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Actualités - Chronologie

Position 6-50, les Casques bleus français le nez sur la ligne bleue

De la position 6-50, les Casques bleus français embrassent les vergers israéliens en contrebas : la ligne bleue tracée par l’ONU pour délimiter la frontière avec le Liban, matérialisée par des barbelés et une clôture, passe à 30 m, rapporte l’AFP dans un reportage signé Anne Chaon. De leur poste de guet, jumelles au cou et fusil d’assaut en bandoulière, les hommes aperçoivent au-delà du no man’s land, derrière le grillage, les patrouilles israéliennes. « On les voit régulièrement passer d’est en ouest », explique le lieutenant Champy qui commande la position de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul). Cet avant-poste, français depuis fin septembre, était tenu jusqu’alors par le contingent ghanéen. Une trentaine d’hommes et trois petits transports de troupe blindés (des AMX-10) de la 3e compagnie de combat du régiment du Tchad y surveillent jour et nuit un secteur de 4 km de long sur trois de large. À quelques centaines de mètres plus bas, dans le vallon, l’armée israélienne, lancée à la poursuite du Hezbollah après la capture de deux de ses soldats, a découpé cet été la clôture en deux points pour faire entrer ses chars au Liban. Dans les collines couvertes de broussailles et d’oliviers, deux traînées d’herbe fraîchement repoussée et déminées témoignent encore de leur passage. Tout au long de la petite route qui monte jusqu’au poste 6-50, à moins de 3 km du village de Yaroun, des panneaux rouges signalent le danger persistant des mines disséminées jusqu’en 2000 par les Israéliens. Après leur retrait, en 2000, la zone est devenue le territoire du parti de Dieu. Une petite pancarte en interdit encore théoriquement l’accès : « Danger – Entrée interdite – Terrain militaire du Hezbollah ». Les Français n’y avaient guère prêté garde. Les chars Leclerc « De toute façon, on ne voit guère de monde par ici, commente l’officier français, un ancien des forces de l’Otan au Kosovo. La position est trop proche de la frontière et trop éloignée du village. » La France occupe désormais six postes dans le sud du Liban. Elle compte 1 600 hommes, dont la force de réaction rapide au sein de la Finul renforcée. Mais la présence des chars Leclerc, bruyants monstres de 56 tonnes, repeints en blanc à leur arrivée à Beyrouth, doit se montrer dissuasive, espère le chef de patrouille Laurent Naturel juché sur l’un d’entre eux à l’entrée de la localité de Kounine, entouré de quatre adolescents rigolards. « Ces chars, c’est le symbole de la transition entre la Finul 1 et la Finul 2 », estime-t-il. Entre une force de 2 000 hommes au mandat incertain, dont les Libanais jugent qu’elle les a trop souvent laissés tomber, et une promise à 15 000 troupes, au mandat revitaminé. Le convoi, deux Leclerc et un AMX-10 de la position 6-44, près de Bint Jbeil, passe en rugissant sur les routes étroites et suscite encore l’étonnement dans les villages. « Les gens sont impressionnés par la taille, mais rassurés sans doute par la couleur. Jusqu’ici, les seuls chars qu’ils avaient vus étaient des Merkava », les chars israéliens, reprend le chef Naturel. Les quelques manifestations d’hostilité, qui vont jusqu’au jet de pierres, émanent essentiellement des 15-25 ans, indique-t-il. Des garçons nés sous occupation israélienne et qui glorifient aujourd’hui la « victoire divine » du Hezbollah face à la principale puissance armée de la région. Les patrouilles, poursuit-il, n’ont pas à ce jour rencontré de Hezbollah. « Du moins pas revendiqué comme tel. » Leur mandat ne consiste d’ailleurs pas à les désarmer ni à chercher les caches d’armes, insiste-t-il. « Sauf si l’armée libanaise demandait notre soutien. »
De la position 6-50, les Casques bleus français embrassent les vergers israéliens en contrebas : la ligne bleue tracée par l’ONU pour délimiter la frontière avec le Liban, matérialisée par des barbelés et une clôture, passe à 30 m, rapporte l’AFP dans un reportage signé Anne Chaon.

De leur poste de guet, jumelles au cou et fusil d’assaut en bandoulière, les hommes aperçoivent au-delà du no man’s land, derrière le grillage, les patrouilles israéliennes.
« On les voit régulièrement passer d’est en ouest », explique le lieutenant Champy qui commande la position de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul).
Cet avant-poste, français depuis fin septembre, était tenu jusqu’alors par le contingent ghanéen. Une trentaine d’hommes et trois petits transports de troupe blindés (des AMX-10)...