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Actualités - Opinion

Tous les espoirs placés dans les tractations en coulisses

Tant qu’il y a de la vie (politique), il y a de l’espoir. Malgré les chants funèbres du devant de scène, cette pulsion continue à se manifester dans les coulisses. Dans les coups de fil entre adversaires, dans les rencontres de couloir, ou dans des boudoirs qui reçoivent de discrets émissaires. Il y a donc des tractations fébriles. Auxquelles contribuent quelques diplomates étrangers qui, depuis plusieurs mois déjà, tentent de calmer le jeu. Notamment, pour tout dire, entre chiites et sunnites. Des formules de solution fusent de toutes parts. Émanant aussi bien des protagonistes que des médiateurs. Les idées sont connues. Mais les mécanismes de leur adoption ou de leur rejet ne sont pas encore au point, tant s’en faut. C’est ce qui explique que, d’un commun accord, les intéressés gardent le secret sur le déroulement des pourparlers. Et on ne sait même pas qui, par exemple, s’occupe de traiter du tribunal, et qui d’autre négocie au sujet du cabinet. La discrétion s’impose en tout cas. D’une part, par souci d’efficacité, car des fuites pourraient tout compromettre. D’autre part, parce que les modérés des deux camps en présence, qui conversent entre eux, ne tiennent pas à fâcher les radicaux qui tiennent le haut du pavé. Mais ne tiennent pas à rétablir les ponts. En poussant même à l’escalade, en appelant à une mobilisation de rue. Concession Quoi qu’il en soit, parmi les projets de compromis défendus par des minoritaires toujours attachés au cabinet d’union, on peut citer la proposition de confier le tiers de blocage à des indépendants et des technocrates. Plus exactement, de le faire dépendre de tels éléments. En pratique, cela signifierait que s’il faut dix ministres pour constituer un tel tiers, il y en aurait par exemple huit ou neuf opposants, et un ou deux non engagés. La minorité renoncerait de la sorte à la possibilité de garder pratiquement le gouvernement sous sa coupe, en menaçant de le faire sauter à tout moment. Mais, suivant les thèmes et les occasions, elle garderait quand même latitude de se gagner parfois l’appui des indépendants en question, pour faire jouer le blocage. Rejet Ce n’est cependant pas pour cette raison que la majorité de son côté, modérés compris d’ailleurs, rejette l’idée même d’un tiers de blocage, quelle que soit la forme qu’on pourrait lui donner. C’est par principe démocratique et constitutionnel. C’est, aussi parce qu’elle veut que l’État puisse être activé, donc gouverné, sans l’ombre d’une entrave. Sans compter qu’elle ne tient pas à ce que la minorité continue à mener le bal à sa guise tant qu’on ne se sera pas entendu sur la présidentielle. Et tant qu’on n’aura pas approuvé le statut du tribunal à caractère international. Les majoritaires confirment qu’ils n’ont pas du tout l’intention de rester les bras croisés face aux offensives des prosyriens. Cette détermination semble produire quelques effets. Ainsi, des syndicalistes relevant du 8 Mars croient pouvoir indiquer que l’opposition va y réfléchir à deux fois avant de recourir à la rue. Parce qu’elle se dit que les loyalistes, qui affichent tant de résolution, pourraient en faire autant. Les majoritaires ajoutent qu’ils ne vont pas céder au chantage ni laisser l’épée de Damoclès suspendue au-dessus de leur tête. Ils refusent catégoriquement et le tiers de blocage et le droit de veto aux communautés. Ils refusent de même d’entendre parler d’un nouveau système biffant Taëf. Enfin, les majoritaires soulignent que la Constitution définit clairement les conditions dans lesquelles un gouvernement peut tomber. Ils considèrent la voie suivie par les prosyriens à cet effet comme inadmissible. Tout autant que l’affirmation que le gouvernement n’est plus légal ou légitime. Les allégeances Mais quels sont donc les objectifs et les motivations du Hezbollah ? Son leader, sayyed Hassan Nasrallah, dans un aveu direct, est allé jusqu’à déclarer que la guerre livrée l’a été par procuration de la « oumma ». Un terme arabe que l’on peut traduire par nation. Mais qui désigne, le plus souvent, un ensemble plus grand que le pays même, communément dénommé « watan » ou « bilad ». Bref, on se demande de quelle « oumma » Nasrallah parle. Du monde arabe ou islamique ? Ou de l’axe syro-iranien ? Et jusqu’où va, selon lui, le mandat ainsi reçu ? En d’autres termes, quel est son projet politique ? Son parti soutient qu’il va garder son armement jusqu’à la conclusion d’un règlement régional. Tout en précisant que pour sa part, il refuse la paix avec Israël et qu’il veut conserver son arsenal tant qu’il y aura un risque d’agression israélienne. C’est-à-dire tant qu’Israël subsistera. Est-il acceptable que le plus petit pays, le maillon faible, continue à supporter seul, indéfiniment, le joug du conflit régional. Tandis que le Golan reste calme… Est-il admissible que certains continuent à agir pour servir les intérêts d’autrui, de la Syrie et de l’Iran notamment, aux dépens de leur propre pays ? Ce dont l’affaire du tribunal international reste un exemple frappant. Philippe ABI-AKL

Tant qu’il y a de la vie (politique), il y a de l’espoir. Malgré les chants funèbres du devant de scène, cette pulsion continue à se manifester dans les coulisses. Dans les coups de fil entre adversaires, dans les rencontres de couloir, ou dans des boudoirs qui reçoivent de discrets émissaires. Il y a donc des tractations fébriles. Auxquelles contribuent quelques diplomates étrangers qui, depuis plusieurs mois déjà, tentent de calmer le jeu. Notamment, pour tout dire, entre chiites et sunnites. Des formules de solution fusent de toutes parts. Émanant aussi bien des protagonistes que des médiateurs. Les idées sont connues. Mais les mécanismes de leur adoption ou de leur rejet ne sont pas encore au point, tant s’en faut. C’est ce qui explique que, d’un commun accord, les intéressés gardent le secret sur le...