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« Drôle de paix » sur la ligne de front libano-israélienne

Au-dessus du poste fortifié israélien flotte un ballon captif de surveillance. En face, près de maisons écrasées par l’artillerie, deux jeunes barbus filment la frontière avec une caméra vidéo, rapporte Patrick Rahir, de l’AFP. Ils appartiennent au Hezbollah, affirme un photographe de guerre expérimenté. Déduction sans risque dans les villages chiites pavoisés aux couleurs du parti de Dieu qui longent la frontière et où ne se montrent normalement que les hommes âgés et les femmes. Depuis une semaine, la trêve est respectée dans ce secteur. Israël et le Hezbollah s’observent. Les premiers jours, des combattants chiites ont été tués plus à l’ouest. Les véhicules blancs de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) patrouillent nombreux. Sur cette hauteur aux abords de Markaba, des villas semblent avoir été frappées à tir tendu par les canons israéliens, une station-service a brûlé. Le correspondant de l’AFP a observé au moins neuf positions de l’armée israélienne depuis la côte méditerranéenne jusqu’à Taibé, au nord de Markaba. Mais d’ici, elles sont invisibles. Les combattants du Hezbollah sont tout aussi discrets. Quant à l’armée libanaise, elle ne s’est pas encore déployée jusqu’à la ligne bleue. Le premier détachement de soldats libanais – trois sentinelles – tient un carrefour à la sortie du village chrétien de Bourj el-Moulouk, à 2 km de la frontière. « Au-delà, c’est la zone tampon de l’ONU », explique le sergent de faction. Israël refuse que l’armée libanaise se poste à la frontière tant que la Finul n’aura pas été renforcée comme le prévoit la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui a permis de mettre fin aux hostilités. À quelques dizaines de mètres des soldats, des ouvriers de la compagnie d’électricité du Liban s’efforcent de rétablir les lignes coupées par les combats. Pour descendre de Bourj el-Moulouk vers la porte de Fatima, une simple grille rouillée qui permet de passer la frontière, les chauffeurs accélèrent. Réflexe acquis au cours de la guerre civile, une route exposée doit être franchie à tombeau ouvert. En bas, Adaissé a été relativement épargné. En contrebas de la route, courent les barbelés et un chemin de route israéliens, en bordure d’orangeraies. On a presque envie de cueillir une orange. Il n’y a pas de no man’s land sur cette frontière, pas de profondeur stratégique. Les villages sont à portée de voix de part et d’autre.
Au-dessus du poste fortifié israélien flotte un ballon captif de surveillance. En face, près de maisons écrasées par l’artillerie, deux jeunes barbus filment la frontière avec une caméra vidéo, rapporte Patrick Rahir, de l’AFP.
Ils appartiennent au Hezbollah, affirme un photographe de guerre expérimenté. Déduction sans risque dans les villages chiites pavoisés aux couleurs du parti de Dieu qui longent la frontière et où ne se montrent normalement que les hommes âgés et les femmes.
Depuis une semaine, la trêve est respectée dans ce secteur. Israël et le Hezbollah s’observent. Les premiers jours, des combattants chiites ont été tués plus à l’ouest.
Les véhicules blancs de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) patrouillent nombreux. Sur cette hauteur aux abords de Markaba, des villas...