J’ai passé mon brevet, je l’ai réussi et je n’en veux ni à ma famille ni à mon collège. Certes, je vous accorde le fait que cette institution qu’est le brevet libanais est plus une grosse blague qu’un examen sérieux. Je vous accorde la nonchalance des surveillants, leur libre arbitre douteux et leur passe-temps peu constitutionnel (voir l’opinion de Mia Jamhouri dans L’Orient-Le Jour du 14 septembre 2006).
Vous citez l’attitude des « pions ». Je tiens d’abord à préciser que les pions qui se voient attribuer l’habitacle de ma salle de classe pour fumoir agissaient de la même façon que ceux dont vous parlez. Mais ne pensez-vous pas une seconde que ces pauvres personnes, souvent mères de famille, se seraient rendu compte de la supercherie qu’est ce brevet et voudraient faciliter, dans la mesure du possible, l’acquisition de ce papier aux élèves sans lequel, précisons-le, ils ne peuvent être admis dans aucune université libanaise ? Il est clair qu’être trop bon c’est… mais dans le fond, elles croyaient bien faire.
Enfin, une chose m’échappe. Dans les quelques premières lignes de votre article, vous évoquez un marché conclu avec votre voisin. Matière pour matière. Je vous l’avoue tout de suite, je pense être aussi phobique que vous quant à l’histoire et à la géographie arabes. Comme vous, j’ai conclu ce marché et comme nous deux la majorité des jeunes brevetés libanais l’ont fait. On copiait et faisait copier, adhérant donc à ce système de vendu. Au diable l’honnêteté ! Au feu les valeurs essentielles ! À la guerre comme à la guerre, tous les coups sont permis. Vous avez donc sûrement excellé dans ces matières si effrayantes (remercions au passage ce pauvre Toufic, emblème d’un Liban trop longtemps corrompu, souvent détruit, pas assez rattrapé).
Au risque de vous décevoir, sachez que rien ne s’améliore avec l’âge. Cette société pourrie restera pourrie et notre cheval de bataille est trop petit pour envahir Athènes.
Jean-Georges PRINCE
J’ai passé mon brevet, je l’ai réussi et je n’en veux ni à ma famille ni à mon collège. Certes, je vous accorde le fait que cette institution qu’est le brevet libanais est plus une grosse blague qu’un examen sérieux. Je vous accorde la nonchalance des surveillants, leur libre arbitre douteux et leur passe-temps peu constitutionnel (voir l’opinion de Mia Jamhouri dans L’Orient-Le Jour du 14 septembre 2006).
Vous citez l’attitude des « pions ». Je tiens d’abord à préciser que les pions qui se voient attribuer l’habitacle de ma salle de classe pour fumoir agissaient de la même façon que ceux dont vous parlez. Mais ne pensez-vous pas une seconde que ces pauvres personnes, souvent mères de famille, se seraient rendu compte de la supercherie qu’est ce brevet et voudraient faciliter, dans la mesure du...
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