Des Koweïtiennes se disent optimistes sur leurs chances de devenir membres du Parlement, en participant le 29 juin à des élections législatives pour la première fois depuis l’accession des femmes aux droits civiques.
Trente-deux femmes figurent parmi 380 candidats au prochain scrutin, après le retrait de 26 hommes et d’une femme qui avaient fait acte de candidature. D’autres candidats devraient se retirer de la course d’ici au 24 juin, dernier délai pour le dépôt des candidatures.
Les législatives anticipées ont été convoquées par l’émir, cheikh Sabah al-Ahmad al-Sabah, après la dissolution le 21 mai du Parlement à la suite d’une crise entre le gouvernement et l’opposition, provoquée par une réforme électorale controversée.
« C’est la première fois que les Koweïtiennes vont participer aux élections. Elles entreront dans l’histoire » en remportant des sièges, a déclaré l’une des candidates, Roula Dashti, lors d’un rassemblement public. « Je veux que vous votiez pour moi, non pas parce que je suis une femme, mais parce que je me fais l’écho de vos préoccupations », a ajouté la présidente de la Société économique du Koweït. Roula Dashti, la trentaine, une activiste des droits de l’homme, a été à l’avant-garde de la campagne ayant conduit à l’obtention par les femmes de leurs droits civiques, lors d’un vote historique au Parlement en mai 2005. Elle affirme que si elle est élue, elle combattra la corruption et militera pour un code de la famille et les réformes économiques.
« Nous avons désespérément besoin d’une femme au Parlement pour discuter et amender les lois existantes, et proposer une nouvelle législation » concernant le statut de la femme, a expliqué une autre candidate, Nabila al-Anjari, lors d’un meeting électoral avec d’autres candidaates. Mme Anjari, ancienne sous-secrétaire d’État adjointe au Tourisme, se présente avec Roula Dashti et quatre autres femmes dans la même circonscription, celle d’Udailiya, à 10 km au sud de la capitale.
Les femmes se plaignent de discrimination dans la loi koweïtienne, notamment concernant l’habitat, la nationalité des enfants et l’emploi. Deux autres candidates, Aïcha al-Rachid, journaliste, et Khalida al-Khader, médecin, ont lancé leurs campagnes respectives en attirant un public nombreux constitué d’hommes et de femmes. « Je suis venu apporter mon soutien aux femmes. C’est une bonne chose pour le Koweït » d’avoir accordé aux femmes le droit de vote et d’éligibilité, a déclaré à l’AFP Youssef al-Omar lors d’un meeting d’Aïcha al-Rachid. Et comme on lui demande s’il va voter pour une femme, il dit : « Je voterai pour le meilleur » candidat.
Les candidates comptent sur l’importance de l’électorat féminin, supérieur à celui des hommes, avec 195 000 femmes en âge de voter contre 145 000 hommes. Les militaires, tous des hommes, ne peuvent pas voter. Les femmes sont plus nombreuses dans 21 des 25 circonscriptions électorales, mais il reste à savoir si elles vont se prononcer en faveur de candidates ou se conformer au choix de leur mari ou père. Les candidates se présentent dans 15 circonscriptions, dont huit situées dans des régions tribales très conservatrices, où les femmes sont encore tenues de porter l’abaya noire, l’habit traditionnel qui les couvre de la tête aux pieds, et de se couvrir le visage.
« Nous devons être fiers d’être aujourd’hui en train de faire l’histoire, et si Dieu le veut, nous remporterons une victoire le 29 juin », dit Ali al-Moussa, ancien ministre du Plan, lors d’un meeting de Roula Dashti, appelant l’assistance à voter pour elle.
Omar HASSAN (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats