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Almunia relativise les inquiétudes sur l’euro fort

Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires s’est attaché hier à relativiser les inquiétudes des autorités françaises sur la vigueur de l’euro. La monnaie européenne a atteint son plus haut niveau en vingt mois contre le dollar en début de matinée. « Moi, qui suis fidèlement les débats français depuis des années, j’ai parfois l’impression que l’euro ne peut avoir dans l’Hexagone que deux positions : il est soit trop haut, soit trop bas », a déclaré Joaquin Almunia lors d’un discours à Paris devant le club Nouvelle République de l’ancien ministre des Affaires étrangères Michel Barnier. « Les faits montrent que l’on ne doit pas avoir les yeux rivés sur la valeur de la monnaie », a ajouté le commissaire européen, prenant l’exemple de l’Allemagne, qui « avec la même monnaie que la France est le premier exportateur mondial ». « Il importe beaucoup plus de savoir quel produit vous vendez que de savoir quel est le taux de change de l’euro », a prévenu Joaquin Almunia. Les autorités françaises ont multiplié ces dernières semaines les déclarations alarmantes sur l’appréciation de la monnaie unique. Joaquin Almunia a appelé les Français à ne pas redouter le libre-échange et la mondialisation. « Les mots de libre-échange, de grand marché intérieur et de mondialisation demeurent tabous, presque honteux » en France, a déploré le commissaire tout en soulignant la contribution de Paris à la construction de l’Europe et le dynamisme des entreprises françaises sur les marchés mondiaux. « La concurrence est perçue comme une menace et le développement des pays émergents (...) comme une semi-catastrophe », a-t-il poursuivi. Reconnaissant que ces préoccupations pouvaient être partagées au-delà des frontières de la France, Joaquin Almunia a estimé que les Européens devaient « cesser de considérer le commerce international comme un jeu à somme nulle ». « Les Européens pensent trop souvent l’économie comme un gâteau : si la part des pays émergents augmente, c’est donc que celle des autres diminue. Cette espèce de malthusianisme pâtissier est fondamentalement erronée », a-t-il raillé. « Ce n’est pas notre part du gâteau qui diminue, c’est la taille du gâteau qui augmente », a-t-il fait valoir. « Les échanges internationaux sont en quelque sorte la levure qui fait grossir le gâteau », a résumé Joaquin Almunia, filant jusqu’au bout la métaphore culinaire. « Les Européens veulent bien aider au développement du tiers-monde, mais à condition qu’il reste pauvre », a regretté le commissaire. « Ils sont flattés dans leur ego quand leurs grandes entreprises multiplient les acquisitions à l’étranger, mais hurlent à la menace anglo-saxonne, au péril chinois ou à l’invasion indienne quand une grande entreprise étrangère rachète un acteur national », a-t-il rappelé dans une référence à peine voilée à la vive opposition qu’avait suscitée l’acquisition du sidérurgiste européen Arcelor par le groupe d’origine indienne Mittal Steel. « Cette attitude relève un peu de la schizophrénie », a diagnostiqué Joaquin Almunia.
Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires s’est attaché hier à relativiser les inquiétudes des autorités françaises sur la vigueur de l’euro.
La monnaie européenne a atteint son plus haut niveau en vingt mois contre le dollar en début de matinée.
« Moi, qui suis fidèlement les débats français depuis des années, j’ai parfois l’impression que l’euro ne peut avoir dans l’Hexagone que deux positions : il est soit trop haut, soit trop bas », a déclaré Joaquin Almunia lors d’un discours à Paris devant le club Nouvelle République de l’ancien ministre des Affaires étrangères Michel Barnier. « Les faits montrent que l’on ne doit pas avoir les yeux rivés sur la valeur de la monnaie », a ajouté le commissaire européen, prenant l’exemple de l’Allemagne, qui « avec la même...