totalement les responsables américains, qui craignent que ce soit un changement de tactique provisoire.

Face aux pressions américaines exercées sur la coalition au pouvoir, dominée par les chiites et qui doit prouver sa capacité à pacifier le pays, Moqtada Sadr a accepté de se plier au jeu politique et de renforcer l’action gouvernementale, selon des milieux chiites.
Dans le même temps, il a cherché à réduire la pression sur son mouvement et sa puissante milice, l’Armée du mahdi, après l’arrestation...