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Actualités - Opinion

L’escalade annoncée resterait purement politique

Dans un geste symbolique, donc en marge du conflit politique, l’opposition organise un sit-in devant le ministère de la Justice pour réclamer plus de célérité dans l’enquête sur l’assassinat du ministre-député Pierre Gemayel. Globalement, c’est la pause. Mais l’opposition menace d’une reprise d’escalade, pour le 22 ou le 24, avec un probable pic le 25, jour d’ouverture de la conférence Paris III. Le débrayage présent est dû, en partie, à la perplexité après l’échec cuisant, retentissant, de la transmission de la patate chaude à la CGTL. La centrale syndicale n’a pu en effet réunir qu’une maigre cohorte pour les sit-in organisés devant le ministère de l’Énergie et de l’Eau, et devant le bâtiment du fisc TVA. Mouvements que Ghassan Ghosn, président de la CGTL, a rapidement dispersés quand ils ont dévoilé sa faiblesse. Selon des professionnels, cet échec s’explique par les raisons suivantes : – Le refus, par le gros des travailleurs, de la politisation de leurs revendications, de leur regroupement syndical et de leur exploitation par le camp qui tente de détrôner M. Siniora. – Visiblement, la rue chrétienne s’est désolidarisée des protestataires. Le CPL et les Marada n’ont pas entraîné de masses, comme certains de leurs alliés l’escomptaient, dans le but de montrer que la contestation n’est pas limitée à la rue musulmane. – Sans compter qu’une participation chrétienne accentuée aurait sans doute permis de masquer un peu le clivage larvé entre chiites et sunnites. Du reste, le Hezbollah, pour ne pas envenimer les choses à ce niveau, a évité de mobiliser à fond pour la CGTL. Le parti de Dieu ne souhaite pas en effet que le mouvement syndical paraisse politisé. Même si c’est à son profit. Parce que c’est une arme à double tranchant, qui peut se retourner contre quiconque l’utilise. – Le commandement militaire a averti les responsables syndicaux, et toutes les autres parties, de ne pas franchir les lignes rouges tracées. Ce qui a eu son effet. L’armée a précisé qu’elle ne laisserait personne essayer d’occuper des locaux officiels ; ou paralyser des secteurs publics comme l’aéroport ou le port ; ou encore couper les routes et bloquer les moyens de transport. À tout cela s’ajoutent, pour expliquer la pause sur le front de l’opposition, les efforts des conciliateurs arabes. Beaucoup situent dans ce cadre la rencontre entre des dirigeants du Hezbollah et le roi d’Arabie saoudite. Ainsi que les résultats de la visite d’une délégation du Hezb en Iran. Ce dernier aurait plaidé, selon des sources informées, pour un allègement de la tension sur la scène libanaise. Principalement pour réduire les risques d’une dangereuse confrontation à caractère confessionnel. Dès lors, ces mêmes observateurs s’attendent à ce que l’escalade annoncée ne débouche pas sur des violences et reste civile et politique, sans casse ni déferlante de masses dans la rue. Le Hezbollah ne souhaite pas, selon ces sources, que l’on considère son action comme une opposition chiite à un gouvernement sunnito-chrétien. Philippe ABI-AKL

Dans un geste symbolique, donc en marge du conflit politique, l’opposition organise un sit-in devant le ministère de la Justice pour réclamer plus de célérité dans l’enquête sur l’assassinat du ministre-député Pierre Gemayel. Globalement, c’est la pause. Mais l’opposition menace d’une reprise d’escalade, pour le 22 ou le 24, avec un probable pic le 25, jour d’ouverture de la conférence Paris III.
Le débrayage présent est dû, en partie, à la perplexité après l’échec cuisant, retentissant, de la transmission de la patate chaude à la CGTL. La centrale syndicale n’a pu en effet réunir qu’une maigre cohorte pour les sit-in organisés devant le ministère de l’Énergie et de l’Eau, et devant le bâtiment du fisc TVA. Mouvements que Ghassan Ghosn, président de la CGTL, a rapidement dispersés...