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La violence dissipe les espoirs de réduction des troupes américaines

Les espoirs américains de pouvoir commencer à retirer d’Irak des troupes en nombre significatif s’éloignent de plus en plus, au fur et à mesure que les violences confessionnelles s’éternisent à Bagdad. Massacres, explosions et attaques diverses entre chiites et sunnites ont dominé la visite éclair dans la capitale irakienne du secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld mercredi dernier. Interrogé à l’issue de ses entretiens à Bagdad sur des projets de réduction des effectifs militaires, M. Rumsfeld a répondu : « On n’est pas arrivé à ce stade-là. » « Je ne parle pas d’échéances. Ce sont des choses que je ne peux pas contrôler. Pourquoi est-ce que j’essaierai de le faire ? » a-t-il ajouté. Le général George Casey, commandant des forces de la coalition en Irak, y compris les 127 000 militaires américains, avait indiqué le mois dernier qu’il avait bon espoir que les effectifs pourraient être progressivement diminués cette année. Sa stratégie consiste à renforcer les forces irakiennes jusqu’à ce qu’elles puissent reprendre aux forces internationales le contrôle de la lutte contre l’insurrection. Les forces américaines pourraient ainsi progressivement transmettre leurs bases aux Irakiens et se retirer des villes, tout en restant prêtes à intervenir en cas de crise : les Irakiens pourraient continuer à compter sur la puissance aérienne des États-Unis, leurs systèmes logistiques et leurs capacités de renseignement. Selon le général Casey, quatre divisions, 20 brigades et plus de 70 bataillons irakiens sont jugés en mesure de mener des opérations contre l’insurrection. Et en dépit des violences à Bagdad, le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a pu présider jeudi dernier à Samawa une cérémonie marquant le transfert du dossier de la sécurité aux Irakiens dans une première province du pays, celle de Mouthanna, au sud de Bagdad. Mais dans la capitale, environ 8 000 militaires américains patrouillent les rues, sans compter les forces de sécurité irakiennes. Les effectifs américains dans la région sont passés de 40 000 à 55 000, selon M. Rumsfeld, et les commandants pourraient décider de déployer plus d’hommes dans les rues pour enrayer la violence. Pourtant des escadrons de la mort et des extrémistes se jouent des mesures de sécurité, ranimant les craintes d’une guerre civile : tandis que le réseau el-Qaëda cherche depuis longtemps à attiser les violences confessionnelles, « ce que nous voyons maintenant, en réaction, ce sont des escadrons de la mort chiites, qui s’en prennent à des civils », a expliqué cette semaine le général Casey. Résultat, « on a maintenant les deux camps qui attaquent des civils ». « Ce que l’on va continuer à faire, c’est d’ajuster nos plans, pour viser les escadrons de la mort et continuer à capturer des membres du réseau (du chef d’el-Qaëda en Irak Abou Moussab al-) Zarqaoui, à la suite de sa mort », a ajouté l’officier. M. Rumsfeld a souligné pour sa part que le problème était politique, demandant que le gouvernement de M. Maliki, un chiite, persuade les milices chiites de renoncer à la violence et de rejoindre le processus politique. À Washington, le sénateur démocrate Jack Reed, récemment rentré d’Irak, a estimé que M. Maliki était prêt à mesurer du regard les chefs chiites. « Mais je pense qu’ils vont sûrement aussi le mesurer du regard, et il pourrait détourner les yeux », a dit M. Reed sur la chaîne de télévision PBS. « Je ne suis pas sûr que ce soit quelqu’un qui ait vraiment un projet, quelqu’un de réellement déterminé », a-t-il ajouté. Jim MANNION (AFP)
Les espoirs américains de pouvoir commencer à retirer d’Irak des troupes en nombre significatif s’éloignent de plus en plus, au fur et à mesure que les violences confessionnelles s’éternisent à Bagdad.
Massacres, explosions et attaques diverses entre chiites et sunnites ont dominé la visite éclair dans la capitale irakienne du secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld mercredi dernier. Interrogé à l’issue de ses entretiens à Bagdad sur des projets de réduction des effectifs militaires, M. Rumsfeld a répondu : « On n’est pas arrivé à ce stade-là. » « Je ne parle pas d’échéances. Ce sont des choses que je ne peux pas contrôler. Pourquoi est-ce que j’essaierai de le faire ? » a-t-il ajouté.
Le général George Casey, commandant des forces de la coalition en Irak, y compris les 127 000...