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Soulagés mais prudents, les sudistes attendent leur armée

Des habitants de Tyr goûtaient hier à un peu de répit dans leur ville assiégée et accueillaient avec un soulagement prudent l’annonce d’un possible déploiement de l’armée libanaise à la frontière avec Israël, rapporte Jihad Siqlawi, de l’AFP. Le roulement des bombardements qui a secoué les immeubles de cette ville ces derniers jours s’est éloigné, et les irréductibles restés chez eux en ont profité pour sortir de leurs abris, malgré une menace israélienne de tirer sur tout véhicule en mouvement. Dans sa petite épicerie, Abou Ali accueille torse nu les voisins qui se pressent pour faire des provisions. La soixantaine solide, il n’offre plus que des fromages en boîte, du café et du riz, mais il affiche un grand sourire. Il a confiance en l’armée libanaise. « Déployer l’armée est une bonne solution à condition que tout le monde coopère », notamment les combattants du Hezbollah, assure-t-il. Face à la porte de la petite échoppe, un portrait en noir et blanc d’un jeune officier en uniforme : « C’est mon frère, dit Abou Ali, il a été tué dans des affrontements à Beyrouth, dans les années 90. » Pour lui, « le Hezbollah a eu tort de se lancer dans une guerre qui a provoqué tant de malheurs et de destructions ». Assis sur une chaise à un coin de rue, le menton appuyé sur sa canne, les yeux vifs derrière des lunettes à grosse monture, Mohammad Ali Beydoun s’amuse lorsqu’on lui demande son âge : « J’ai quatre fois vingt ans, dit-il, et vous pouvez en ajouter quatre autres pour faire bonne mesure. » « Je suis le plus vieux Français de Tyr », assure ce commerçant, né sous le mandat français en 1922, et qui a vécu des décennies en Côte d’Ivoire, où il avait une entreprise de transport. À son avis, l’arrivée de l’armée ne changera rien : « L’armée libanaise ne peut rien faire, elle ne peut pas nous défendre. » Il a en revanche une confiance illimitée dans les prouesses du Hezbollah et dans l’autorité de son chef, Hassan Nasrallah. Il a accroché à sa ceinture un porte-clés à l’effigie de l’homme fort du parti de Dieu. « Je suis resté à Tyr pour dire à Hassan que nous sommes avec lui. » Pour lui, les quatre dernières semaines de combats, avec leur cortège de morts, de déplacés et de destructions, en valaient la peine. « Ou bien nous vivons comme vivait de Gaulle, debout, ou bien il vaut mieux mourir. Nasrallah sera un nouveau de Gaulle », assure-t-il. Pour Mounir Badaoui, un agent de voyages de 52 ans, le cessez-le-feu devrait arriver dans les jours qui viennent, après l’annonce du déploiement de l’armée. « L’armée, c’est la meilleure solution », estime-t-il, mais elle devra savoir intégrer le Hezbollah. « Le gouvernement libanais doit trouver les moyens d’établir une collaboration entre le Hezbollah et l’armée. » « Le Hezbollah a redonné leur honneur aux Libanais. Nous avons montré que nous avions le courage de rester sur notre terre du Sud », poursuit-il. Mounir est persuadé que les habitants de Tyr, et même ceux des villages détruits le long de la frontière, vont revenir. « Donnez-leur cinq jours de calme et vous aurez un million de déplacés qui rentreront chez eux. Et ils reconstruiront ce qui a été détruit. » « Cette guerre sera inscrite dans les livres d’histoire comme une grande victoire », lance-t-il encore. Mais au-dessus de sa tête, les drones israéliens bourdonnent et viennent rappeler aux habitants de Tyr que les répits peuvent être de courte durée.

Des habitants de Tyr goûtaient hier à un peu de répit dans leur ville assiégée et accueillaient avec un soulagement prudent l’annonce d’un possible déploiement de l’armée libanaise à la frontière avec Israël, rapporte Jihad Siqlawi, de l’AFP.
Le roulement des bombardements qui a secoué les immeubles de cette ville ces derniers jours s’est éloigné, et les irréductibles restés chez eux en ont profité pour sortir de leurs abris, malgré une menace israélienne de tirer sur tout véhicule en mouvement.
Dans sa petite épicerie, Abou Ali accueille torse nu les voisins qui se pressent pour faire des provisions.
La soixantaine solide, il n’offre plus que des fromages en boîte, du café et du riz, mais il affiche un grand sourire. Il a confiance en l’armée libanaise.
« Déployer l’armée est une bonne...