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THAïLANDE La rébellion islamiste du Sud se radicalise dans la violence

La rébellion dans le Sud musulman de la Thaïlande, qui est entrée hier dans sa quatrième année, est devenue plus violente avec une participation accrue de jeunes islamistes radicaux peu enclins au compromis, estiment des analystes. L’anniversaire tombe alors que le royaume thaïlandais, largement bouddhiste, se demande qui a fait exploser huit bombes de manière coordonnée à Bangkok juste avant le nouvel an (3 morts, 38 blessés, dont 9 touristes étrangers). La junte, au pouvoir depuis trois mois et demi, a exclu tout lien entre ces attentats et l’insurrection du Sud, mais certains experts évoquent un possible élargissement du conflit. Le 4 janvier 2004, des rebelles avaient attaqué un dépôt d’armes dans l’extrême sud, ranimant une agitation séparatiste dans une région peuplée très majoritairement de Malais musulmans et qui était il y a plus d’un siècle un sultanat relativement indépendant. Depuis trois ans, les violences ont fait plus de 1 800 morts. Elles visent tous les symboles de l’État thaïlandais (soldats, policiers, fonctionnaires, enseignants), mais aussi des musulmans soupçonnés de « collaboration ». L’auteur du coup d’État à Bangkok, le général Sonthi Boonyaratglin, lui-même de confession musulmane, a multiplié les gestes de réconciliation avec le Sud, rompant avec la politique de la main de fer menée par le Premier ministre renversé Thaksin Shinawatra. Cependant, les éléments les plus radicaux de la guérilla ont ignoré les ouvertures et semblent avoir imposé l’escalade. Les attentats ne sont jamais revendiqués, et une certaine opacité entoure la multitude de groupes impliqués dans les violences qui se concentrent essentiellement dans les trois provinces les plus méridionales de la Thaïlande (Narathiwat, Pattani, Yala), près de la Malaisie. « Des cellules d’insurgés à Yala ont démontré leur penchant pour l’islamisme radical », affirme Sunai Phasuk, représentant en Thaïlande de Human Rights Watch. Ces éléments sont décidés à faire partir les bouddhistes et rejettent tout compromis avec Bangkok. « (Pour) les cellules radicales, c’est une question de lutte armée jusqu’au bout », ajoute-t-il. Wan Kadir Che Wan, un dirigeant séparatiste, a déclaré en novembre à la chaîne de télévision al-Jazira que, contrairement aux anciens, la « nouvelle génération » de combattants « jeunes et déterminés » n’était pas prête à négocier pour l’autonomie. « Ils veulent établir un État islamique. » Le Premier ministre intérimaire thaïlandais, Surayud Chulanont, qui s’est rendu à deux reprises dans le Sud, a écarté toute sécession. Mais il a estimé que les habitants « devraient pouvoir appliquer la loi islamique, la charia, parce que la façon dont ils vivent au jour le jour est totalement différente de la nôtre ». Francesca Lawe-Davies, analyste à l’International Crisis Group, fait état d’une « détérioration constante » de la situation depuis janvier 2004 dans le Sud thaïlandais où, dit-elle, les civils sont devenus les principales cibles. Selon elle, « le gouvernement pourrait être forcé d’interrompre sa politique (de mesures de confiance) s’il n’y a pas de résultats tangibles. Il s’agit donc de persévérer ». « Le plus gros problème des autorités est qu’il a hérité de l’Administration Thaksin la mauvaise disposition des Malais musulmans », estime pour sa part Joseph Liow, analyste à l’Institut de défense et d’études stratégiques de Singapour. Selon lui, « la situation va vraisemblablement empirer avant de s’améliorer ». Charlotte McDONALD-GIBSON (AFP)
La rébellion dans le Sud musulman de la Thaïlande, qui est entrée hier dans sa quatrième année, est devenue plus violente avec une participation accrue de jeunes islamistes radicaux peu enclins au compromis, estiment des analystes.
L’anniversaire tombe alors que le royaume thaïlandais, largement bouddhiste, se demande qui a fait exploser huit bombes de manière coordonnée à Bangkok juste avant le nouvel an (3 morts, 38 blessés, dont 9 touristes étrangers). La junte, au pouvoir depuis trois mois et demi, a exclu tout lien entre ces attentats et l’insurrection du Sud, mais certains experts évoquent un possible élargissement du conflit.
Le 4 janvier 2004, des rebelles avaient attaqué un dépôt d’armes dans l’extrême sud, ranimant une agitation séparatiste dans une région peuplée très majoritairement de Malais...