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Actualités - Opinion

L’axe syro-iranien résolu à détruire le temple libanais

«Al âti aazam. » Ce qui est à venir est encore plus redoutable, dit l’adage. Au stade présent, il y a retrait des ministres chiites. Mais l’axe syro-iranien ne s’en tient pas là. Il poursuit l’exécution d’un plan visant à plonger le Liban dans le vide et l’anarchie, poussant l’attaque de paralysie jusqu’à s’opposer à ce que le gouvernement expédie les affaires courantes, en soutenant que le cabinet, tout à fait tombé à ses yeux, est désormais illégal autant qu’illégitime. Cela, après avoir échoué à imposer le tiers de blocage en vue d’ailleurs d’une implosion de la formule de manière à défaire pour de bon le 14 Mars, et à se défaire de la majorité en menaçant de recourir à la rue pour forcer des législatives anticipées, produisant ensuite un président de la République malléable sous le couvert fallacieux de réaliser l’union nationale, alors qu’elle est la cible même des machinations en question. Pour parachever leur action de déstabilisation, l’axe et ses affidés protestent donc contre le maintien d’un gouvernement au sein duquel la communauté chiite n’est pas représentée et ne participe pas aux décisions concernant notamment le tribunal international, bête noire de Damas. Ils en prendraient prétexte pour mobiliser les masses dans l’espoir que le cabinet chuterait enfin et que l’anarchie se propagerait. La rue semble donc appelée à réussir là où la tactique politique du tiers de blocage a échoué. Évidemment, l’axe prévoit l’extension des troubles à travers une contre-mobilisation de la rue par le 14 Mars en vue de forcer le départ de M. Émile Lahoud qui bloque la machine étatique en violant la Constitution. Tandis que, parallèlement, l’idée d’une pétition parlementaire réclamant la démission de l’intéressé, présentée par le député Ghassan Tuéni, fait son chemin. La majorité reste en effet convaincue que la solution passe nécessairement, d’abord, par le sommet de la pyramide et non par le gouvernement, quelle qu’en soit la composition. Sommet religieux ? Or la transposition du conflit au niveau de la rue entraînerait, sans aucun doute, une perte incommensurable pour tous les Libanais. Le danger est tel que les chefs spirituels songeraient à tenir un sommet, clôturé par un manifeste solennel, pour le prévenir en faisant peut-être valoir que c’est Israël qui tirerait profit, en premier lieu, de l’éclatement de l’union nationale et de la destruction du Liban. L’État hébreu a, en effet, son propre plan : disloquer les autres pays de la région en mini-États confessionnels ou ethniques, rendus impuissants face à sa puissance. Les vues et les visées de Damas Mais, indépendamment des remarques que les chefs spirituels pourraient ou non avancer, l’autre partie avantagée par une perdition libanaise serait naturellement la Syrie. Du moins dans l’optique de son commandement actuel qui pourrait espérer alors rétablir son influence, voire sa tutelle au Liban dont l’effondrement ne lui importe pas, son objectif principal étant d’empêcher la formation du tribunal à caractère international et de bloquer en même temps la résolution 1701 qui lui impute la responsabilité de l’armement du Hezbollah et des organisations palestiniennes placées sous sa coupe. Et qui veut l’obliger à établir des relations diplomatiques avec ce pays, ainsi qu’à accepter un tracé de frontières incluant Chebaa. Sans compter que l’application de cette 1701 faciliterait l’édification d’un État libanais capable, fort, souverain et indépendant, alors que dans son idéologie, Damas n’y voit qu’une province rebelle en souhaitant du reste la récupérer pour mieux contrer les États-Unis. Ce qui constituerait une contre-pression de poids profitant largement à l’allié iranien dans sa course pour devenir une puissance nucléaire, grâce à l’enrichissement de l’uranium et pour renforcer de la sorte ses positions régionales, en vue de promouvoir son projet islamique, en battant le projet américain. Dans cette perspective, l’axe syro-iranien cherche à provoquer un vide au niveau de toutes les institutions libanaises par la propagation d’une anarchie politique, sécuritaire et économique, éventuellement à travers la chute du gouvernement, même au prix du départ de M. Lahoud, qui ouvrirait la voie à l’élection d’un successeur favorable à l’axe. Risques En laissant aux prosyriens et à leurs alliés le bénéfice du doute, on peut estimer que la démission des ministres chiites ne vise ni le tribunal, ni la 1701, ni Paris III. Mais alors, en bonne logique, l’opposition devrait laisser le jeu suivre son cours suivant les règles constitutionnelles. Si elle court après la chute du gouvernement, il lui faut poser la question de confiance à la Chambre. Ou alors, suivant le conseil du président Berry, œuvrer à rétablir les ponts et la confiance. Mais surtout ne pas recourir à la rue parce que cela serait la perte garantie du Liban économique, déjà exsangue. Sans compter la mise sérieuse en danger de la paix civile car, avec le noyautage par des éléments provocateurs, nul ne peut assurer que des manifestations et contre-manifestations resteraient pacifiques. On sait trop bien ce qui s’était passé à Achrafieh le 5 janvier. Les agressions contre les biens et les personnes seraient cette fois généralisées. Émile KHOURY
«Al âti aazam. » Ce qui est à venir est encore plus redoutable, dit l’adage. Au stade présent, il y a retrait des ministres chiites. Mais l’axe syro-iranien ne s’en tient pas là. Il poursuit l’exécution d’un plan visant à plonger le Liban dans le vide et l’anarchie, poussant l’attaque de paralysie jusqu’à s’opposer à ce que le gouvernement expédie les affaires courantes, en soutenant que le cabinet, tout à fait tombé à ses yeux, est désormais illégal autant qu’illégitime. Cela, après avoir échoué à imposer le tiers de blocage en vue d’ailleurs d’une implosion de la formule de manière à défaire pour de bon le 14 Mars, et à se défaire de la majorité en menaçant de recourir à la rue pour forcer des législatives anticipées, produisant ensuite un président de la République malléable...