Les plus âgés se souviennent des vergers plantés d’oliviers, de vignes et de figuiers : un morceau de terre fertile, que les habitants de la bourgade de Chebaa espèrent toujours arracher à l’occupation israélienne, rapporte l’AFP dans un reportage signé Sylvie Groult.
« Nous espérons les retrouver ; cette terre, c’est notre âme », confie Jamal Nabaa, un apiculteur de 34 ans. Il a installé ses ruches à l’extérieur du bourg, tout près de la ligne bleue marquant la frontière entre le Liban et Israël, et veut croire à une reconquête pacifique des fermes de Chebaa.
Jamal est né après que l’armée israélienne eut pris, en 1967, le contrôle de ces parcelles cultivées, qui s’étendent sur quelque 25 kimomètres carrés, mais il y tient tout autant que ses voisins plus âgés.
Les habitants de Chebaa rêvent de leurs fermes perdues, scrutent la vallée au loin pour les apercevoir, se raccrochent à de vieux manuscrits pour en revendiquer la propriété ancestrale.
« À ma naissance, nous possédions des terres dans les fermes de Chebaa, raconte Afifé Nassayef, une petite femme de 70 ans coiffée d’un fichu noir. Nous y plantions du blé et des figues de Barbarie. Nous élevions des moutons. »
« Un jour, pendant que nous étions occupés à cueillir des olives, les Israéliens sont arrivés. Nous avons fui. » Afifé Nassayef n’a plus jamais revu les fermes où sa famille possédait, comme la moitié du village, le lopin de terre qui assurait sa subsistance.
L’État hébreu a conquis ce territoire aux confins du Liban, de la Syrie et d’Israël lors de son offensive sur le plateau syrien du Golan, pendant la guerre de 1967. Israël considère que la Syrie avait souveraineté sur les fermes, et y a étendu sa loi en 1981 lorsqu’il a annexé le Golan.
Mais le Liban estime que ces fermes se trouvent dans un secteur où la frontière libano-syrienne était mal définie. Et il les revendique depuis 2000, date du retrait israélien du Liban-Sud, que l’ONU a pourtant certifié comme complet.
Après le repli annoncé pour les jours à venir des troupes israéliennes entrées au Liban-Sud lors de leur dernière offensive, les fermes de Chebaa resteront l’ultime symbole d’occupation pour le Hezbollah, qui réclame toujours leur libération, par les armes s’il le faut.
Un retour à la case départ pour ce coin de terre, carrefour des tensions entre les trois pays et point de passage incontournable d’une paix durable.
« C’est un problème régional. C’est toute l’histoire des Palestiniens, de la Syrie, du Liban, d’Israël, résume le président du conseil municipal de Chebaa, Omar Zouheiri. Si l’ONU veut vraiment trouver une solution au problème du Hezbollah, elle doit en trouver une à celui des fermes. »
Le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, s’est dit prêt à discuter du statut des fermes de Chebaa si le Hezbollah est désarmé et si le territoire est reconnu comme libanais et non syrien.
L’ONU considère les fermes comme un territoire syrien, mais accepte l’idée qu’elles puissent être rendues au Liban. Elle devrait prochainement faire des propositions sur un tracé des frontières du Liban dans cette région.
Certains, comme le président de la municipalité de Chebaa, voient là un vague signe d’espoir, « un fil à dénouer » vers une solution. Mais il avertit aussitôt que « la lutte armée pour libérer des territoires occupés est un droit. S’il n’y a pas de solution diplomatique, nous n’aurons pas d’autre choix ».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les plus âgés se souviennent des vergers plantés d’oliviers, de vignes et de figuiers : un morceau de terre fertile, que les habitants de la bourgade de Chebaa espèrent toujours arracher à l’occupation israélienne, rapporte l’AFP dans un reportage signé Sylvie Groult.
« Nous espérons les retrouver ; cette terre, c’est notre âme », confie Jamal Nabaa, un apiculteur de 34 ans. Il a installé ses ruches à l’extérieur du bourg, tout près de la ligne bleue marquant la frontière entre le Liban et Israël, et veut croire à une reconquête pacifique des fermes de Chebaa.
Jamal est né après que l’armée israélienne eut pris, en 1967, le contrôle de ces parcelles cultivées, qui s’étendent sur quelque 25 kimomètres carrés, mais il y tient tout autant que ses voisins plus âgés.
Les habitants de Chebaa...