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Actualités - Chronologie

ANALYSE Le Liban de l’après-guerre face à une envolée du chômage

Plus d’un mois de combats et le blocus imposé par Israël ont forcé de nombreux employeurs libanais à mettre la clé sous la porte ou à réduire leurs effectifs, provoquant une montée en flèche du chômage qui risque d’accélérer dans un avenir proche, relèvent des analystes cités par l’AFP. Depuis le déclenchement du conflit entre Israël et le Hezbollah le 12 juillet, les entreprises libanaises ont licencié des employés par milliers, selon patrons et syndicats. L’économiste Kamal Hamdane s’attend à un doublement du taux du chômage, qui était officiellement de 9 % avant l’éclatement du conflit. Selon lui, il pourrait atteindre 20 % dans les prochains mois. « Le Liban risque de connaître une importante vague de licenciements en raison de l’avenir politique incertain et de l’absence d’un accord sur le chantier de la reconstruction », a-t-il déclaré à l’AFP. L’expert économique Marwan Iskandar s’attend également à des suppressions d’emplois massives. « À court terme, c’est-à-dire dans les six prochains mois, 50 000 à 55 000 Libanais vont perdre leur emploi », prédit-il. Les chiffres ne sont qu’approximatifs, car l’ampleur des dégâts causés par 34 jours de guerre n’a pas encore été définitivement mesurée. Mais 2 000 travailleurs du secteur industriel ont déjà perdu leur emploi, selon le président de l’Association des industriels, Fadi Abboud : « 80 à 90 entreprises ont été détruites par les bombardements israéliens. Leurs travailleurs n’ont pas été licenciés pour des raisons économiques, mais pour des raisons de force majeure », explique-t-il. Selon M. Iskandar, les pertes d’emploi dans le secteur industriel pourraient toucher 10 000 personnes. Deux mille employés de grandes surfaces pourraient aussi perdre leur emploi en raison de la baisse de la consommation. Mais les experts s’accordent à dire que ce sont les secteurs du tourisme et des services qui vont payer le tribut le plus lourd : hôtels et restaurants, sociétés de location de voitures, agences de voyages et de transports maritimes sont les plus vulnérables. Pourtant, ce secteur, qui emploie en haute saison 110 000 personnes, s’attendait cet été à une saison record. Selon Paul Ariss, président du syndicat des restaurateurs, 15 % des 50 000 employés de ce secteur – qui compte un grand nombre de saisonniers – ont déjà perdu leur emploi. Un millier de restaurants et cafés menacent de fermer leurs portes. Une centaine d’entre eux, installés dans le centre-ville de Beyrouth, ne travaillent plus qu’au ralenti, selon M. Ariss. Employé saisonnier dans un grand hôtel de Beyrouth, Labib a été informé que son contrat à durée déterminée avait été résilié. « J’avais fondé de grands espoirs sur ce contrat, car j’espère devenir cadre à terme. Je me suis marié, ma femme est enceinte, et maintenant je suis à la rue sans ressources pour payer mon loyer », se plaint-il. Les employés permanents ne sont pas mieux logés. Beaucoup d’entre eux ont été forcés à prendre des congés sans solde, affirme-t-il. Des milliers de personnes de ce secteur risquent d’être dans le cas de Labib : les saisonniers constituent 20 % des employés du secteur hôtelier, selon Pierre Achkar, président du syndicat des hôteliers. Mais pour M. Iskandar, ce tableau noir pourrait finalement s’éclaircir grâce à « une reprise économique, qui permettra de récupérer 80 % des emplois si la stabilité politique est assurée et si un plan public de soutien à l’économie est appliqué ». Autre raison d’espérer selon les économistes : les emplois de main-d’œuvre jusqu’alors souvent occupés par les Syriens pourraient dorénavant revenir en priorité aux Libanais.
Plus d’un mois de combats et le blocus imposé par Israël ont forcé de nombreux employeurs libanais à mettre la clé sous la porte ou à réduire leurs effectifs, provoquant une montée en flèche du chômage qui risque d’accélérer dans un avenir proche, relèvent des analystes cités par l’AFP. Depuis le déclenchement du conflit entre Israël et le Hezbollah le 12 juillet, les entreprises libanaises ont licencié des employés par milliers, selon patrons et syndicats.
L’économiste Kamal Hamdane s’attend à un doublement du taux du chômage, qui était officiellement de 9 % avant l’éclatement du conflit. Selon lui, il pourrait atteindre 20 % dans les prochains mois.
« Le Liban risque de connaître une importante vague de licenciements en raison de l’avenir politique incertain et de l’absence d’un accord sur...