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Actualités - Analyse

ÉCLAIRAGE Changement climatique : la nature déboussolée

Des hirondelles et des oies qui oublient de migrer, des insectes méditerranéens qui remontent jusqu’en Allemagne et des floraisons précoces : la douceur de l’hiver perturbe les cycles naturels et fournit un indice supplémentaire du réchauffement climatique. Les oiseaux migrateurs ont tendance à retarder de plus en plus leur départ, a témoigné jeudi la Ligue française pour la protection des oiseaux (LPO), lors d’une conférence de presse à Paris. « Des hirondelles hivernent maintenant en France au lieu de descendre en Afrique », indique Philippe Dubois, scientifique chargé du programme « Avifaune et changement climatique » auprès de la LPO. Inversement, « on voit très peu d’oies et de canards, ces oiseaux restent à des latitudes plus septentrionales et n’ont pas besoin de descendre hiverner chez nous », souligne-t-il. « C’est tout bénéfice pour ces oiseaux qui viennent du Nord : ils ont moins d’efforts à faire, ils restent dans les grandes réserves du Nord où ils sont préservés des chasseurs », commente Allain Bougrain Dubourg, président de la LPO. Mais la douceur de l’hiver a pour inconvénient de provoquer un décalage entre le pic de naissance des insectes, plus précoce, et la période de reproduction des oiseaux : les insectes pullulent quand il n’y a pas encore d’oisillons à nourrir. Ainsi, les chenilles processionnaires sont déjà sorties dans le Sud de la France alors que, d’habitude, on n’en voit pas avant mars ou avril, selon la LPO. Pour les arbres fruitiers, le risque est celui d’une floraison accélérée qui les exposerait à un éventuel retour du froid. Un risque que tempère Bernard Séguin, de l’Institut national français de recherche agronomique (INRA), qui explique que les arbres fruitiers sont encore plongés dans un état de « dormance » dont ils ne sortent qu’après une période de froid. Or, justement, il n’a pas encore fait froid puisque l’automne a été très doux et que l’hiver n’arrive pas. « Des variations climatiques, il y en a toujours eu, mais ces changements sont particulièrement rapides », compromettant la capacité des espèces à s’adapter, souligne Robert Barbault, écologue. « Des espèces vont s’effondrer, d’autres vont en profiter », prévoit-il. Le réchauffement climatique pourrait entraîner la disparition de 15 à 37 % des espèces animales et végétales, avaient calculé des scientifiques, dans une étude publiée dans la revue Nature le 8 janvier 2004. Emmanuel ANGLEYS (AFP)
Des hirondelles et des oies qui oublient de migrer, des insectes méditerranéens qui remontent jusqu’en Allemagne et des floraisons précoces : la douceur de l’hiver perturbe les cycles naturels et fournit un indice supplémentaire du réchauffement climatique.

Les oiseaux migrateurs ont tendance à retarder de plus en plus leur départ, a témoigné jeudi la Ligue française pour la protection des oiseaux (LPO), lors d’une conférence de presse à Paris. « Des hirondelles hivernent maintenant en France au lieu de descendre en Afrique », indique Philippe Dubois, scientifique chargé du programme « Avifaune et changement climatique » auprès de la LPO.
Inversement, « on voit très peu d’oies et de canards, ces oiseaux restent à des latitudes plus septentrionales et n’ont pas besoin de descendre hiverner chez nous »,...