C’est un Tarek Mitri parfaitement déterminé à mettre les points sur les « i » qui a répondu hier aux dernières prises de position de Michel Aoun. « L’inquiétude des Libanais augmente jour après jour à cause des appels à la mobilisation et du crescendo d’accusations proférées par certains ; ces Libanais se demandent bien où ces derniers veulent en venir, sachant pertinemment que cette façon de faire n’est pas le simple reflet de la division politique, mais qu’elle en augmente surtout l’intensité », a commencé par dire le ministre de la Culture dans un communiqué. « (Avant-hier) le général Aoun en a eu de durs et calomnieux propos, qui me concernaient à moi et à certains de mes collègues », a-t-il indiqué, déplorant les réactions intempestives et les mises en garde de l’ancien Premier ministre. « Je ne peux que souhaiter qu’il repense à ce qu’il a dit, par respect pour ce que les gens savent, pour leur mémoire, et pour les usages de la praxis politique démocratique. Tout le monde sait que je n’ai pas participé au gouvernement en tant que représentant d’une partie donnée pour ensuite me retourner contre elle. Lorsqu’un accord a été fait sur ma nomination, elle a été inconditionnelle, et, dans tous les cas, je n’aurais accepté aucune condition », a souligné le ministre Mitri.
« Le général Aoun sait que je suis indépendant, même si je n’ai pas été neutre dès qu’il s’est agi de dossiers nationaux. Si seulement il savait aussi que le nombre d’indépendants, parmi les Libanais, en général, et les chrétiens, en particulier (et notamment la communauté à laquelle j’appartiens), est bien plus élevé que ce que laissent entrevoir ses discours et ses vœux… », a-t-il poursuivi, rappelant au député du Kesrouan qu’un ministre, même s’il n’est pas député, n’est pas dénué de représentativité. « Mais il est une chose bien plus importante que tout cela : le besoin et la nécessité qui sont les nôtres d’un peu plus de hauteur en politique, que ce soit dans les propos ou dans les actes. Ce qui compte, c’est l’attachement de chacun au bien public », a conclu le ministre de la Culture. Signalons que Tarek Mitri a reçu l’ambassadeur du Brésil, Eduardo Augusto Ipiatina de Seixas, qui a révélé que Rana Koleilate avait demandé l’asile politique au Brésil et que cette requête est actuellement sous étude.
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