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Actualités - Analyse

ÉCLAIRAGE En attendant la fin du thriller de l’opposition...

Il faudra attendre encore quelques jours – et la prochaine réunion de l’opposition, dont un communiqué annonçant des mesures était en fait prévu hier – pour savoir quel est l’avenir du mouvement de protestation, dans la mesure où l’ensemble des chefs de file de l’opposition continuait, hier, d’alimenter le secret sur la prochaine initiative qui devrait symboliser cette fameuse escalade dont il est question déjà depuis les tout premiers jours du nouvel an. Premier à faire durer le suspense pour assurer un plein succès à l’escalade, le secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, qui s’est contenté de parler d’une « action efficace et très importante » contre le gouvernement de Fouad Siniora dans les jours qui viennent, sans vouloir donner davantage de précisions. Pourtant, par-delà les traditionnelles accusations de « collaboration » contre le 14 Mars, le ton général du discours du leader du Hezbollah visait surtout hier, à première vue, à remonter le moral des troupes, au bout d’une cinquantaine de jours d’un sit-in qui n’a jusqu’à présent donné aucun résultat tangible. S’il a révélé l’existence d’une crise réelle, d’une division profonde au sein de la société libanaise, s’il a ouvert grand la voie et amplifié à outrance la nécessité d’une solution externe à la crise, le mouvement de protestation n’a toujours pas débouché sur des solutions concrètes. Au contraire, l’opposition, qui fait pourtant preuve d’une endurance incontestable dans ce face-à-face pourtant éprouvant pour tout le monde, s’est contentée de faire du surplace. Partant, la confrontation gouvernement-opposition n’a jusqu’à présent conduit à rien de plus qu’à la mise en place d’un climat de morosité hyperbanalisé au gré des jours, si bien que chacun ressent le poids du « ciel bas et lourd comme un couvercle », ce spleen existentiel, avec une certitude grandissante de jour en jour. Cette certitude, c’est que le devenir du pays lui échappe, et qu’il n’existe aucune échappatoire pour sortir de cet engrenage fatal qui érode progressivement les nerfs des citoyens et les structures du pays. Si Hassan Nasrallah a beaucoup parlé hier, que ce soit de l’Irak, du projet américain du Nouveau Moyen-Orient ou d’Israël, il s’est bien gardé d’aller à l’essentiel, de spéculer sur le plan de l’opposition pour les jours à venir. Au contraire, il s’est plutôt positionné sur la défensive, expliquant pourquoi l’opposition n’avait pas réussi, jusqu’à présent, à ébranler le gouvernement. « C’est parce qu’il dispose d’un soutien international sans précédent, du jamais-vu au Liban et dans le monde arabe », a expliqué sayyed Nasrallah, relativisant pourtant le fait que la crise a une dimension bel et bien interne, et que le gouvernement Siniora, s’il est effectivement populaire sur le plan international, dispose quand même d’appuis solides au Liban. Selon une source autorisée au sein des Forces libanaises, Hassan Nasrallah a « surtout essayé de justifier le fait que l’opposition n’a pas encore réussi à faire une percée. Il a essayé de donner un nouveau souffle au mouvement de protestation ». À l’instar du secrétaire général du Hezbollah, qui a aussi voulu donner l’image d’une opposition soudée et maîtresse de son propre destin dans son pluralisme et sa diversité, le Courant patriotique libre a lui aussi refusé de divulguer le moindre détail sur la fameuse escalade. Une source autorisée au sein du CPL s’est contentée d’indiquer hier qu’il existe un consensus entre l’ensemble des opposants de ne pas révéler le moindre élément au sujet de la stratégie de l’opposition avant l’heure « H ». Cette source a cependant confirmé l’existence d’une escalade et le probable recours aux grèves. Ce sont donc les seconds couteaux qui ont dit tout haut ce qui se mijote peut-être dans le silence des coulisses. Le député d’Amal, Ali Khreiss, a menacé hier d’un recours à une « grève générale » ou une « grève illimitée » dans les prochains jours. Une autre source parlementaire opposante citée par Reuters a quant à elle évoqué la date de mardi comme le coup d’envoi de l’escalade. Et les anciens ministres Wi’am Wahhab et Sleimane Frangié, qui se sont concertés hier, ont évoqué une mobilisation générale dans toutes les régions. Cependant, des sources au sein du 14 Mars ont dit ne pas s’attendre à une grave escalade, compte tenu des propos du chef du Hezbollah. Tandis que dans les rangs du CPL, on se demande si, en fin de compte, l’escalade n’est pas le meilleur moyen de précipiter la mise en place d’une solution interne, à l’heure où, affirment certaines sources, toutes les tentatives de solutions sont bloquées de l’extérieur. L’escalade pourrait donc pousser certaines parties aussi bien au sein de l’opposition que de la majorité à se convaincre de la nécessité d’un accord interlibanais, loin des influences étrangères. Cela pourrait être la teneur du message transmis par le député Ibrahim Kanaan au patriarche Sfeir hier à Bkerké. En attendant le fin mot de l’histoire et le dénouement du long thriller dirigé par l’opposition, d’ici à quarante-huit heures, cette réflexion d’une source proche du cabinet Siniora, commentant l’action à venir de l’opposition : « L’objectif est de ternir autant que possible l’éclat de Paris III. La conférence va se tenir, il ne saurait en être autrement. Le seul moyen de lui porter atteinte, c’est d’en diminuer l’éclat. Et c’est là tout le but de l’opposition. » M.H.G.

Il faudra attendre encore quelques jours – et la prochaine réunion de l’opposition, dont un communiqué annonçant des mesures était en fait prévu hier – pour savoir quel est l’avenir du mouvement de protestation, dans la mesure où l’ensemble des chefs de file de l’opposition continuait, hier, d’alimenter le secret sur la prochaine initiative qui devrait symboliser cette fameuse escalade dont il est question déjà depuis les tout premiers jours du nouvel an.
Premier à faire durer le suspense pour assurer un plein succès à l’escalade, le secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, qui s’est contenté de parler d’une « action efficace et très importante » contre le gouvernement de Fouad Siniora dans les jours qui viennent, sans vouloir donner davantage de précisions.
Pourtant, par-delà...