Le président de la Chambre, Nabih Berry, insiste sur la nécessité d’une reprise de la conférence de dialogue national, qu’il considère comme un « élément vital » du nouvel équilibre des forces qu’il s’agit de rechercher, après le passage de l’ouragan israélien.
Mais quelle forme peut prendre le dialogue, lorsque le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, affirme qu’il n’y participera plus, « par égard pour la vie de ses partenaires », puisque selon lui, pour l’assassiner, Israël ne reculera pas devant la perspective d’une liquidation de tous ceux qui seront autour de la table.
Mais abstraction faite de cette réserve, la conférence de dialogue pourra-t-elle reprendre dans la forme où on l’a laissée ? Pour répondre à cette question, deux remarques préliminaires s’imposent.
D’abord, le Hezbollah a-t-il tiré les leçons de la guerre ou continue-t-il à louvoyer, à dire une chose et à en faire une autre ? Beaucoup épiloguent, en ce moment, au sujet de la « petite phrase » dans laquelle sayyed Hassan Nasrallah affirme que si le Hezbollah avait prévu l’ampleur de la riposte israélienne à son opération du 12 juillet, il ne l’aurait certainement pas lancée.
Acte de contrition pour les uns, cette petite phrase est pour les autres une espèce de fuite en avant, une excuse absolutoire, une dérobade aux comptes que le Hezbollah doit rendre non seulement au reste des forces politiques, mais à tous les Libanais.
Des comptes qui englobent non seulement le désastre de la guerre, mais les initiatives de la reconstruction, qui ressemblent fort à une tentative du Hezbollah d’instaurer une administration parallèle, sous prétexte que certains cherchent à exploiter la lenteur bureaucratique liée à l’appareil d’État pour aliéner au Hezbollah une nouvelle tranche de l’opinion.
La 1701
Deuxième remarque : la conférence de dialogue reprend avec, à l’ordre du jour, de nouvelles données politiques et militaires, celles de la résolution 1701. Des données qui bouleversent les règles du jeu et que chacun tente d’interpréter en sa faveur.
L’une des nouvelles règles du jeu, cependant, prévoit que le temps des demi-solutions, des ruses et du « tazaki » est passé et que l’heure de la vérité est désormais là, imposant qu’on se prononce résolument, en actes et non seulement en paroles, en faveur de l’édification d’un État libanais digne de ce nom. D’un État auquel on appartiendrait en première et dernière analyse, d’un État où il serait impossible d’être à la fois membre du gouvernement et membre d’une Résistance mettant en échec ce gouvernement et affaiblissant l’État tout entier.
À la lumière de ce qui est dit plus haut, certains estiment que pour reprendre, une nouvelle conférence de dialogue doit démarrer sur de nouvelles bases de sérieux et un engagement solennel à respecter la Constitution et les accords de Taëf.
En tout état de cause, la reprise de la conférence de dialogue ne peut non plus se faire en fonction des acquis que le Hezbollah prétend avoir réalisé sur le terrain. Il n’est pas question, pour commencer, de réclamer un nouveau gouvernement dit d’union nationale, assurent ces milieux politiques. Ou même d’affaiblir la position du Premier ministre, Fouad Siniora.
Ou alors, s’il faut absolument sacrifier au rite et changer de gouvernement, remplaçons d’abord cette relique de la tutelle syrienne qui siège à Baabda et élisons un nouveau chef de l’État. Alors, et alors seulement, un nouveau gouvernement pourra être formé qui approuverait une nouvelle loi électorale et organiserait de nouvelles élections législatives.
Mais en dehors de ce scénario, laissons donc Fouad Siniora et son équipe continuer de servir le Liban au mieux de leurs possibilités.
Philippe ABI-AKL
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le président de la Chambre, Nabih Berry, insiste sur la nécessité d’une reprise de la conférence de dialogue national, qu’il considère comme un « élément vital » du nouvel équilibre des forces qu’il s’agit de rechercher, après le passage de l’ouragan israélien.
Mais quelle forme peut prendre le dialogue, lorsque le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, affirme qu’il n’y participera plus, « par égard pour la vie de ses partenaires », puisque selon lui, pour l’assassiner, Israël ne reculera pas devant la perspective d’une liquidation de tous ceux qui seront autour de la table.
Mais abstraction faite de cette réserve, la conférence de dialogue pourra-t-elle reprendre dans la forme où on l’a laissée ? Pour répondre à cette question, deux remarques préliminaires...