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Actualités - Opinion

L’illusion de la « troisième voie »

Cette confusion de voix politiques contradictoires, nous la vivons dans nos esprits et nos cœurs, et c’est ce qui rend particulièrement pénible cette phase politique. Voilà le véritable crime qui se commet contre le Liban et sa génération montante. Et le plus navrant, c’est que cette confession, un homme qui, par définition, aurait dû nous rassurer et nous donner confiance, puisqu’il a contribué à la fin de la tutelle syrienne et à l’adoption de la résolution 1559, y contribue. Or depuis son retour au Liban, le général Michel Aoun ne semble avoir d’autre chose à faire que de saper le moindre début de confiance que nous pourrions avoir dans ce gouvernement… tant qu’il ne s’y trouve pas. À ses yeux, ce gouvernement ne jouit d’aucun crédit. Il allait, voici deux jours, jusqu’à lui reprocher de n’avoir pas tenu parole dans son programme d’asphaltage des routes ! Comme s’il n’avait pas vu, à la télévision, l’asphalte pulvérisé par les bombes israéliennes, comme si nous avions vécu un été normal, comme si le Liban n’avait pas failli être balayé. Et voilà que, ce même jour, le patriarche grec-catholique, Grégoire III, lançait son cri d’alarme contre l’émigration massive d’une jeunesse chrétienne dégoûtée par ses chefs, écœurée par le spectacle que donne d’elle-même la caste politique et, faut-il le dire, l’écho qu’elle trouve dans une certaine presse qui s’est fait la complice de ce travail de sape insensé. Personne n’a vraiment réagi à l’outrance quand, au sortir de la guerre, Bachar el-Assad lançait ses flèches empoisonnées et accusait les forces du 14 Mars de collusion avec Israël. Aujourd’hui, tout le monde, y compris Michel Aoun, se joint au concert pour demander, sinon le départ de Fouad Siniora, du moins le blocage de son pouvoir, alors même que nous nous trouvons en présence de l’un des meilleurs chefs de gouvernement que le Liban ait connu. Que l’homme du 13 octobre finisse, d’une certaine manière, par faire le jeu de la Syrie, voilà ce qui décourage, voilà ce qui pousse les jeunes à partir. Que l’homme du 24 mai 2000 ait fourni aux Israéliens le prétexte pour balayer des dizaines d’années d’efforts de reconstruction, voilà ce qui désole. Que l’homme des rafles d’août 2001 donne aujourd’hui des leçons de démocratie, voilà ce qui indigne. Non pas que le gouvernement de Fouad Siniora soit idéal. Il est loin de l’être, comme le prouve bien – dernière en date – la malheureuse bavure de Raml el-Aali. Mais enfin, avons-nous d’autre choix que de résister de toutes nos forces à son départ, quand l’alternative est de replacer le Liban, sous une forme ou une autre, sinon sous la tutelle directe de Damas, du moins dans l’orbite de Damas et Téhéran ? Quand l’alternative est de revoir nos institutions vidées de leur substance, comme elles l’ont été durant trente ans, de revoir nos députés humiliés et nos ministres et présidents nommés, et de voir le rêve de la souveraineté s’évanouir. Certes, notre principal allié, dans le combat pour la souveraineté, les États-Unis, est bien encombrant, mais en nous y prenant bien, on pourra toujours le forcer à nous écouter, comme Fouad Siniora l’a fait en pleine guerre, et l’Europe et certains États arabes seront toujours là pour contrebalancer cette hégémonie qu’il tente, sans aucune grâce, d’exercer. Mais ne nous faisons pas d’illusions, au point où nous en sommes, et on le regrette pour Salim Hoss, il ne peut y avoir de « troisième voie » et le principe évangélique se justifie pleinement : qui n’amasse pas avec le gouvernement actuel dissipe. Fady NOUN
Cette confusion de voix politiques contradictoires, nous la vivons dans nos esprits et nos cœurs, et c’est ce qui rend particulièrement pénible cette phase politique. Voilà le véritable crime qui se commet contre le Liban et sa génération montante. Et le plus navrant, c’est que cette confession, un homme qui, par définition, aurait dû nous rassurer et nous donner confiance, puisqu’il a contribué à la fin de la tutelle syrienne et à l’adoption de la résolution 1559, y contribue.
Or depuis son retour au Liban, le général Michel Aoun ne semble avoir d’autre chose à faire que de saper le moindre début de confiance que nous pourrions avoir dans ce gouvernement… tant qu’il ne s’y trouve pas. À ses yeux, ce gouvernement ne jouit d’aucun crédit. Il allait, voici deux jours, jusqu’à lui reprocher de...