Lors de la dernière réunion du Bloc du changement et de la réforme, présidé par le général Michel Aoun, la question des réformes de Taëf a été abordée. Les députés du bloc ont constaté, à l’unanimité, qu’il était nécessaire de présenter à la Chambre des projets de lois pour modifier la Loi fondamentale. Déjà, en son temps, le président Élias Hraoui parlait de lacunes dans l’accord de Taëf.
Le président de la Chambre, Nabih Berry, avait rejeté cette idée. Il faut dire que les réformes prévoyaient, entre autres, de réduire le mandat du président du Parlement de quatre à deux années. Car, depuis Taëf, il n’est plus aucune instance habilitée à contenir les dérives du Parlement ou de son président.
Comment se fait-il que le chef de l’État et le gouvernement n’aient plus le droit de dissoudre l’Assemblée et pourquoi le chef de l’État a-t-il été amputé des prérogatives qui lui permettaient, avant Taëf, d’être l’instance au-dessus de toutes les autres ? Voilà une partie des questions posées par les parlementaires du Bloc du changement et de la réforme lors de leur dernière réunion.
Il serait intéressant, dans ce cadre, de se pencher sur l’exemple du Koweït, dont le régime, parmi ceux des pays arabes, se rapproche le plus de l’exemple libanais. L’émir qui dirige cet émirat a décidé, la semaine dernière, de dissoudre le Conseil de la nation en raison des divisions exacerbées entre ses membres.
Dans le même ordre d’idées, il est clair que la majorité, qui dispose au Liban de 71 sièges, n’est pas en mesure de gouverner et de prendre des décisions en raison de la présence du tiers de blocage que forment les 57 autres députés. De même, cette minorité parlementaire n’est pas en mesure d’imposer ses choix.
Cette répartition, source de paralysie, illustre l’état de la vie parlementaire. Le statu quo risque donc de perdurer. En clair, le travail instutionnel est bloqué. L’État est tiraillé entre deux courants. Et il n’est pas d’issue constitutionnelle à vue.
Les parlementaires de la majorité proposent, eux aussi, de revoir la Constitution pour remédier au déséquilibre entre les trois présidences de l’État, de la Chambre et du gouvernement. La vérité est que Taëf a rendu l’équilibre institutionnel au Liban encore plus dépendant que par le passé d’une force étrangère. À l’époque de la tutelle syrienne, Damas tranchait lorsque les différends atteignaient un certain pic. On se souvient des problèmes entre la « troïka » (Hraoui-Hariri-Berry) résolus par un coup de baguette magique syrienne. L’ère de la tutelle est heureusement révolue. Le faîte du tragique serait de devoir, un jour, la regretter.
Philippe ABI AKL
Liban-France
Douste-Blazy attendu début juillet
à Beyrouth
Le ministre français des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, est attendu à Beyrouth au cours de la première semaine du mois de juillet, rapporte notre correspondant au palais Bustros, Khalil Fleyhane.
La visite de M. Douste-Blazy s’inscrit dans le cadre d’une tournée qu’il compte effectuer dans la région.
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Le président de la Chambre, Nabih Berry, avait rejeté cette idée. Il faut dire que les réformes prévoyaient, entre autres, de réduire le mandat du président du Parlement de quatre à deux années. Car, depuis Taëf, il n’est plus aucune instance habilitée à contenir les dérives du Parlement ou de son président.
Comment se fait-il que le chef de l’État et le gouvernement n’aient plus le droit de...