«Sans la résistance du Hezbollah, le Liban serait dans une situation politique plus terrible que lors de la signature de l’accord du 17 mai. » C’est par ces mots, après les hommages aux combattants, que sayyed Hassan Nasrallah a entamé son message télévisé de samedi. Il s’agissait essentiellement pour le secrétaire général du Hezbollah de donner l’opinion de son parti sur la résolution 1701 du Conseil de sécurité. Nasrallah a ainsi affirmé que le Hezbollah ne s’opposerait pas aux décisions du gouvernement et qu’il ne constituerait pas un obstacle à ces décisions. « La Résistance, a-t-il dit, est prête à respecter le délai fixé pour la cessation des hostilités. » Mais il a ajouté qu’en attendant cette échéance, son parti se comporte comme si la guerre n’était pas terminée.
Nasrallah a émis de nombreuses réserves sur la teneur de la résolution 1701, qualifiée d’« injuste et inéquitable », notamment parce qu’elle fait assumer au Hezbollah la responsabilité du début des hostilités. Selon lui, « la capture de deux soldats israéliens ne justifie en rien les massacres accomplis par Israël, ni la destruction de l’infrastructure et encore moins le rasage complet de localités ».
Le secrétaire général du Hezbollah a précisé que « certains points de la résolution constituent des problèmes purement internes au Liban ». Il les laisse donc en suspens pour un débat local qui se fera ultérieurement. Pour l’instant, son parti ne fera rien pour entraver l’action du gouvernement ou pour retarder le retour chez eux des déplacés. « Mais, a-t-il précisé, il semble que l’on ait voulu donner un nouveau délai aux Israéliens pour qu’ils puissent réaliser une victoire sur le terrain. C’est pourquoi tant que les agressions israéliennes se poursuivront et tant qu’un soldat israélien occupera notre territoire, nous poursuivrons les opérations de résistance. Car le problème de cette résolution est qu’elle n’évoque pas clairement un cessez-le-feu, se contentant d’utiliser le terme de cessation des hostilités, qui est assez vague, pour donner lieu à de nombreuses interprétations. »
Nasrallah a insisté sur la nécessité pour la Résistance, mais aussi pour l’État et l’armée de « rester vigilants, dans le but d’empêcher Israël de profiter de quelques jours de flottement ».
Le secrétaire général du Hezbollah a aussi affirmé que le gouvernement agit aujourd’hui avec un grand sens des responsabilités, dans l’intérêt national. « Toutefois, les responsabilités placées sur les épaules du gouvernement vont en augmentant, que ce soit au niveau sécuritaire ou sur les plans de l’humanitaire, de la politique et de la reconstruction ». « De ce fait, a déclaré Hassan Nasrallah, nous avons plus que jamais besoin de l’unité nationale. Car lorsque Israël réalisera qu’il ne peut pas atteindre les objectifs qu’il s’est fixés, il ne lâchera pas le Liban et nous aurons alors besoin de toute notre solidarité et notre unité pour faire face à ces nouveaux défis. »
Nasrallah a encore insisté sur le fait que les Israéliens poursuivront encore pendant quelques jours leur guerre contre le Liban pour des raisons internes, dans l’espoir de sauver la face à leur armée pour présenter à la population une réalisation ou une victoire, aussi minime soit-elle.
« Je tiens à vous assurer, a encore dit le sayyed, que les résistants feront face à toutes les manœuvres israéliennes et le Liban tout entier ne pourra que sortir vainqueur et la tête haute de cette guerre. »
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Nasrallah a émis...