« Les gens minces ont tendance à nous reprocher notre fardeau, bien que ce soit notre fardeau et non le leur », écrit Michael Berman dans son livre Living Large (Vivre gros) dans lequel il raconte son obésité.
Michael Berman, 67 ans, 120 kg aujourd’hui, évoque les « profonds préjugés » de la culture américaine « contre les gros », mais aussi pourquoi son poids « qui a souvent provoqué une grande souffrance personnelle, émotionnelle et physique, ne l’a pas empêché de jouir de la vie ». Il préfère utiliser, contre l’avis de son éditeur, le terme « gros » et non « obèse », avec lequel les gens « sont plus à l’aise parce que c’est un terme médical », dit-il dans un entretien à l’AFP.
« Les gens ont tendance à tirer toutes sortes de conclusions » sur les gros, écrit M. Berman dans son livre sorti le 15 mars en librairies aux États-Unis, et portant en sous-titre Les idées d’un homme gros sur le poids, la réussite et l’acceptation.
« Ils ont tendance à penser que nous sommes paresseux, poursuit-il, négligés, maladroits, faibles. Ils ont tendance à imaginer qu’avec une espèce de perversité nous avons choisi d’être gros et que nous pourrions être minces, si seulement nous avions de la volonté et faisions preuve de discipline. Comme si c’était facile ! »
« Non seulement beaucoup de gens désapprouvent notre état de gros, mais ils se sentent parfaitement libres de l’exprimer, déplore-t-il. Même de nos jours, au XXIe siècle, alors que finalement nous respectons la diversité dans des domaines tels que la race et les orientations sexuelles, notre culture semble continuer à excuser les moqueries et plaisanteries à l’encontre des gros. »
Les préjugés à l’égard des obèses sont si ancrés dans la société que Michael Berman lui-même avoue les ressentir aussi. « Si je vois une personne vraiment grosse, je réagis négativement alors que je suis un gros, confie-t-il. Ma première réaction est de me dire qu’ils ne prennent pas soin d’eux-mêmes, puis je me dis que j’en sais beaucoup sur les raisons de leur obésité et qu’ils n’y peuvent probablement pas grand-chose. »
Le poids de Michael Berman s’est stabilisé depuis deux ans. Il s’en accommode, même s’il aimerait bien perdre une dizaine de kilos pour soulager ses genoux. Il a pesé jusqu’à 166 kg et n’a jamais pu descendre à moins de 108 kg.
M. Berman, marié, sans enfant, a une riche activité professionnelle en politique. Président du cabinet de lobbying Duberstein Group, basé à Washington, avocat, membre de plusieurs ONG, il a été chef de cabinet adjoint de Walter Mondale, vice-président de Jimmy Carter.
« Mon état de gros ne me gêne pas dans ma vie professionnelle et sociale », mais « je choisis d’être – dans les coulisses –, à des postes qui ne m’exposent pas au public, dit-il. J’ai toujours refusé, et encore aujourd’hui, qu’on me prenne en photo. »
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Michael Berman, 67 ans, 120 kg aujourd’hui, évoque les « profonds préjugés » de la culture américaine « contre les gros », mais aussi pourquoi son poids « qui a souvent provoqué une grande souffrance personnelle, émotionnelle et physique, ne l’a pas empêché de jouir de la vie ». Il préfère utiliser, contre l’avis de son éditeur, le terme « gros » et non « obèse », avec lequel les gens « sont plus à l’aise parce que c’est un terme médical », dit-il dans un entretien à l’AFP.
« Les gens ont tendance à tirer toutes sortes de conclusions » sur les gros, écrit M. Berman dans son livre...