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Dans Nabatiyé, ville isolée, la population s’attend au pire

Hier soir, dans Nabatiyé presque totalement isolée du reste du Liban, la population s’attendait au pire après l’ultimatum israélien demandant aux habitants du Liban-Sud de partir vers le nord, à la suite des tirs de roquettes du Hezbollah sur Haïfa, rapporte Béatrice Khadige, de l’AFP. « Il y a 300 000 personnes encerclées dans la région », explique le maire de la ville, Moustapha Badreddine, dans un français parfait. « Ils (les Israéliens) ont demandé aux gens de partir de chez eux », s’indigne-t-il. M. Badreddine faisait référence à l’ultimatum lancé par l’État hébreu aux Libanais des villages frontaliers afin de créer une zone tampon pour protéger sa propre population des bombardements du Hezbollah. À quelques kilomètres de Nabatiyé, à Aabba, deux maisons contiguës ont été détruites par un raid aérien israélien. Huit personnes ont été retirées des décombres et les secouristes s’efforçaient avec peu de moyens de dégager neuf autres, toujours ensevelies. Le maire a fait état d’une trentaine de tués depuis mercredi dans la région de Nabatiyé. Au collège des sœurs antonines, sur les hauteurs de cette ville de 50 000 habitants, plus de 15 familles ont cherché refuge, convaincues qu’elles y seraient plus en sécurité. « Nous avons peur de rester chez nous. Ici, nous serons plus en sécurité », lance un jeune homme, portant trois matelas sur le dos et un seau rempli de victuailles. La veille, un immeuble situé à quelques mètres de là s’est écroulé sous les bombardements tandis que la voie rapide traversant la ville a été bombardée et reste difficilement praticable. « Heureusement, il n’y a pas eu de victimes », dit sœur Lucie, la directrice du collège, « car les habitants de l’immeuble l’avaient évacué ». Les familles sont installées dans la cave de la garderie, grande d’environ 60 m2, mais d’autres écoles de la ville accueillent depuis jeudi des réfugiés venus de villages plus proches de la frontière. Sur la seule route à peu près sûre qui mène à Nabatiyé à travers les montagnes, des convois de voitures chargées de familles fuient depuis quelques jours vers les zones essentiellement chrétiennes, moins inquiétées, car sans miliciens du Hezbollah. Les villages à majorité chiite traversés par cette route étaient comme vides. Chacun restait terré. « Ils (les Israéliens) veulent changer notre vie. Où est la liberté ? » s’interroge M. Badreddine, un cardiologue qui a fait ses études à Montpellier (sud-ouest de la France), élu sur une liste du Hezbollah. « Ils veulent nous briser psychologiquement. » « Pour l’instant, explique-t-il, nous avons assez de ressources, nourriture et fuel. Mais comme toutes les villes assiégées, nous serons à sec » d’ici à une quinzaine de jours, juge-t-il. La solution pour lui, « c’est que l’Europe s’unisse et fasse pression sur l’État hébreu pour qu’il arrête sa politique meurtrière ». Avec l’arrivée de la nuit, les explosions se sont un peu tues, mais le son menaçant des chasseurs-bombardiers tournant dans le ciel n’augure rien de bon.
Hier soir, dans Nabatiyé presque totalement isolée du reste du Liban, la population s’attendait au pire après l’ultimatum israélien demandant aux habitants du Liban-Sud de partir vers le nord, à la suite des tirs de roquettes du Hezbollah sur Haïfa, rapporte Béatrice Khadige, de l’AFP.
« Il y a 300 000 personnes encerclées dans la région », explique le maire de la ville, Moustapha Badreddine, dans un français parfait. « Ils (les Israéliens) ont demandé aux gens de partir de chez eux », s’indigne-t-il.
M. Badreddine faisait référence à l’ultimatum lancé par l’État hébreu aux Libanais des villages frontaliers afin de créer une zone tampon pour protéger sa propre population des bombardements du Hezbollah.
À quelques kilomètres de Nabatiyé, à Aabba, deux maisons contiguës ont été détruites par...