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Iran Les ultraconservateurs cherchent à renforcer leur pouvoir

Les ultraconservateurs iraniens, proches du président Mahmoud Ahmadinejad, cherchent à renforcer encore leur pouvoir lors des élections du 15 décembre en prenant le contrôle de l’Assemblée des experts chargée de superviser l’action du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei. Alors que les réformateurs semblent démoralisés, Akbar Hachémi Rafsandjani, un conservateur pragmatique ainsi que Mohammad Taghi Mesbah Yazdi, considéré comme le protecteur du président Mahmoud Ahmadinejad et qui mènera les ultraconservateurs, seront les deux principales personnalités du scrutin. « Il y aura d’un côté une coalition dont le point de jonction sera Rafsandjani, comprenant une partie du clergé traditionnel, les modérés et les réformateurs et de l’autre les ultraconservateurs menés par l’ayatollah Mohammad Taghi Mesbah Yazdi », déclare à l’AFP l’analyste Saïd Leylaz. « Il y a une réelle inquiétude dans une partie du clergé traditionnel face aux ultras, qui soutiennent le président Mahmoud Ahmadinejad », a-t-il ajouté. « S’ils prennent le contrôle de l’Assemblée des experts, ils vont encore renforcer leur position dans les institutions du pouvoir », estime M. Leylaz. Lors de la présidentielle de 2005, M. Rafsandjani a subi une cuisante défaite face à Mahmoud Ahmadinejad. Il avait dénoncé une campagne de dénigrement de la part des ultras. Le Conseil des gardiens de la Constitution, contrôlé par les ultraconservateurs, doit approuver les 495 candidats inscrits. Mais par le passé, ce Conseil a rejeté la candidature de nombreux réformateurs ou modérés. L’Assemblée des experts, qui compte 86 membres, est élue au scrutin uninominal direct tous les huit ans. Elle est officiellement chargée de superviser l’activité du guide suprême, la plus haute autorité de l’État, de le démettre s’il ne peut remplir ses fonctions et de désigner son successeur en cas de décès. « Si les amis de Mesbah Yazdi prennent le contrôle de l’Assemblée des experts, les conservateurs auront parachevé leur victoire après avoir remporté les municipales de 2002, les législatives de 2004 et la présidentielle de 2005 », affirme pour sa part un journaliste iranien. « Ils pourront radicaliser encore la politique du pays car ils supervisent l’action du guide suprême », ajoute-t-il. L’analyste politique conservateur, Amir Mohébian, minimise toutefois la confrontation entre Rafsandjani et Mesbah Yazdi. Il explique que même si Rafsandjani est soutenu par les réformateurs et modérés, il figure également une liste conservatrice, celle de l’Association du clergé combattant, où est aussi inscrit Yazdi. Dans le système électoral iranien, un candidat peut être soutenu par plusieurs listes différentes. « Des religieux proches de Mesbah Yazdi pourront faire leur entrée à l’Assemblée des experts, mais en tout état de cause ils n’auront pas la majorité », estime-t-il aussi. La récente empoignade entre modérés et conservateurs à propos d’une lettre de l’imam Khomeyni, fondateur de la République, sur les circonstances mettant fin à la guerre Iran-Irak est le signe des tensions politiques grandissantes. Dans cette lettre publiée par le bureau de M. Rafsandjani, l’imam explique que faute de moyens pour continuer la guerre et en l’absence de perspective de victoire, il accepte le cessez-le-feu avec l’Irak. Perçue comme une volonté de souligner la nécessité de mener une politique réaliste à l’égard de la communauté internationale, notamment dans l’affaire nucléaire, cette lettre a été violemment dénoncée par les ultraconservateurs. Le président Ahmadinejad est intervenu personnellement pour en dénoncer la publication. Cette polémique laisse présager un débat pour le moins dur lors de la campagne électorale. Siavosh GHAZI (AFP)
Les ultraconservateurs iraniens, proches du président Mahmoud Ahmadinejad, cherchent à renforcer encore leur pouvoir lors des élections du 15 décembre en prenant le contrôle de l’Assemblée des experts chargée de superviser l’action du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei.
Alors que les réformateurs semblent démoralisés, Akbar Hachémi Rafsandjani, un conservateur pragmatique ainsi que Mohammad Taghi Mesbah Yazdi, considéré comme le protecteur du président Mahmoud Ahmadinejad et qui mènera les ultraconservateurs, seront les deux principales personnalités du scrutin. « Il y aura d’un côté une coalition dont le point de jonction sera Rafsandjani, comprenant une partie du clergé traditionnel, les modérés et les réformateurs et de l’autre les ultraconservateurs menés par l’ayatollah Mohammad Taghi...