Le plus jeune fils de Mariam Salhab fouille les décombres de sa maison en ruines, à Kfar Sir, au Liban-Sud, avant de finalement retrouver, au milieu des morceaux de béton, son dinosaure en peluche sali par la poussière, selon Seth Meixner dans un reportage pour l’AFP.
« Les enfants n’ont pas de vêtements, pas de jouets. C’est ici qu’ils jouent », dit Mariam Salhab, 35 ans, montrant l’orifice béant traversant un mur de ce qui fut une maison de deux étages. À travers le trou, on aperçoit des meubles brisés et une pièce en ruines.
À la différence d’autres Libanais qui ont commencé à refaire leur vie d’une manière ou d’une autre avec l’entrée en vigueur, le 14 août, de l’accord de cessation des hostilités, cette mère de trois enfants est toujours dans l’incertitude. Elle n’est ni déplacée ni en mesure de reprendre sa vie antérieure.
Ces habitants errent quelques jours dans leur village, le temps de récupérer quelques affaires, avant de repartir.
« Nous sommes venus pour récupérer nos meubles et nos vêtements avant d’aller vivre chez notre frère », ajoute le frère de Mariam, Chaouki. Ce dernier explique que les trois missiles qui se sont abattus sur leur hameau, aux abords de Kfar Sir, sont tombés aux derniers instants de l’offensive israélienne contre le Hezbollah.
« Je pense que c’était les dernières bombes, à même pas 30 minutes de la fin de la guerre », dit amèrement cet ingénieur de 41 ans. « C’est dingue, où sont les roquettes ? Ici, ne vivaient que des civils, des poules et des chèvres », ajoute-t-il, en référence aux roquettes tirées par le Hezbollah sur le nord d’Israël.
Près de la maison que partageait Mariam avec sa nombreuse famille, une usine de fabrication de crème glacée est en ruines. Des bouts de machines sont éparpillés ici et là. Non loin de là, l’ancien bureau de Chaouki Salhab est presque totalement détruit. Seuls deux murs sont encore debout.
Un morceau de roquette israélienne gît sur un morceau de béton, près de plants de tomates écrasés. Une vache blessée dans un raid israélien meugle désespérément, dans un abri de parpaing qui avait été érigé, selon Mariam, pour l’empêcher de s’enfuir.
« Vous voyez ce qu’a fait Israël. Voilà nos maisons, nos entreprises », dit-elle.
Comme des dizaines de milliers de personnes privées de leur domicile par la guerre, Mariam et sa famille attendent qu’on les assure que leur maison sera reconstruite, leurs biens remplacés et leur vie raccommodée.
Selon le Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies, qui s’appuie sur des estimations gouvernementales, 300 000 personnes sont toujours déplacées. Leur nombre exact demeure toutefois une inconnue.
« Pour l’instant, nous sommes en train de mener des évaluations en allant de village en village », selon la porte-parole du HCR Astrid Van Genderen Stort, précisant qu’il s’agit notamment de voir combien de personnes sont rentrées chez elles et d’évaluer leurs besoins, notamment en eau et électricité.
« Je pense qu’il faudra du temps avant que nous ne sachions tout », dit-elle, ajoutant que certains villages proches de la frontière sont toujours inaccessibles par téléphone.
Dans de nombreuses localités du Sud, le Hezbollah a endossé les habits du sauveur, distribuant des millions de dollars et promettant à ses partisans de payer pour le remplacement de leurs meubles et d’assurer leur loyer pendant un an.
Selon Mariam, le Hezbollah s’est aussi rendu à Kfar Sir, dans les premiers jours de la trêve, pour évaluer les dégâts mais aussi asseoir son autorité.
« Nous n’avons pas d’argent, nous attendons le Hezbollah », dit-elle. « En l’espace d’un mois, Israël a tout détruit. Mais nous sommes toujours là. Nous sommes tous du Hezbollah », affirme-t-elle, tandis qu’un de ses beaux-frères retire des décombres un portrait de Hassan Nasrallah, dont il époussette ostensiblement le cadre.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le plus jeune fils de Mariam Salhab fouille les décombres de sa maison en ruines, à Kfar Sir, au Liban-Sud, avant de finalement retrouver, au milieu des morceaux de béton, son dinosaure en peluche sali par la poussière, selon Seth Meixner dans un reportage pour l’AFP.
« Les enfants n’ont pas de vêtements, pas de jouets. C’est ici qu’ils jouent », dit Mariam Salhab, 35 ans, montrant l’orifice béant traversant un mur de ce qui fut une maison de deux étages. À travers le trou, on aperçoit des meubles brisés et une pièce en ruines.
À la différence d’autres Libanais qui ont commencé à refaire leur vie d’une manière ou d’une autre avec l’entrée en vigueur, le 14 août, de l’accord de cessation des hostilités, cette mère de trois enfants est toujours dans l’incertitude. Elle n’est ni déplacée ni...