La crise au Liban était hier au centre d’une série de concertations internationales, en Europe et aux États-Unis, alors que des quatre coins du monde, des appels en faveur d’un cessez-le-feu étaient lancés.
Au niveau des concertations politiques, il y a lieu d’indiquer que le haut représentant de l’UE pour la Politique extérieure, Javier Solana, et la secrétaire d’État américaine, Condoleezza Rice, auront aujourd’hui un entretien à New York avec le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, à propos de la crise libanaise. Celle-ci a fait l’objet d’un entretien, à l’Élysée, entre le président français, Jacques Chirac, et le ministre saoudien de la Défense, Sultan ben Abdel Aziz. La réunion avait pour objectif de « conforter les efforts en vue d’une désescalade et d’un retour à la paix », a indiqué le porte-parole de la présidence Jérôme Bonnafont. Le président français « a insisté sur la nécessaire unité de la communauté internationale, condition d’une action efficace », selon le porte-parole.
Toujours en France, Le Premier ministre français, Dominique de Villepin, a affirmé que « tout doit être fait pour empêcher l’escalade de la violence » au Liban, dans une interview à paraître aujourd’hui dans le Télégramme de Brest. « Seul un règlement politique, porté par l’ensemble de la communauté internationale, peut permettre d’éviter un tel engrenage », a ajouté le chef du gouvernement, qui tiendra le mardi 25 juillet à Matignon une « réunion d’information » sur la situation au Liban avec les principaux responsables politiques de la majorité et de l’opposition.
Parallèlement, le président syrien, Bachar el-Assad, et le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, ont évoqué lors d’un entretien téléphonique l’offensive d’Israël au Liban ainsi que « la lenteur » de la communauté internationale à décréter un cessez-le-feu.
Le roi Abdallah II de Jordanie a appelé la secrétaire d’État américaine, Condoleezza Rice, pour lui exprimer la « nécessité d’intensifier les efforts pour un cessez-le-feu immédiat au Liban », a-t-on appris de source officielle. Il a insisté sur la « nécessité d’intensifier les efforts de la communauté internationale dans cette phase pour œuvrer à réaliser un cessez-le-feu immédiat et mettre fin à l’escalade militaire israélienne au Liban et dans les territoires palestiniens », a rapporté l’agence officielle Petra.
Quant au chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, il a critiqué les « tentatives » d’impliquer des pays tiers – désignés comme « coupables » – dans la crise au Liban, au risque d’« attiser les tensions », dans une allusion aux accusations de Washington et Israël contre la Syrie et l’Iran.
Le ministre russe a estimé qu’il fallait au contraire utiliser les contacts avec la Syrie et l’Iran pour faire pression sur le Hezbollah. « Ceux qui ont des relations avec la Syrie et l’Iran travaillent dans cette voie », a-t-il dit, apparemment dans une allusion à Moscou, qui coopère avec Téhéran et Damas en matière économique.
Le ministre russe a par ailleurs souligné qu’en recourant à la force au Liban, Israël n’arriverait pas à libérer ses soldats enlevés, tout en affirmant « comprendre les revendications légitimes d’Israël ». Dans le même temps, l’ancien Premier ministre et spécialiste russe du monde arabe, Evgueni Primakov, estimait que le Liban risque de se retrouver dans une situation comparable à celle de 1982 lorsqu’Israël avait envahi le pays.
De son côté, le Premier ministre palestinien du Hamas, Ismaïl Haniyeh, a affirmé que les offensives israéliennes dans la bande de Gaza et au Liban visaient à « remodeler entièrement la région » du Proche-Orient.
« Cette situation renforce nos convictions : ce que fait Israël à Gaza dépasse le problème du soldat israélien et ce qu’il fait au Liban dépasse le problème des soldats prisonniers », a-t-il ajouté.
Le président roumain, Traian Basescu, a appelé les Nations unies à adopter « sans délai » une résolution qui mette fin à la crise humanitaire au Liban et exhorté les parties impliquées dans le conflit à « protéger la population civile ».
Le gouvernement tchèque du Premier ministre Jiri Paroubek s’est prononcé pour un déploiement rapide de forces de paix des Nations unies pour mettre fin à la crise au Liban, alors que le Conseil consultatif de l’Union du Maghreb arabe (UMA, composé de l’Algérie, de la Libye, du Maroc, de la Mauritanie, de la Tunisie) a appelé à des pressions internationales pour faire cesser les opérations israéliennes au Liban et dans la bande Gaza.
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Au niveau des concertations politiques, il y a lieu d’indiquer que le haut représentant de l’UE pour la Politique extérieure, Javier Solana, et la secrétaire d’État américaine, Condoleezza Rice, auront aujourd’hui un entretien à New York avec le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, à propos de la crise libanaise. Celle-ci a fait l’objet d’un entretien, à l’Élysée, entre le président français, Jacques Chirac, et le ministre saoudien de la Défense, Sultan ben Abdel Aziz. La réunion avait pour objectif de « conforter les efforts en vue d’une désescalade et d’un retour à la paix », a...