Israël a été largement condamné après la mort de dizaines de civils, dont un grand nombre d’enfants, dans le bombardement du village de Cana, et les appels se sont multipliés en faveur d’une cessation des hostilités.
Le numéro trois de la diplomatie américaine, Nicholas Burns, a estimé que le bombardement israélien sur Cana ne constituait pas un crime de guerre. « C’est un jour très triste pour les Libanais. C’est un jour tragique », a-t-il concédé. « Nous croyons que chaque pays a le droit de se défendre et nous croyons que ce type de combat doit se terminer », a-t-il dit en plaidant pour la constitution « très, très rapidement » d’une force internationale qui se déploierait dans le sud du Liban.
L’Union européenne (UE), par la voix de son haut représentant pour la politique étrangère, Javier Solana, a exprimé sa « consternation », soulignant que « rien ne peut justifier » de telles pertes civiles. La présidence finlandaise de l’Union européenne s’est dite « choquée » et a appelé à « une cessation immédiate des hostilités ».
Le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, a dénoncé une « agression barbare » et a demandé « l’ouverture d’une enquête internationale sur cette tuerie et sur les autres crimes de guerre commis par Israël au Liban ». L’Organisation de la conférence islamique a condamné un « crime de guerre ».
Le représentant personnel de M. Annan au Liban, Geir Pedersen, a appelé à « un cessez-le-feu immédiat et à l’ouverture d’une enquête ».
Le président Jacques Chirac a condamné une « action injustifiable », et le ministre français des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, a déclaré que le drame de Cana n’aurait pas eu lieu si l’on avait écouté la France qui plaide pour un cessez-le-feu immédiat.
« Washington risque
de perdre ses amis arabes »
Pour sa part, le roi Abdallah d’Arabie saoudite a apporté son soutien au Premier ministre Fouad Siniora après sa décision de lier toute négociation à un cessez-le-feu immédiat suite au bombardement de Cana, « un carnage » dénoncé par Ryad. M. Siniora avait informé le roi de la position libanaise lors d’un entretien téléphonique.
« Israël n’aurait pas pu violer (la souveraineté) du Liban frère de cette manière sans l’énorme arsenal militaire dont il a été approvisionné (...) et sans le soutien moral, politique et matériel dont bénéficie ce pays », a souligné le porte-parole saoudien, dans une allusion implicite aux États-Unis.
Le président du Parlement koweïtien, Jassem al-Khorafi, a averti les États-Unis qu’ils risquaient de perdre leurs « amis arabes » s’ils ne changeaient pas de politique au Proche-Orient, après « le carnage » de Cana. Soulignant que le bombardement de Cana « embarrasse fortement les gouvernements arabes et musulmans devant leurs peuples », il a averti que « la lenteur délibérée du Conseil de sécurité de l’Onu et des États-Unis à décider d’un cessez-le-feu (...) attisera les sentiments d’hostilité envers Israël et ses alliés ».
Le président syrien Bachar el-Assad, dans sa première réaction depuis le début de l’offensive israélienne le 12 juillet, a dénoncé un « horrible carnage » relevant d’un « terrorisme d’État ». Quant à l’Iran, il a vu dans le « massacre » de Cana « le résultat de la visite de Condoleezza Rice dans la région ».
L’Égypte convoque
l’ambassadeur israélien
Le Premier ministre britannique Tony Blair a qualifié d’« absolument tragiques » les frappes israéliennes à Cana. « Ce qui s’est passé à Cana montre que la situation ne peut plus durer », a-t-il déclaré. « C’est une situation absolument tragique, mais nous devons nous assurer que les discussions que nous avons et les négociations que nous conduisons vont mener à une réelle cessation des hostilités d’une manière qui assure qu’elles ne se reproduisent pas », a ajouté le Premier ministre britannique.
L’Italie est « profondément troublée » par la mort des civils à Cana, a déclaré le chef du gouvernement italien Romano Prodi. « Il est urgent et nécessaire de commencer à utiliser un langage de paix avant que la spirale et l’escalade de violence sur le terrain ne deviennent incontrôlables », indique un communiqué officiel.
La Chine a condamné hier « avec fermeté » le bombardement de Cana, ainsi que l’a rapporté Liu Jianchao, porte-parole du ministère des Affaires étrangères.
Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Ahmad Aboul Gheit, a « convoqué l’ambassadeur israélien au Caire afin de lui faire part de la colère de l’Égypte et de sa ferme condamnation du bombardement israélien qui a causé la mort d’un grand nombre d’enfants, de femmes et de civils à Cana », selon un communiqué du ministère.
Le roi Abdallah II de Jordanie a dénoncé « l’agression criminelle » d’Israël et les Émirat arabes unis un « horrible massacre » constituant une « nouvelle preuve de la politique systématique d’Israël ».
Le gouvernement espagnol a exprimé « sa plus profonde consternation » et appelé à un cessez-le-feu, tout comme le chef de la diplomatie allemande, Frank Walter Steinmeier.
Le pape Benoît XVI a demandé un cessez-le-feu « immédiat » afin de construire « à travers le dialogue une cohabitation stable et durable » au Proche-Orient.
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Le numéro trois de la diplomatie américaine, Nicholas Burns, a estimé que le bombardement israélien sur Cana ne constituait pas un crime de guerre. « C’est un jour très triste pour les Libanais. C’est un jour tragique », a-t-il concédé. « Nous croyons que chaque pays a le droit de se défendre et nous croyons que ce type de combat doit se terminer », a-t-il dit en plaidant pour la constitution « très, très rapidement » d’une force internationale qui se déploierait dans le sud du Liban.
L’Union européenne (UE), par la voix de son haut représentant pour la politique étrangère, Javier...