Agenouillé entre les pierres, dans les herbes roussies et les débris calcinés, le démineur déblaie avec précaution les abords du cylindre d’acier que ses hommes viennent de signaler, en contrebas de la rue principale de Tebnine, raconte Anne Chaon, dans un reportage pour l’AFP.
Si la sous-munition explose, elle peut tuer dans un rayon de 25 mètres.
La petite ville à flanc de colline, y compris le centre jonché de verre pilé, de câbles emmêlés, de tôles roussies et d’une vingtaine de voitures carbonisées, a été littéralement saupoudrée de bombes à sous-munitions par l’aviation israélienne, jusqu’au dernier jour de la guerre.
Le raid a explicitement visé la route devant l’hôpital et creusé un petit cratère de 50 cm, dispersant dans un rayon de plusieurs kilomètres quelque 640 engins de mort qui exploseront au premier contact.
« Le premier jour, mercredi, nous en avons éliminé 54 dans la rue principale, devant l’hôpital, hier (jeudi) encore 44 dans les rues adjacentes et ce matin (hier) déjà 22 », explique Marck Masche, expert de l’ONG britannique Mag (Mine Advisory Group).
Le chemin de pierre est coupé par un pylône électrique abattu et dont les câbles traînent à terre. C’est là, devant l’entrée d’une maison jaune à trois étages, que l’équipe de Mag a localisé une petite bombe M-35, indétectable par des yeux non exercés.
Sur les procédures employées, les experts restent discrets : « On ne veut pas que les gens essaient de le faire eux-mêmes », explique Mark Masche. Courbé sur l’engin qu’il cherche à neutraliser, en pantalon multipoches beige et chapeau de ranger, chaussures montantes et lunettes de soleil, il ne porte pour seule protection qu’une paire de gants et un gilet pare-éclats jusqu’aux hanches.
« Si ça pète, de toute façon je suis mort », explique-t-il pour justifier l’absence de casque ou de tablier de protection. « Le gilet, c’est plus pour me protéger d’autres explosions qui surviendraient alentour. »
Ce matin, l’expert n’arrive pas à désarmorcer la bombe et va devoir la faire exploser sur place. Son équipe, quatre démineurs libanais et un infirmier, recule d’une trentaine de mètres.
Entouré de sacs de sable, l’engin est détruit dans une déflagration sourde dont l’écho résonne d’une colline à l’autre.
Fatel Fahes, un assistant libanais de 27 ans, rengaine son appareil photo, la mine satisfaite. Il a rejoint Mag il y a quatre ans. « Honnêtement au début, je voulais juste un job, mais maintenant je veux aller plus loin », confie ce diplômé en marketing.
« Je sais que c’est risqué, mais je suis comblé quand je vois le sourire des familles qu’on aide », poursuit-il. Il raconte comment, la veille, l’équipe a nettoyé l’entrée d’une maison de déplacés : « Ils venaient de rentrer avec les enfants et ne pouvaient même pas aller jusqu’à la porte à cause des bombes. »
« Ici, reprend-il, les gens vivent de la culture du tabac : s’ils ne peuvent plus accéder aux jardins, ils perdent absolument tout ce qu’ils ont. »
L’ONG est régulièrement appelée par les autorités locales et la population. Les haut-parleurs de la mosquée ont diffusé des messages de mise en garde, rapporte Masche en se félicitant de cette coopération.
Mag (72 personnes), basée à Nabatiyeh depuis le retrait israélien du Liban-Sud en 2000, devait éliminer les explosifs abandonnés par les précédents conflits. Elle pensait en avoir fini en 2009, souligne Franck Masche, qui se refuse désormais à tout calendrier.
« Toute la région mériterait un an de nettoyage systématique. Pour le moment, on ne retire que ce qu’on voit, grommelle-t-il en rappelant qu’on estime à entre 10 et 25 % la proportion de munitions larguées et non explosées.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Agenouillé entre les pierres, dans les herbes roussies et les débris calcinés, le démineur déblaie avec précaution les abords du cylindre d’acier que ses hommes viennent de signaler, en contrebas de la rue principale de Tebnine, raconte Anne Chaon, dans un reportage pour l’AFP.
Si la sous-munition explose, elle peut tuer dans un rayon de 25 mètres.
La petite ville à flanc de colline, y compris le centre jonché de verre pilé, de câbles emmêlés, de tôles roussies et d’une vingtaine de voitures carbonisées, a été littéralement saupoudrée de bombes à sous-munitions par l’aviation israélienne, jusqu’au dernier jour de la guerre.
Le raid a explicitement visé la route devant l’hôpital et creusé un petit cratère de 50 cm, dispersant dans un rayon de plusieurs kilomètres quelque 640 engins de mort qui...