Le manuscrit trouvé à Saragosse,
de Wojciech Has (1965)
C’est en 1797 que le comte polonais Jan Potocki publie en langue française un étrange roman nommé Le manuscrit trouvé à Saragosse. Cet homme à la vie tumultueuse (il parcourra l’Europe et la Russie, pratiquant plusieurs métiers, multipliant les femmes et semant les enfants) s’inspira de ses diverses rencontres et des nombreuses histoires qu’on lui raconta pour écrire son fameux livre.
Le manuscrit trouvé à Saragosse relate ainsi plus de cent histoires différentes : histoires de pirates, de bandits, de guerres, récits semi- autobiographiques, légendes surnaturelles, etc. Potocki se suicidera en 1815 et son manuscrit (mélange de modernité et de culture populaire) fera l’objet d’un culte de plus en plus grandissant.
L’histoire se poursuit 150 ans plus tard, lorsque le cinéaste polonais Wojciech Has décide de se lancer dans l’adaptation du manuscrit. Le film sort en 1965 sur les écrans mais, jugé trop long, il est amputé de presque 30 minutes, devenant ainsi bancal et farfelu. D’autres coupes sont alors effectuées (surtout dans la deuxième partie) et Le manuscrit trouvé à Saragosse devient Adventures of the Nobleman, un film de 120 minutes. Martin Scorsese décide alors de mettre la main sur une copie de la version longue (gardée précieusement par Wocjiech Has) et finance sa restauration. C’est en 1997, soit tout juste 200 ans après la parution du livre de Potocki, que le film, présenté par Martin Scorsese et Francis Ford Coppola, ressort dans le circuit des salles arts et essais d’Amérique et marque un triomphe critique (source : www.dvdclassik.com).
L’histoire : le jeune capitaine de la garde wallonne du roi d’Espagne traverse les montagnes sauvages de la Sierra Morena pour se rendre à Madrid. Il fait la connaissance, dans l’auberge où il passe la nuit, de princesses maures qui lui dévoilent un mystère : il accomplira de grands exploits, mais auparavant il lui faudra prouver son courage.
Avec Zbigniew Cybulski, Kazimierz Opalinski et Iga Cembrzynska.
Auditorium de l’ESA, mardi 18 avril à 20h30
Mon idole,
de Guillaume Canet (2002)
L’acteur Guillaume Canet signe là son premier long-métrage. Pour ce coup d’essai, il explore le milieu de la télévision, plus précisément l’attrait de la jeune génération pour le monde audiovisuel et pour ses stars. Un sujet d’actualité donc que le nouveau cinéaste a choisi de traiter de manière plutôt satirique. Survitaminé et déjanté, le film présente néanmoins quelques longueurs ainsi que des faiblesses scénaristiques. Cela dit, Mon idole reste une première œuvre originale portée par la musique de Sinclair et par des acteurs de talent, dont l’excellent François Berléand.
L’histoire : Bastien, un jeune homme de 28 ans, travaille dans le milieu de la télé. Il approche un jour son idole, le producteur de génie Jean-Louis Broustal, et l’invite à passer un week-end à la campagne afin de discuter sur un nouveau concept d’émission: La preuve en images. Le jeune homme ambitieux ne va pas tarder à découvrir la face cachée de son employeur et ses véritables intentions.
Avec François Berléand, Guillaume Canet et Diane Kruger.
CCF, salle Montaigne, mercredi 19 avril à 19h15
PAR DYMA DEMIRDJIAN
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