Deux matchs lamentables en qualifications de l’Euro 2008 de football, sanctionnés d’un nul face à la Macédoine (0-0) et d’une défaite en Croatie (0-2), font du sélectionneur anglais Steve McClaren la cible de vives critiques, trois mois après ses débuts.
« Cela va aller » (« We’ll be OK »). La une surréaliste du site internet de la Fédération anglaise (FA) après la débâcle de Zagreb, reprenant les propos de McClaren, emprunte à la méthode Coué plus qu’aux faits.
Ce volontarisme n’a pas contaminé les supporteurs qui ont clos leur déplacement à Zagreb par des chants peu affectueux : « Quel gâchis d’argent », « Vous ne méritez pas de porter le maillot ».
Le scepticisme avait accueilli le choix du successeur du Suédois Sven Goran Eriksson. Candidat par défaut, son atout était d’être le seul entraîneur anglais en activité doté d’un palmarès, aussi ténu soit-il : la Coupe de la Ligue avec Middlesbrough (2004).
Trois victoires sans encaisser de but ont offert un répit à l’adjoint devenu patron. On en oubliait qu’elles avaient été obtenues contre une équipe grecque en perdition, Andorre et la Macédoine.
La « faillite du système », dessinée contre la Macédoine et éclatante à Zagreb, est imputée à McClaren et à sa décision de mettre en place une défense à trois inédite. L’ancien international Jamie Redknapp s’en étrangle : « On essaye un nouveau système contre Andorre. Pas contre la Croatie. »
Le Croate Slaven Bilic donne le coup de pied de l’âne : « Je sais que McClaren aime expérimenter. Mais arrêtons de plaisanter ! Vous pouvez faire des expériences en championnat, pas en match international. »
La crise est plus profonde qu’un mauvais schéma tactique. Zagreb apprend à l’Angleterre qu’elle n’est pas l’immense favorite de son groupe et lui confirme qu’après un Mondial déprimant, elle est devenue une sélection de second ordre, dissimulant ses doutes derrière les propos martiaux.
Avant le match, McClaren s’est réfugié dans le jingoïsme, parlant de « caractère, de fierté, de passion, d’attitude, de performance anglaise ». Le capitaine John Terry a prononcé dans le vestiaire un discours aux accents churchilliens. Il y eut effectivement du sang et des larmes. Pour ce qui est de la victoire finale, on repassera...
Robinson dans la lignée...
La monumentale bourde de Paul Robinson sur le second but est venue rappeler le problème récurrent des gardiens. « Dieu du ciel ! Avez-vous déjà vu ça ? » s’est effondré le commentateur télé. Pas à ce point, mais presque. Il semble aussi peu envisageable de se couvrir de gloire avec Robinson dans les buts que ça l’était avec David Seaman ou David « Calamity » James.
Confrontée à des attaquants de niveau mondial, l’étanchéité de l’autoproclamée « meilleure défense du monde » a fait long feu. Sur le second but, il y avait deux Croates et sept Anglais dans la surface. Et c’est le Croate Da Silva qui a repris le centre de la tête...
Au milieu, Michael Carrick ne rate pas beaucoup de passes, mais elles sont en retrait ou latérales. Steven Gerrard (suspendu mercredi) et Frank Lampard traînent leur mal-être. Il va être difficile pour McClaren de continuer à défendre la seule décision significative de sa « nouvelle ère », l’éviction de David Beckham, qui, lui, sait centrer.
Devant, les Anglais ont tiré quatre fois moins que les Croates, n’ont cadré que deux tentatives... Peter Crouch ne marque que contre la Jamaïque ou Andorre, Wayne Rooney est l’ombre du phénomène qu’il a été.
Si le cauchemar se poursuit en mars en Israël, le destin de McClaren ressemblera plus à celui de l’éphémère Kevin Keegan (18 matchs), qu’à celui d’Alf Ramsey, champion du monde 1966.
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« Cela va aller » (« We’ll be OK »). La une surréaliste du site internet de la Fédération anglaise (FA) après la débâcle de Zagreb, reprenant les propos de McClaren, emprunte à la méthode Coué plus qu’aux faits.
Ce volontarisme n’a pas contaminé les supporteurs qui ont clos leur déplacement à Zagreb par des chants peu affectueux : « Quel gâchis d’argent », « Vous ne méritez pas de porter le maillot ».
Le scepticisme avait accueilli le choix du successeur du Suédois Sven Goran Eriksson. Candidat par défaut, son atout était d’être le seul...