L’OCDE et le FMI ont revu en hausse hier leurs prévisions de croissance pour la zone euro, malgré l’appréciation de la monnaie unique face au dollar, arguant de la solidité de la reprise économique qui pourrait amener la BCE à remonter ses taux d’intérêt jusqu’en 2008.
Dans ses perspectives économiques d’automne, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) table désormais sur une progression du produit intérieur brut de la zone de 2,6 % en 2006 (contre 2,2 % dans son précédent rapport de mai) et de 2,2 % l’an prochain (contre 2,1 %).
Elle se montre ainsi plus optimiste que le Fonds monétaire international, qui a lui aussi revu en hausse hier ses prévisions, mais un peu moins. Le FMI parie sur 2,5 % en 2006 (contre 2,4 % en septembre), et entre 2 % et 2,25 % en 2007 (contre 2 %).
« Après plusieurs faux départs, la reprise économique s’est installée. Au premier semestre 2006, l’activité a progressé à un rythme sans précédent depuis plusieurs années » grâce aux exportations, aux investissements, ainsi qu’aux ménages, « qui ont aussi commencé à stimuler la dépense », selon l’OCDE.
Pour 2008, l’OCDE s’attend à ce que la zone euro poursuive son rythme de croisière avec un taux de croissance de 2,3 %.
Pour l’heure, l’appréciation du taux de change de l’euro, qui s’est approché de 1,32 dollar hier et affiche une progression de plus de 11 % depuis le début de l’année, n’inquiète pas l’organisation bien qu’elle pénalise les exportations européennes qui s’en trouvent renchéries.
« Il ne faut pas s’étonner que l’euro se raffermisse à une période de reprise de l’activité en zone euro. Je ne pense pas par conséquent que l’appréciation, du moins dans les limites que nous avons observées jusque-là, soit source d’inquiétude », a dit son chef économiste, Jean-Philippe Cotis.
Le directeur du FMI pour l’Europe, Michael Deppler, a pour sa part laissé entendre hier à Bruxelles qu’il ne faudrait pas que l’euro s’apprécie trop par rapport à son niveau actuel.
La monnaie unique est « correctement valorisée » actuellement, et elle doit évoluer entre 1,25 et 1,30 dollar pour le rester, a-t-il dit. Or, hier en fin de matinée, elle évoluait à plus de 1,31 dollar.
La veille, les ministres des Finances de la zone euro, réunis au sein de l’Eurogroupe, avaient averti qu’ils restaient « vigilants » face à cette appréciation, lors d’une réunion à Bruxelles, et qu’une « volatilité excessive » du taux de change de la monnaie unique n’était « pas souhaitable pour la croissance ».
Concernant les taux d’intérêt, l’OCDE, comme le FMI, s’attend à ce que la hausse se poursuive, même si, à son avis, l’inflation devrait continuer à osciller autour de 2 %, limite souhaitée par la Banque centrale européenne (BCE).
« Si la reprise reste vigoureuse, il faudra peut-être relever les taux d’intérêt en 2008 également », souligne même l’OCDE dans son rapport.
Jusqu’ici, la BCE a préparé le terrain à un nouveau tour de vis monétaire lors de sa prochaine réunion le 7 décembre, son taux directeur devant alors grimper d’un quart de point à 3,5 %. Mais pour 2007 et la suite, l’institut monétaire n’a rien dévoilé de ses intentions.
Sur le front budgétaire, l’organisation salue « l’amélioration de la situation » des pays de la zone euro. Mais « en l’absence de nouveaux efforts d’assainissement, plusieurs années s’écouleront » avant que l’on soit « proche de l’équilibre ou excédentaire ».
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Dans ses perspectives économiques d’automne, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) table désormais sur une progression du produit intérieur brut de la zone de 2,6 % en 2006 (contre 2,2 % dans son précédent rapport de mai) et de 2,2 % l’an prochain (contre 2,1 %).
Elle se montre ainsi plus optimiste que le Fonds monétaire international, qui a lui aussi revu en hausse hier ses prévisions, mais un peu moins. Le FMI parie sur 2,5 % en 2006 (contre 2,4 % en septembre), et entre 2 % et 2,25 % en 2007 (contre 2...