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Marché de l’immobilier Gemmayzé en danger

Pétitions, indignations, incompréhensions et écœurements, la nouvelle réglementation décidée par la Direction générale de l’urbanisme (DGU) début septembre pour sauvegarder le patrimoine urbain de Gemmayzé fait couler beaucoup d’encre. La raison est très simple puisque ce règlement ne va servir à rien car il exempt la construction d’une dizaine de projets immobiliers dans les secteurs de Saïfi, Gemmayzé et Sursock. Le comble est que cette réglementation avait été encouragée spécifiquement pour empêcher ces projets de voir le jour. La question est : pourquoi proposer une loi particulièrement pointue et restrictive pour protéger le cachet architectural et traditionnel d’un quartier, si on autorise dans le même temps la construction de plusieurs tours de 20 à 25 étages qui vont inévitablement défigurer le paysage ? Nous sommes au summum de l’illogisme. Avec ces tours résidentielles, le mal sera fait et la loi deviendra totalement inutile. Le problème est que la protection du patrimoine est le cadet des soucis de certains promoteurs qui, ironie du sort, ne manqueront pas de préciser dans leur brochure que leur projet est situé dans un quartier de charme avec des jardins, des anciennes maisons traditionnelles et des immeubles de caractère construits au début du XXe siècle. Incontestablement, la région de Gemmayzé est victime de son succès. Proche du centre-ville et bien situé au cœur de Beyrouth, le quartier offre un cadre agréable et atypique qui attire une clientèle locale et expatriée prête à payer un appartement au premier étage de 1 800 à 2 000 dollars le m2. À la vitesse où vont les choses, la construction de ces tours va totalement modifier le caractère traditionnel du quartier qui perdra alors progressivement l’image qui avait fait sa réputation. Le développement incontrôlé des restaurants et des pubs est un autre danger qui menace le quartier de Gemmayzé. Actuellement, plus de 40 établissements sont ouverts dont 70 % sont concentrés dans un petit périmètre, de l’enseigne française Paul au restaurant libanais Le Chef. La période de l’après-guerre n’a pas ralenti l’engouement des restaurateurs. À ce jour, Gemmayzé est devenu la première destination de la vie nocturne à Beyrouth. Cet essor occasionne plusieurs problèmes : – Les résidents à Gemmayzé sont exténués par la situation. La présence de centaines de noctambules entraîne des nuisances sonores. – Les loyers des emplacements commerciaux connaissent une inflation galopante. En quatre ans, ils ont augmenté de 250 %. Actuellement, les prix tournent pour des surfaces moyennes autour de 500 dollars le m2. – Il y a cinq ans, l’un des charmes de la rue Gouraud était son calme avec ses petites épiceries, ses anciens artisans et ses boutiques somnolentes. Aujourd’hui, cette carte postale a quasiment disparu. Les anciennes activités ont laissé place à des restaurants et des pubs qui se multiplient et se copient les uns les autres. À court terme, cette rue va rapidement arriver à saturation. Les embouteillages et le manque de places de stationnement sont des signes qui ne trompent pas. RAMCO 01/349910 mail@ramcolb.com

Pétitions, indignations, incompréhensions et écœurements, la nouvelle réglementation décidée par la Direction générale de l’urbanisme (DGU) début septembre pour sauvegarder le patrimoine urbain de Gemmayzé fait couler beaucoup d’encre. La raison est très simple puisque ce règlement ne va servir à rien car il exempt la construction d’une dizaine de projets immobiliers dans les secteurs de Saïfi, Gemmayzé et Sursock. Le comble est que cette réglementation avait été encouragée spécifiquement pour empêcher ces projets de voir le jour. La question est : pourquoi proposer une loi particulièrement pointue et restrictive pour protéger le cachet architectural et traditionnel d’un quartier, si on autorise dans le même temps la construction de plusieurs tours de 20 à 25 étages qui vont inévitablement défigurer...