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Les relations franco-turques à l’épreuve après le gel de la coopération militaire

Le gel de la coopération militaire de la Turquie avec la France, annoncé par l’armée à Ankara, traduit la dégradation du climat entre les deux pays, mais ne devrait avoir, selon Paris, que des effets limités. Cette suspension, première mesure de rétorsion après le vote par l’Assemblée nationale française en octobre d’une proposition de loi réprimant la négation du génocide des Arméniens en 1915, survient dans le contexte déjà tendu des difficiles négociations d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. Le porte-parole du ministère français de la Défense, Jean-François Bureau, a assuré hier que l’annonce faite par le chef de l’armée de terre turque, le général Ilker Basbug, n’était pas « le signe d’une crise ou d’une difficulté majeure » avec Ankara. Sur le plan pratique, Paris envisage des effets limités sur la coopération militaire bilatérale, sans conséquence pour les opérations multinationales où les deux pays sont présents (Afghanistan, Bosnie, Kosovo, Liban, République démocratique du Congo). Paris a également cherché à minimiser la portée des déclarations du général Basbug, soulignant qu’il s’était exprimé de manière « informelle » à une réception. Les menaces contre les achats de matériel militaire, que le général Basbug n’a pas mentionnées, existent, mais ne sont pas nouvelles, fait-on valoir à Paris. Mais quelles que soient ses conséquences pratiques, la mauvaise humeur des militaires turcs s’inscrit sur fond de malaise croissant et de polémiques à répétition entre Paris et Ankara, qu’il s’agisse de l’Europe ou de la question arménienne. L’entrée de la Turquie dans l’UE est devenue un thème récurrent du débat français, tandis que le désenchantement vis-à-vis de l’Europe et le mécontentement à l’égard de la France progressent en Turquie. « La France est en train de devenir un bouc émissaire pour les Turcs dans un contexte de surenchère nationaliste, tout comme la Turquie est devenue un bouc émissaire en France sur l’élargissement de l’UE », relève Dorothée Schmid, spécialiste de la Turquie à l’Institut français des relations internationales (IFRI). Le président Jacques Chirac avait provoqué la colère d’Ankara pendant une visite fin septembre en Arménie, où il a estimé que la Turquie devrait reconnaître le génocide arménien si elle voulait entrer dans l’UE. La polémique s’était aggravée avec le vote quelques jours plus tard par l’Assemblée nationale française d’une loi punissant toute négation de ce génocide.

Le gel de la coopération militaire de la Turquie avec la France, annoncé par l’armée à Ankara, traduit la dégradation du climat entre les deux pays, mais ne devrait avoir, selon Paris, que des effets limités.
Cette suspension, première mesure de rétorsion après le vote par l’Assemblée nationale française en octobre d’une proposition de loi réprimant la négation du génocide des Arméniens en 1915, survient dans le contexte déjà tendu des difficiles négociations d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne.
Le porte-parole du ministère français de la Défense, Jean-François Bureau, a assuré hier que l’annonce faite par le chef de l’armée de terre turque, le général Ilker Basbug, n’était pas « le signe d’une crise ou d’une difficulté majeure » avec Ankara.
Sur le plan pratique, Paris...