Le support psychique et moral dont a besoin la patiente atteinte d’un cancer du sein, c’est l’ONG Faire Face qui l’apporte. Fondée en 1994, elle aide les patientes à mieux gérer leur maladie.
À l’origine de cette ONG, une dame française, mariée à un Libanais. « Atteinte d’une tumeur au sein, elle a été se faire soigner en France, où elle a été visitée, sur son lit d’hôpital, par des bénévoles qui lui tenaient compagnie et lui expliquaient les étapes par lesquelles elle allait passer, explique Mme Anne Frangié, présidente de Faire Face. De retour au Liban, elle en parle à son médecin et, ensemble, ils ont l’idée de créer une association qui aurait pour rôle d’assurer un soutien moral aux patientes, en créant un lieu de rencontre, ainsi qu’aux familles et amis. »
Plusieurs femmes, la majorité d’entre elles ayant souffert d’un cancer du sein, et une psychologue se sont ainsi regroupées, donnant un coup d’envoi à des réunions hebdomadaires qui se tiennent depuis douze ans déjà tous les mardis, dans les locaux de l’association à Badaro. Une dynamique de groupe est également organisée le premier mercredi de chaque mois. « Faire Face a été la première ONG libanaise à utiliser le mot cancer dans toutes les brochures qu’elle a publiées (cancer du sein, chimiothérapie, autopalpation, radiothérapie et questions générales sur le cancer) », poursuit Mme Frangié, soulignant que deux ans plus tard, en 1996, l’association a étendu son champ d’activités. Un programme de mammographie gratuite étalé sur huit ans a ainsi été instauré à l’intention des femmes issues de familles nécessiteuses. Pour ce faire, l’ONG collabore avec des centres médico-sociaux à Borj Brajneh, Chiyah, Achrafieh, Bourj-Hammoud et Badaro. « Nous recevons de même, à l’association, des demandes personnelles pour une mammographie, remarque M. Frangié. Ce programme se poursuit dans l’optique d’éduquer les femmes et de les sensibiliser à la maladie. Mais il vise notamment à les habituer à ce rendez-vous annuel. » Un programme qui a bénéficié, à ce jour, à plus de 3 000 femmes.
Besoins financiers
Le rôle de Faire Face ne se limite toutefois pas à ces rencontres. L’ONG organise en effet des conférences dans les régions, offrant par la même occasion des mammographies gratuites, « toujours dans un but éducationnel ». Et depuis deux ans, des bénévoles de l’association assurent une présence auprès des patients dans le service d’oncologie de l’Hôtel-Dieu de France et accompagnent les patientes qui le désirent pour leurs séances de chimiothérapie ou de radiologie.
« Nous rencontrons un problème au niveau des volontaires, parce que les personnes qui désirent apporter leur soutien se font rares », déplore Mme Frangié. Et de poursuivre : « Nous rencontrons également des problèmes d’ordre financier. Nous avons la possibilité d’assurer une plus grande couverture, mais nous manquons malheureusement de moyens. Malgré cela, nous avons commencé, il y a un an, à couvrir le prix de certains médicaments utilisés dans le traitement, comme les antiémétiques. Si le budget s’améliore, nous allons pouvoir accorder plus d’argent aux aides ponctuelles, parce que les demandes que nous recevons sont de plus en plus d’ordre financier. Les personnes aisées viennent nous consulter pour un soutien moral. Mais les personnes défavorisées ont besoin de l’argent, sinon elles ne pourraient pas lutter contre la maladie. Et bien que les tiers payants publics couvrent 90 % de la facture hospitalière, la différence à payer reste exorbitante. Sans oublier les accidents de parcours ou les problèmes occasionnés par la maladie, un arrêt de travail, une reconstruction mammaire, l’achat d’une perruque, etc. En réalité, les problèmes psychiques sont liés à la situation financière. »
Quand l’aide de l’association est-elle recherchée ? « Les patientes nous contactent généralement au début, lorsqu’elles apprennent le diagnostic, constate Mme Frangié. À ce stade, la patiente est complètement perturbée. Et c’est à ce moment-là que les “survivantes” sont d’une grande utilité. Les patientes ne sont pas régulières. Elles viennent tant qu’elles ont besoin de notre soutien. Parfois, il leur suffit de nous appeler et de discuter de leur problème au téléphone. Nous avons, dans cet objectif, mis à la disposition des patientes et de leurs familles une hotline : 03/295965. »
Pour pouvoir financer ses activités, Faire Face compte sur les donateurs. Elle organise également un événement annuel. Cette année, elle présente la pièce de théâtre Oscar de Claude Magnier (adaptation et mise en scène de Marion Guerraz) le samedi 9 décembre, à 20h30, au théâtre al-Madina.
Les dons peuvent également se faire sur tous les guichets de la Bank Audi au nom de l’association Faire Face, numéro de compte : 316480461.
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À l’origine de cette ONG, une dame française, mariée à un Libanais. « Atteinte d’une tumeur au sein, elle a été se faire soigner en France, où elle a été visitée, sur son lit d’hôpital, par des bénévoles qui lui tenaient compagnie et lui expliquaient les étapes par lesquelles elle allait passer, explique Mme Anne Frangié, présidente de Faire Face. De retour au Liban, elle en parle à son médecin et, ensemble, ils ont l’idée de créer une association qui aurait pour rôle d’assurer un soutien moral aux patientes, en créant un lieu de rencontre, ainsi qu’aux familles et amis. »
Plusieurs femmes, la...