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Actualités - Opinion

L’ONU et les Occidentaux déterminés à faire appliquer la 1701

Dans son rapport au Conseil de sécurité, le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, passe en revue les développements concernant la résolution numéro 1701. Il évoque les éléments encore en suspens, en insistant beaucoup sur la nécessité d’une exécution totale, minutieuse, parfaite. Car, répète-t-il, c’est là une condition sine qua non pour assurer sécurité et stabilité à la frontière libano-israélienne. Étant entendu que l’État libanais devra étendre sa souveraineté et son autorité directes sur l’ensemble du territoire national, dans une perspective régionale de reprise des négociations de paix. De son côté, un diplomate souligne que la 1701 promet en ses termes une trêve suffisamment durable pour faire redémarrer la « feuille de route » du quartette, en vue d’un règlement du conflit israélo-arabe. À son avis, l’une des raisons de l’impasse tient au fait de l’inexistence, du côté palestinien (mais on peut aussi dire du côté libanais), d’une autorité centrale forte, sans rivale qui lui mette des bâtons dans les roues en l’empêchant de prendre des décisions courageuses, et de faire les concessions que toute négociation implique. C’est ainsi que les accords d’Oslo ont fait fiasco. Aujourd’hui, ajoute cette source, la situation reste bloquée entre Mahmoud Abbas du Fateh et le gouvernement Hamas d’Ismaïl Haniyeh. Le Liban manque également, redit ce diplomate, d’une autorité centrale effectivement unique, qui prenne seule les décisions nécessaires dans l’intérêt du pays tout entier. Il subsiste des mini-États plus ou moins camouflés et armés. Un phénomène qui dure, sous des formes variables, depuis les jours lointains du président Charles Hélou et qui avait pris corps avec un déploiement palestinien armé, basé d’abord au Sud, mais qui s’était transposé ailleurs, pour se promouvoir en État dans l’État, en foulant la souveraineté libanaise aux pieds, en multipliant les opérations, ce qui avait entraîné deux invasions israéliennes. Il y a eu finalement Taëf. Mais l’État libanais n’avait pu en exécuter les dispositions prévoyant le désarmement des Palestiniens à l’instar des milices locales. Car la Syrie, ayant établi sa tutelle sur ce pays, n’avait pas aidé dans ce sens, bien au contraire, en prétextant que l’armement palestinien demeurait nécessaire pour la lutte en faveur de la cause sacrée commune. Ou encore en affirmant qu’il fallait le garder pour la protection des camps, devenus en fait des îlots d’insécurité, de véritables antres. L’État libanais restait de la sorte fragile. De multiples résolutions de l’ONU, dont la 1701, ordonnent le désarmement des Palestiniens comme du Hezbollah. Mais l’État libanais se montre toujours incapable de les appliquer. Cela, malgré le soutien d’une autorité palestinienne contrée, répétons-le, par son propre gouvernement. Tandis que la Syrie continue à tirer en arrière, en prétendant que les forces régulières libanaises ne sont toujours pas en mesure de protéger les camps d’une agression israélienne. De son côté, le Hezbollah soutient qu’il doit garder son arsenal pour défendre le Liban par des moyens non classiques, dont l’État ne dispose pas. Il affirme que même dans le cadre d’une stratégie nationale, son armement doit avoir un rôle à jouer. En ajoutant, pour faire bonne mesure, que l’État libanais n’a pas assez de consistance, sinon d’existence, pour qu’il lui confie ses armes. Ce qui peut signifier qu’il aspire lui-même à devenir l’État ou, au moins, à voir s’établir une autorité qui lui convienne en tous points. Ce qui fait qu’Israël peut toujours s’armer d’un prétexte pour attaquer le Liban, comme il l’a fait le 12 juillet. Ce qui fait, aussi, que l’État libanais ne peut pas devenir fort et capable. D’autant que le monopole de l’armement aux mains d’une communauté déterminée risque d’avoir des retombées confessionnelles en amenant d’autres parties à s’armer. Et l’on verrait se rétablir le système des mini-États, sans protection nationale et sans stabilité. Ce contre quoi les évêques maronites mettent en garde dans leur dernier communiqué. Émile KHOURY
Dans son rapport au Conseil de sécurité, le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, passe en revue les développements concernant la résolution numéro 1701. Il évoque les éléments encore en suspens, en insistant beaucoup sur la nécessité d’une exécution totale, minutieuse, parfaite. Car, répète-t-il, c’est là une condition sine qua non pour assurer sécurité et stabilité à la frontière libano-israélienne. Étant entendu que l’État libanais devra étendre sa souveraineté et son autorité directes sur l’ensemble du territoire national, dans une perspective régionale de reprise des négociations de paix.
De son côté, un diplomate souligne que la 1701 promet en ses termes une trêve suffisamment durable pour faire redémarrer la « feuille de route » du quartette, en vue d’un règlement du conflit...