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Les réservistes israéliens tirent à boulets rouges sur leurs supérieurs

Les témoignages accablants de réservistes qui ont combattu pendant 34 jours au Liban font apparaître de graves défaillances dans la conduite de l’offensive tant au niveau de la logistique qu’à celui du commandement, écrit Patrick Anidjar pour l’AFP. Le chef d’état-major, le général Dan Halutz, très critiqué pour sa gestion de la guerre, a eu un avant-goût de ces critiques lorsqu’il a été récemment pris sous le feu des questions d’une unité de réservistes. Du coup, ce dernier, ainsi que le Premier ministre, Ehud Olmert, et le ministre de la Défense, Amir Peretz, ont commencé à se préparer à l’éventualité d’une commission d’enquête d’État, avec l’aide d’experts et d’avocats. Les questions auxquelles ils seront soumis risquent d’être pour le moins embarrassantes. « Nos ordres étaient trop confus. On nous dit de monter à l’assaut d’un village. Cela se passe mal, des soldats se font tuer. On nous dit alors d’en sortir précipitamment et de tenter notre chance dans un autre », relate un lieutenant de la brigade d’infanterie d’élite Golani. Des réservistes révèlent que leurs supérieurs les avaient informés qu’ils prendraient le contrôle d’une zone de sécurité de deux kilomètres de profondeur, puis de 8 kilomètres, puis jusqu’au Litani. « À aucun moment, nous n’avons été en mesure de savoir où nous devions stopper notre progression. Et soudain la guerre s’est arrêtée », s’emporte un réserviste servant dans les paras. Un officier du renseignement confie à des journalistes que les cartes aériennes cartographiées mises à leur disposition par le commandement dataient de 2002 et étaient pleines de lacunes, notamment sur des caches d’armes ou places fortes du Hezbollah. « Nous ne savions pas où nous allions en pénétrant dans un village », confie un réserviste, commandant de char. Son tank a été la cible d’une roquette dans le village de Bint Jbeil. Selon un porte-parole de l’armée, quelque 130 000 obus d’artillerie ont été tirés par Israël contre le sud du Liban. « Comment est-il possible de tenir encore debout après une telle pluie d’obus ? » s’interroge le même réserviste. Des tankistes affirment qu’ils n’ont pas eu le temps requis pour s’entraîner avant les combats, expliquant ainsi les lourdes pertes dans les rangs des blindés. Le plan initial prévoyait, selon des sources militaires, deux semaines de bombardements et de raids aériens, immédiatement suivies de deux semaines d’une offensive terrestre massive. « Il est clair que le gouvernement a fait machine arrière face au bilan de plus en plus lourd de soldats tués au Liban et a trop hésité avant de lancer, peu avant la cessation des combats, l’offensive terrestre massive » qui a fait 34 soldats tués en 48 heures de combats, estime le quotidien israélien, Yediot Aharonot. Le commandement a alors été contraint d’improviser un nouveau plan dit du « salami » puisqu’il prévoit de contrôler le sud du Litani par tranche, mais l’application hésitante a abouti à un bilan « peu éclatant » de la guerre, selon une source militaire israélienne. Autre raté : la mobilisation des réservistes a pris trop de temps. Du coup, selon un officier israélien de réserve, les forces terrestres n’ont été en ordre de marche que le 31 juillet, et non pas au début de la guerre, le 12, comme initialement prévu. Sur le plan logistique, les critiques des réservistes sont tout aussi acerbes. Certains rapportent que leurs ceintures de combat dataient de la guerre des Six-Jours de juin 1967. « Il est inconcevable d’envoyer des soldats au combat sans eau », se plaint l’un d’eux qui raconte avoir été contraint de boire de l’eau dans des gourdes abandonnées par des combattants du Hezbollah. Mêmes remarques concernant l’approvisionnement en vivres des unités opérant dans les profondeurs du Liban. Des réservistes font ainsi état de « pillages » d’épiceries libanaises par des militaires israéliens. « Nous avions tellement faim que nous nous jetions sur les étals d’épicerie sans pouvoir nous retenir », raconte l’un d’eux à l’hebdomadaire israélien, KolHaïr.
Les témoignages accablants de réservistes qui ont combattu pendant 34 jours au Liban font apparaître de graves défaillances dans la conduite de l’offensive tant au niveau de la logistique qu’à celui du commandement, écrit Patrick Anidjar pour l’AFP.
Le chef d’état-major, le général Dan Halutz, très critiqué pour sa gestion de la guerre, a eu un avant-goût de ces critiques lorsqu’il a été récemment pris sous le feu des questions d’une unité de réservistes. Du coup, ce dernier, ainsi que le Premier ministre, Ehud Olmert, et le ministre de la Défense, Amir Peretz, ont commencé à se préparer à l’éventualité d’une commission d’enquête d’État, avec l’aide d’experts et d’avocats. Les questions auxquelles ils seront soumis risquent d’être pour le moins embarrassantes.
« Nos ordres...