Plus d’un mois de conflit ont laissé des collines du Liban-Sud remplies d’engins explosifs, bombes à fragmentation ou bombes à sous-munitions, obus et missiles non explosés, qui continueront de meurtrir et de tuer des années durant, selon les experts, cités par l’AFP.
« L’urgence immédiate est de neutraliser les sous-munitions répandues par centaines dans les zones habitées », estime Dalya Farran, porte-parole du Centre de coordination de l’action antimines des Nations unies (MACC) à Tyr, dont les équipes nettoient depuis mercredi trois secteurs de Nabatiyé, Tebnine et Yohmor, tous au sud du Litani. De son côté, l’armée libanaise mène ses propres opérations, de concert avec le MACC, selon l’AFP.
Chaque jour, jusqu’à l’arrêt des hostilités survenu au 34e jour de conflit, rapporte Dalya Farran, les forces israéliennes larguaient une moyenne de 4 000 à 5 000 munitions, tous engins confondus, et jusqu’à 6 000 la dernière semaine, soit un total d’au moins 153 000, tombées pour l’essentiel sur le sud du pays et la banlieue de Beyrouth. « Nos estimations a minima sont que 10 % d’entre elles n’explosent pas en touchant le sol. Nous affinerons avec le temps, ça peut aller jusqu’à 25 % et même 30 %, comme en certains points d’Irak », dit-elle.
Selon Marc Masche, démineur de l’ONG britannique Mine Adviserly Group (MAG) – dont les experts travaillent avec l’ONU –, à l’œuvre vendredi à Tebnine, une bombe de type BLU 63 largue 640 sous-munitions, la M-77 en lâche 184, le tout dans une rayon de 31 km2. Mais rien n’impose aux belligérants de déclarer le nombre de ces engins largués sur le terrain des opérations, selon le MACC.
L’urgence est d’autant plus aiguë que les centaines de milliers de déplacés par les combats ont commencé dès lundi à rentrer dans leurs villages et que, vivant de l’agriculture ou de l’élevage pour le plus grand nombre, ils vont aspirer à retrouver rapidement leurs champs. Or, s’il est relativement aisé de repérer et neutraliser un obus ou un missile, il faut un œil exercé pour distinguer un cylindre métallique de 5 à 6 cm de long et trois de diamètre dans le chaos des rues, sentiers, jardins et maisons bombardés.
Marc Garlasco, analyste militaire de l’ONG Human Rights Watch, basée à New York, décrit des villages « jonchés de milliers de munitions non explosées » dans la région de Nabatiyé, où il s’est rendu. « Au moment où les gens rentrent chez eux, ça va être une catastrophe humanitaire », prévient-il.
« Or la plupart de ces sous-munitions sont difficiles à voir parce qu’elles sont très petites, et le plus souvent mêlées aux gravats et à la poussière. Les répandre n’est pas difficile, les collecter est un vrai cauchemar », renchérit Steve Priestley, directeur de MAG, joint par téléphone, qui souligne la « performance » de ces engins, « très sensibles et capables d’exploser au moindre contact ».
Le Centre de l’ONU a aussi ramassé et photographié de petits engins semblables à des ballons de football, de la taille d’une orange, particulièrement attirants pour des enfants.
Steve Priestley note aussi que « dans la plupart des secteurs qu’Israël entendait occuper, on n’a trouvé que de grosses munitions, essentiellement des obus d’artillerie. Mais pas de petits engins là où ses troupes devaient se trouver ».
Les conventions internationales autorisent l’utilisation de bombes à fragmentation sur les terrains de combat, mais pas dans les zones civiles densément peuplées, comme des villes ou des villages, assure Mme Farran. Et rien n’impose aux belligérants de déclarer le nombre exact de bombes à fragmentation larguées durant les opérations.
« Aujourd’hui, si nous avions tous les fonds nécessaires pour déployer toutes les équipes nécessaires sur le terrain, il nous faudrait un mois pour déclarer un secteur propre », indique-t-elle, alors que l’ONU escompte pour l’heure être en mesure de déployer une quinzaine d’équipes de six personnes d’ici à la fin du mois.
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« L’urgence immédiate est de neutraliser les sous-munitions répandues par centaines dans les zones habitées », estime Dalya Farran, porte-parole du Centre de coordination de l’action antimines des Nations unies (MACC) à Tyr, dont les équipes nettoient depuis mercredi trois secteurs de Nabatiyé, Tebnine et Yohmor, tous au sud du Litani. De son côté, l’armée libanaise mène ses propres opérations, de concert avec le MACC, selon l’AFP.
Chaque jour, jusqu’à l’arrêt des hostilités survenu au 34e jour de conflit, rapporte Dalya Farran, les...