Songeant aux journées dramatiques que nous vivons, cette phrase du Bloc notes de François Mauriac, parlant de De Gaulle, s’impose à mon esprit. Il est question des « serviteurs de la patrie qui ne cherchent ni à plaire ni à éblouir, mais à rendre la vieille nation ressemblante à l’image qu’ils ont dans leur cœur ».
C’est exactement ce sentiment que fait naître en moi Fouad Siniora et, si l’on me demandait aujourd’hui par qui je me sens représenté le plus sûrement au gouvernement, je répondrai que c’est par lui.
Dans le discours et l’action du Premier ministre, car elle existe, n’en déplaise aux grincheux, il y a un mélange de ruse, de pirouettes, mais il y a aussi, qui sous-tend le discours, un attachement obstiné à une ligne d’action dont on peut être sûr qu’il ne déviera pas. Dans sa nuit, une lumière brille. Celle de sa fidélité à Rafic Hariri, à cette espèce d’exercice périlleux d’équilibre qui a été celle d’un grand prédécesseur dont la modération, le sens de la répartie, la politesse nous manquent, en ce jours de coups bas et de veuleries bien tournées.
Dans l’action de Fouad Siniora aussi, il y a cette aptitude – qui existait chez Rafic Hariri – à tirer parti des circonstances les plus dramatiques, les plus contraires, pour faire avancer sa cause. Aujourd’hui, à Rome, celle de la cause du déploiement de l’armée à la frontière sud et du désarmement – par la persuasion – du Hezbollah ; naguère, celle de la création d’un tribunal international pour juger les assassins de Rafic Hariri, alors même que le sang de Gebran Tuéni assassiné maculait encore la chaussée et les bois de Mkallès.
Politique nouvelle ? Non, vieille politique, politique de l’entente nationale convenue à Taëf, envers et contre tout.
Voilà l’homme qui, aujourd’hui, incarne le mieux les valeurs du Liban convivial. Au-delà des caricatures grossières dont on a surchargé son visage de ministre des Finances, c’est un Fouad Siniora homme d’État que le Liban a découvert et auquel il doit rester attaché comme à l’aiguille qui lui montre le nord. Ni l’Orient ni l’Occident. Le Liban.
Fady NOUN
Songeant aux journées dramatiques que nous vivons, cette phrase du Bloc notes de François Mauriac, parlant de De Gaulle, s’impose à mon esprit. Il est question des « serviteurs de la patrie qui ne cherchent ni à plaire ni à éblouir, mais à rendre la vieille nation ressemblante à l’image qu’ils ont dans leur cœur ».
C’est exactement ce sentiment que fait naître en moi Fouad Siniora et, si l’on me demandait aujourd’hui par qui je me sens représenté le plus sûrement au gouvernement, je répondrai que c’est par lui.
Dans le discours et l’action du Premier ministre, car elle existe, n’en déplaise aux grincheux, il y a un mélange de ruse, de pirouettes, mais il y a aussi, qui sous-tend le discours, un attachement obstiné à une ligne d’action dont on peut être sûr qu’il ne déviera pas. Dans sa nuit,...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.