Somalie
Le gouvernement dénonce
la montée des radicaux
le 01 juillet 2006 à 00h00
Le gouvernement de transition somalien a fortement critiqué hier la nouvelle direction radicale des islamistes qui ont pris le contrôle de Mogadiscio, affirmant que son ascension pourrait provoquer de nouvelles effusions de sang et compromettre le processus de paix.
Lors d’une interview accordée à Reuters, le ministre des Affaires étrangères Abdullah Cheekh Ismaïl a porté un jugement sévère sur le Conseil des tribunaux islamiques qui a pris le contrôle de la capitale somalienne le 5 mai. Il s’agit de la critique la plus nette formulée à ce jour par un membre du gouvernement.
La victoire des islamistes sur les chefs de guerre a été considérée au début comme une étape positive, a expliqué Ismaïl. « Mais maintenant, les radicaux s’infiltrent et s’emparent du mouvement, cela crée de nouveaux sujets d’inquiétude pour la Somalie qui pourraient compromettre et ternir l’image des tribunaux islamiques », a-t-il dit. Il a estimé que la déclaration, jeudi, des islamistes promettant d’étendre l’autorité des tribunaux islamiques sur l’ensemble du pays « était un appel pour plonger une nouvelle fois la Somalie dans des effusions de sang et dans des conflits qui compromettraient la paix et la stabilité ».
La secrétaire d’État américaine adjointe aux Affaires africaines, Jendayi Frazer, a également appelé les tribunaux islamiques somaliens à « cesser toute expansion » pour montrer qu’ils n’ont pas de « projets agressifs ». « Continuer à s’étendre serait une erreur qui mettrait le feu aux poudres car cela entraînerait des questions sur les intentions du groupe et susciterait des inquiétudes parmi les pays voisins », a-t-elle ajouté.
« À partir d’aujourd’hui (jeudi), nous avons changé notre nom officiel : le Conseil des tribunaux islamiques (CIC, mis en place samedi) devient le Conseil suprême islamique de Somalie (SICS) », qui est le principal organe des cours islamiques dans le pays, a déclaré jeudi l’un des principaux dirigeants des tribunaux, cheikh Sharif Ahmad. « Le SICS essaiera de restaurer la paix en Somalie et de réaliser le rêve de la population d’être gouvernée par ses propres leaders », a-t-il ajouté. Le SICS contrôle actuellement trois régions et demie sur un total de dix-huit en Somalie. Le Sud-Est est aux mains des chefs de guerre qui se sont autoproclamés gouverneurs. Le Somaliland, région du Nord-Ouest qui représente un quart du territoire de la Somalie et environ un tiers de la population, a proclamé son indépendance en 1991. Le Puntland, région autonome autoproclamée du Nord-Est, possède sa propre administration.
Le gouvernement de transition somalien a fortement critiqué hier la nouvelle direction radicale des islamistes qui ont pris le contrôle de Mogadiscio, affirmant que son ascension pourrait provoquer de nouvelles effusions de sang et compromettre le processus de paix.
Lors d’une interview accordée à Reuters, le ministre des Affaires étrangères Abdullah Cheekh Ismaïl a porté un jugement sévère sur le Conseil des tribunaux islamiques qui a pris le contrôle de la capitale somalienne le 5 mai. Il s’agit de la critique la plus nette formulée à ce jour par un membre du gouvernement.
La victoire des islamistes sur les chefs de guerre a été considérée au début comme une étape positive, a expliqué Ismaïl. « Mais maintenant, les radicaux s’infiltrent et s’emparent du mouvement, cela crée de nouveaux sujets...
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