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Actualités - Opinion

À l’approche du rapport Brammertz, les antigouvernementaux se déchaînent

À mesure que l’on se rapproche du rapport Brammertz, mais aussi de la formation d’un tribunal à caractère international, les opposants élèvent la voix. Pour tenter de dégommer rapidement le gouvernement. Ils se trouvent également motivés par la crainte de développements en relation avec cette ferme résolution 1701, dont ils rejettent les termes internes. Dans un climat crispé, la question est de savoir si ces antigouvernementaux peuvent atteindre leur but. Et, au-delà, s’il est tout simplement possible de former un nouveau gouvernement, étant donné la tension et l’hostilité ambiantes. Une source ministérielle souligne que la situation qui découle de l’obstination du Hezbollah à ne pas désarmer ressemble à celle qui prévalait à l’époque de la présence armée palestinienne. Élément qui avait provoqué localement une crise ministérielle de sept mois. Qui avait failli déboucher sur l’éclatement de l’État, n’eût été la convention du Caire. Un arrangement largement favorable aux Palestiniens, ce qui ne les avait pas empêchés de le fouler aux pieds, car ils voulaient bien plus. À savoir créer un État dans l’État, ce qu’ils avaient parfaitement réalisé. Leurs opérations à partir du territoire libanais avaient coûté à ce pays deux grandes invasions. Tandis que les Palestiniens armés, après s’être rabattus un temps sur le Nord, étaient finalement expulsés vers la Tunisie, avec le concours de la Syrie. Mais la guerre dite des deux ans en a engendré bien d’autres, qui ont duré jusqu’en 1990. Cela malgré, ou à cause, de la présence militaire et de la tutelle politique syriennes. Le ministre cité s’inquiète : les opposants, qui réclament un cabinet d’union nationale – pour couvrir d’un voile de vertu des desseins inavouables – vont-ils finir par précipiter le pays dans un néfaste inconnu ? Il met évidemment en doute leur bonne foi. Pour lui, ce n’est pas en s’y prenant de la sorte, en attisant les haines par l’escalade verbale, en recourant à l’intimidation, qu’on prépare un cabinet d’union nationale. Mais, au contraire, en jouant l’apaisement, la détente, le rapprochement généralisé. Car qui dit union nationale sous-entend entente préalable. Sans quoi, il y aurait une crise de pouvoir d’autant plus préjudiciable que le pays sort d’une guerre israélienne dévastatrice. Dont il est encore très loin d’effacer les effets et les séquelles, sur tous les plans, l’humanitaire en tête. Les organisations palestiniennes sont parvenues à s’entendre sur un gouvernement d’union en base d’un programme commun et de la répartition des maroquins. Comment les partis et les blocs au Liban pourraient-ils s’accorder alors que l’échange d’invectives, d’accusations blessantes et graves bat son plein ? Les opposants sont-ils disposés à assumer la responsabilité d’une crise de pouvoir, d’un blocage de l’État ? Certains estiment que le Hezbollah ferait sauter le gouvernement pour prévenir l’application de la 1701 et le désarmement. Surtout qu’avec le déploiement de l’armée et de la Finul renforcée au Sud, le retrait israélien, il n’y aurait plus d’affrontements, peut-être même pas du côté de Chebaa. Selon ces sources, la violente campagne contre la visite de Blair à Beyrouth pourrait bien être une entrée en matière pour tenter de faire sauter le gouvernement à un moment jugé propice. Mais d’autres pensent que le Hezbollah, malgré son rejet de la 1701, éviterait de torpiller le gouvernement. Car il craindrait, par exemple au moment où l’on discuterait du tribunal à caractère international, que son attitude négative ne provoque des susceptibilités confessionnelles déterminées qu’il ne souhaite pas. On peut cependant estimer que le Hezb pourrait user d’un autre thème de contestation, moins risqué et en même temps plus populaire, pour obtenir le départ du cabinet. Pour le président syrien Bachar el-Assad, il faut convertir la victoire militaire, entendre du Hezbollah, sur Israël en victoire politique. De son côté, le président Lahoud promet de transformer la majorité parlementaire en minorité au cours du mois d’octobre prochain. Cependant, jusqu’à présent, les dirigeants du Hezb n’ont pas donné de signe clair au sujet du gouvernement. Le secrétaire général du parti, sayyed Hassan Nasrallah, a déclaré qu’il faudrait, avant le torpillage, trouver une formule meilleure. Son second, cheikh Naïm Kassem, a même indiqué qu’avant la formation d’un cabinet d’union nationale, il faut évidemment une entente entre toutes les parties. De plus, on peut se demander si le Hezb agirait sans s’être d’abord accordé avec le président Nabih Berry, chef du mouvement Amal. Or ce dernier redoute une crise de pouvoir et ne cesse de souligner qu’il faut une entente générale avant de procéder à un changement de gouvernement. Émile KHOURY

À mesure que l’on se rapproche du rapport Brammertz, mais aussi de la formation d’un tribunal à caractère international, les opposants élèvent la voix. Pour tenter de dégommer rapidement le gouvernement. Ils se trouvent également motivés par la crainte de développements en relation avec cette ferme résolution 1701, dont ils rejettent les termes internes.
Dans un climat crispé, la question est de savoir si ces antigouvernementaux peuvent atteindre leur but. Et, au-delà, s’il est tout simplement possible de former un nouveau gouvernement, étant donné la tension et l’hostilité ambiantes.
Une source ministérielle souligne que la situation qui découle de l’obstination du Hezbollah à ne pas désarmer ressemble à celle qui prévalait à l’époque de la présence armée palestinienne. Élément qui avait...