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Actualités - Chronologie

Pour l’experte britannique Rosemary Hollis, Israël a totalement sous-estimé le Hezbollah

Israël a sous-estimé le Hezbollah, mais reste en quête d’un « certain succès » au Liban, estime l’experte britannique Rosemary Hollis, directrice des recherches de l’institut londonien Chatham House, répondant aux questions de l’AFP. Expliquant les difficultés militaires d’Israël face au Hezbollah, elle a indiqué que « c’est une situation classique de guérilla, dans laquelle on ne peut vaincre à moins de recourir à des destructions effroyables, de celles qui, d’ailleurs, procurent une victoire à la Pyrrhus ». Israël objecte que le Hezbollah n’est plus une armée de guérilla. Certes, observe-t-elle, « il est entraîné, discipliné, doté d’une chaîne de commandement et extrêmement bien armé ». Mais le Hezbollah « garde la caractéristique d’une guérilla, en ce sens qu’il se dissimule au sein de la population ». Et de constater que les Israéliens manquent aussi de renseignements valables. Ils ont totalement sous-estimé la taille de l’arsenal du Hezbollah, le nombre d’armes et de munitions stockées. Ils ne se sont pas non plus rendu compte à quel point le Hezbollah s’est enraciné au Liban-Sud. Enfin, affirme Mme Hollis, « le Premier ministre Ehud Olmert n’est pas un militaire. Il s’est laissé convaincre par son chef d’état-major, qui est un homme de l’armée de l’air, que la force aérienne pourrait obtenir plus que ce qu’elle ne le pouvait en réalité. Cela aussi, c’est une erreur classique qui s’est répétée depuis l’invention des forces aériennes ». À la question demandant si Israël pourrait encore lancer une opération terrestre d’envergure, Rosemary Hollis a noté que certains stratèges militaires américains disent qu’Israël aurait dû faire la guerre au sol immédiatement. « C’est vrai, pense-t-elle, mais le niveau de force qui serait nécessaire pour écraser vraiment un tel ennemi serait tel, que sans doute une majorité d’Israéliens ne seraient pas prêts à l’accepter ». Sur le plan militaire, ce qu’ont fait les Israéliens est sensé. Ils ont coupé les routes et bloqué les ports d’accès au Liban, parce qu’ils savent que le Hezbollah a besoin d’être ravitaillé en armes et en carburant. De plus, ils sont plus prudents que ne le sont les Britanniques et les Américains en Irak, parce qu’il y a des journalistes au Liban. Quant aux perspectives qui s’offrent désormais à Israël, l’experte britannique a indiqué que les Israéliens ont été pris à contre-pied sur la puissance et la nature du Hezbollah et ont, depuis, revu à la baisse leurs ambitions. « Ils espèrent maintenant obtenir une certaine forme de succès, à leurs yeux en tout cas, avant que le cessez-le-feu, qu’ils souhaitent d’ailleurs, ne devienne inévitable », estime-t-elle, précisant que cela pourrait être la capture ou l’assassinat du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, ou bien la réduction du nombre de roquettes que tire le Hezbollah, ou bien la prise de certaines des caches du Hezbollah le long de la frontière libano-israélienne. « Mais pour parvenir à une paix durable, prévient-elle, on devra répondre aux doléances des partisans du Hezbollah et le faire mieux que le Hezbollah. Le Hezbollah propose l’élimination d’Israël, mais ses partisans ne le revendiquent pas. Le drame des Palestiniens, l’occupation ou l’usage de la force militaire contre les voisins d’Israël, la façon dont Israël est apparemment autorisé à passer outre à la législation internationale alors que d’autres ne le sont pas... Tout cela doit être pris en considération. »
Israël a sous-estimé le Hezbollah, mais reste en quête d’un « certain succès » au Liban, estime l’experte britannique Rosemary Hollis, directrice des recherches de l’institut londonien Chatham House, répondant aux questions de l’AFP.
Expliquant les difficultés militaires d’Israël face au Hezbollah, elle a indiqué que « c’est une situation classique de guérilla, dans laquelle on ne peut vaincre à moins de recourir à des destructions effroyables, de celles qui, d’ailleurs, procurent une victoire à la Pyrrhus ». Israël objecte que le Hezbollah n’est plus une armée de guérilla. Certes, observe-t-elle, « il est entraîné, discipliné, doté d’une chaîne de commandement et extrêmement bien armé ». Mais le Hezbollah « garde la caractéristique d’une guérilla, en ce sens qu’il se dissimule au...