Le président de la Banque centrale européenne (BCE) Jean-Claude Trichet a ouvert la voie hier à une nouvelle hausse des taux directeurs en octobre en déclarant que le conseil des gouverneurs allait exercer « une grande vigilance » sur les risques d’inflation.
L’emploi du terme de « vigilance » annonce en général un relèvement des taux imminent, à savoir lors du conseil suivant de politique monétaire. La prochaine réunion se tiendra le 5 octobre à Paris.
M. Trichet a qualifié la politique monétaire de la BCE « d’accommodante », ce qui signifie que les conditions du crédit restent à ses yeux bon marché. L’institut avait décidé plus tôt de laisser son principal taux directeur inchangé à 3 %.
Si la reprise se poursuit et si l’inflation continue de dépasser sa limite autorisée, alors la BCE « continuera à réduire progressivement le caractère accommodant de la politique monétaire », a-t-il dit, en clair continuera à augmenter les taux.
Depuis décembre, l’institut a déjà procédé à quatre hausses de taux, à chaque fois d’un quart de point.
Mais M. Trichet a de nouveau refusé de s’engager sur une échéance. La BCE ne prend pas de décisions « prédéterminées » sur les taux, a-t-il rappelé. Les économistes parient dans leur ensemble sur deux nouveaux relèvements des taux, en octobre, puis en décembre, d’un quart de point à chaque fois.
Le Français a dressé un tableau favorable de l’économie de la zone euro. La progression de 0,9 % du produit intérieur brut (PIB) au deuxième trimestre comparé au premier est venu confirmer l’hypothèse de la BCE d’une croissance progressive et durable de l’économie.
« Les conditions sont réunies pour que l’économie de la zone euro continue de croître autour de son potentiel », a-t-il ajouté. Ce potentiel est évalué autour de 2 % par les économistes.
Encouragée par le bon trimestre et les premières indications positives disponibles pour le troisième, la BCE a décidé de relever nettement ses prévisions de croissance : elle mise sur une hausse de 2,5 % cette année, contre 2,1 % attendu en juin et de 2,1 % en 2007 contre 1,8 %.
Des risques demeurent toutefois à moyen terme : les prix élevés du pétrole, les déséquilibres mondiaux et les « pressions protectionnistes, en particulier après la suspension des négociations sur le cycle de Doha » de l’Organisation mondiale du commerce, a-t-il souligné.
Le ralentissement attendu de l’économie américaine ne l’inquiète pas en revanche outre mesure. « En matière d’échanges commerciaux, la Grande-Bretagne est bien plus importante pour la zone euro que les États-Unis », a-t-il fait valoir.
Côté inflation, les dangers de dérapage continuent à augmenter. En plus du niveau élevé des prix du pétrole, et ce malgré la détente récente sur ce front, il cite parmi les risques de surchauffe inflationniste : la contamination du pétrole cher sur l’ensemble de l’économie, via de fortes hausses de salaires, et les hausses prévues d’impôts indirects et de tarifs de services administratifs.
À cela s’ajoutent les tensions inflationnistes liées à la croissance rapide de la masse monétaire, et ce malgré le ralentissement enregistré sur ce front depuis deux mois, ainsi que les augmentations toujours très fortes des crédits au secteur privé.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le président de la Banque centrale européenne (BCE) Jean-Claude Trichet a ouvert la voie hier à une nouvelle hausse des taux directeurs en octobre en déclarant que le conseil des gouverneurs allait exercer « une grande vigilance » sur les risques d’inflation.
L’emploi du terme de « vigilance » annonce en général un relèvement des taux imminent, à savoir lors du conseil suivant de politique monétaire. La prochaine réunion se tiendra le 5 octobre à Paris.
M. Trichet a qualifié la politique monétaire de la BCE « d’accommodante », ce qui signifie que les conditions du crédit restent à ses yeux bon marché. L’institut avait décidé plus tôt de laisser son principal taux directeur inchangé à 3 %.
Si la reprise se poursuit et si l’inflation continue de dépasser sa limite autorisée, alors la BCE «...