Le président Amine Gemayel a présenté hier aux participants à la conférence de dialogue un mémorandum exposant sa vision de la politique de défense qu’il préconise pour régler le problème de l’arsenal du Hezbollah. Le document suggère notamment l’adoption d’une politique de défense inspirée du modèle suisse.
Le président Gemayel commence par fixer certaines « constantes » qui devraient dicter toute solution dans ce domaine : l’essor de l’État doit constituer un objectif constant qu’aucune considération politique ne devrait remettre en question ; l’État doit être maître de ses décisions et nul ne devrait s’imposer en partenaire du pouvoir étatique ; l’unité des Libanais doit être préservée, dans le cadre de la diversité, sachant qu’aucune fraction ne devrait s’octroyer une autonomie de décision.
Soulignant que le problème de l’armement du Hezbollah a été soulevé non pas avec la résolution 1559 mais dès l’an 2000, après le retrait israélien, le président Gemayel a déploré les atermoiements syriens au sujet de la détermination de la souveraineté et de « la superficie » de la zone des fermes de Chebaa. L’ancien chef de l’État a suggéré dans ce cadre que le « pacte d’honneur », conclu entre les 14 leaders et chefs de file participant au dialogue, soit étendu à la Syrie. Il a appelé les responsables qui entretiennent des relations cordiales avec Damas à œuvrer afin de faciliter le règlement du contentieux entre les deux pays. Il a indiqué à ce propos qu’il ne servirait à rien de libérer Chebaa si la Syrie ne reconnaît pas au préalable la libanité de cette région car, auquel cas, la zone en question risquerait d’être récupérée par Damas après la libération.
Le président Gemayel a réfuté la thèse de sayyed Nasrallah selon laquelle le Hezbollah devrait monopoliser l’effort de résistance et préserver son autonomie de décision militaire afin d’éviter qu’elle ne soit noyautée par des parties hostiles. Tout en réaffirmant que nul ne met en doute la « politique agressive et les visées d’Israël », l’ancien chef de l’État a souligné que le Liban n’est nullement en mesure de se transformer en « société guerrière » et de mettre sur pied une « économie de guerre ». Et d’ajouter que nombre de Libanais, en prenant connaissance des thèses défendues par Nasrallah, se sont demandé « si la finalité de l’armement (du Hezbollah) est de libérer Chebaa ou si, plutôt, l’affaire de Chebaa est un prétexte pour conserver les armes ».
L’ancien chef de l’État a, d’autre part, rejeté l’idée de « coordination » entre l’armée et le Hezbollah, défendue par Nasrallah, soulignant qu’une telle coordination serait un non-sens si l’armée n’a pas son mot à dire dans la décision de guerre et de paix, comme le suggère le Hezbollah. Et le président Gemayel d’ajouter qu’à l’instar du modèle suisse, chaque citoyen devrait apporter sa contribution à la défense du pays et à la sauvegarde de la paix civile. « Tous les Libanais, de toutes les régions et les confessions, devraient assumer cette mission et non pas seulement une seule fraction politique ou communautaire », a déclaré l’ancien chef de l’État.
Après avoir souligné que l’accord de Taëf prévoit un retour à l’accord d’armistice, le président Gemayel a proposé de recourir au Conseil de sécurité afin de décréter une trêve d’un an le long de la frontière au Sud, Israël s’engageant alors à mettre fin à ses violations des eaux territoriales et de l’espace aérien libanais. Parallèlement, l’armée et les FSI seraient réorganisées afin d’assumer leurs responsabilités dans la région méridionale du pays.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats